Selon Zainab Soyfoo, slammeuse et enseignante, pour une femme victime de violence, parler est souvent l’acte le plus difficile. Mais à Maurice, ce courage ne suffit pas toujours, encore faut-il que sa parole soit entendue, crue et soutenue…
Qu’est-ce qui doit réellement changer à Maurice pour améliorer concrètement la condition des femmes ?
Il existe un moment décisif dans la vie d’une femme victime de violence : celui où elle décide qu’elle ne peut plus garder le silence et choisit de parler. Il faut énormément de courage pour franchir ce pas. Mais la manière dont sa parole est accueillie peut tout changer pour la suite.
Si elle est écoutée avec respect et protégée, elle peut trouver la force de continuer et de chercher justice. Mais si sa souffrance est minimisée, mise en doute ou traitée comme quelque chose de banal, ce courage peut très vite disparaître. À Maurice, trop de femmes retirent encore leurs plaintes et retournent au silence, en portant seules leur traumatisme.
Les discours, c’est bien. Mais dans la vraie vie, qu’est-ce qui ne fonctionne toujours pas pour les femmes à Maurice ?
Cette responsabilité ne repose pas uniquement sur la police ou les institutions. Elle concerne aussi les personnes qui l’entourent : la famille, les amis, les voisins ou les collègues. Quand une femme parle de violence, ceux qui l’écoutent doivent avoir le courage de la soutenir, de l’encourager et de l’aider à chercher justice, au lieu de considérer cela comme une affaire privée.
Car dans ce moment fragile où une femme décide de parler, la réaction qu’elle reçoit peut tout changer : soit elle trouve la force de continuer à se battre, soit elle se dit que parler était une erreur.

