Stephan Toussaint(à gauche) veut une refonte de la Sports Act, dont la dernière version remonte à 2016

Il y a un peu plus d’une semaine, le ministère de l’Autonomisation de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs lançait un appel au public afin que ce dernier participe aux consultations en vue de l’élaboration d’une nouvelle version de la Sports Act. Cette nouvelle loi-cadre devrait, à son élaboration, créer une nouvelle impulsion pour le sport mauricien dans son ensemble.

Pour la petite histoire, la dernière version de la Sports Act remonte à 2016, alors que Yogida Sawmynaden occupait encore le ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS). Après quatre ans donc, c’est une nouvelle version de la loi du sport qui doit voir le jour. Pourquoi maintenant ? « La nouvelle loi devra prendre en compte les recommandations de Portas », indique-t-on du côté du MAJSL. Quelles sont-elles ? Difficile de le savoir, le rapport de la firme britannique étant en possession du MAJSL.

Mais on sait, par exemple, qu’on y parle du statut de l’athlète ou encore d’une économie sportive. « Les recommandations tournent autour de plusieurs points, qui s’imbriquent les uns dans les autres », explique-t-on du côté du MAJSL. Il faut savoir que la nouvelle Sports Act sera en quelque sorte une émanation de la National Sports and Physical Activity Policy (NSPAP), lancée en 2018. À l’époque, il s’agissait d’une vaste campagne mêlant santé publique, sport de masse et sport d’élite.

En effet, lors du lancement de la NSPAP, on estimait que seulement 30% de la population active s’adonnait au sport. Un chiffre qui avait une incidence directe sur ceux de la santé, en particulier en ce qu’il s’agissait des maladies non-transmissibles. On parlait aussi de réaliser des économies de l’ordre de Rs 4 Mds grâce à la NSPAP, qui encouragerait la population à se mettre au sport à travers, entre autres, des Walking Clubs.

Mais ce projet, aussi ambitieux soit-il, s’inscrit surtout sur la durée. On parle ici d’une période variant entre cinq et dix ans. « La NSPAP vient avec des recommandations pour les 10 prochaines années. Ces recommandations visent à redéfinir le sport dans le fond comme dans la forme », laisse-t-on encore entendre. Mais surtout, la nouvelle Sports Act vise à alléger les procédures, tout en implémentant la NSPAP. « Dans le fond, le projet de loi est une bonne chose. Plutôt que des amendements, le MAJSL a voulu profiter de l’occasion pour une nouvelle version plus poussée. »

En fait, en venant de l’avant avec une nouvelle version, le MAJSL veut donc marquer le coup d’envoi d’une nouvelle ère pour le sport local. À l’heure où le ministre Toussaint veut mettre tous les moyens pour une médaille olympique en 2024, la redéfinition du cadre légal du sport à Maurice s’impose donc comme une évidence. D’autant que plusieurs aspects — la redéfinition du statut de l’athlète, parmi tant d’autres — sont essentiels à la mise en place de ce nouveau cadre.

Pour l’instant, la baisse du budget alloué au MAJSL — COVID-19 oblige — n’entre pas en ligne de compte. Il nous revient que le conseil des ministres et le bureau de l’Attorney General ont déjà pris connaissance du dossier. Quelques fédérations ont aussi réagi à la demande du MAJSL. « Ce qui est bien, puisque nous avons voulu que les fédérations sportives s’approprient la nouvelle loi. » Si tout se passe bien, le sport mauricien évoluera dans un nouveau cadre légal dès décembre 2020. Ce qui définirait une stratégie pour la prochaine décennie.