« Si le ministre [du Logement] était venu en personne, rien de tout cela ne serait arrivé. Nou kone nou kont lalwa. Nou exkiz nou, me nou pena ». Annabelle, qui habite Cité Tôles depuis sept ans, ne souhaite pas l’irréalisable. Loin de là.

« Nous demandons seulement un petit coin pour lequel on paiera tous les mois, afin de ne plus devoir déranger les autorités », confie-t-elle à lemauricien.com, le jeudi 28 mai.

La destruction des abris de fortune des squatteurs de Cité Tôles et Cité Malherbes, à Curepipe, n’a finalement pas eu lieu,comme l’avaient prévu les autorités. Ces derniers avaient débarqué sur les lieux pour tout raser, et ce, en plein confinement.

Les squatteurs s’y sont, toutefois, opposés et ont bénéficié du soutien du père Mongelard, entre autres. Un délai leur a été accordé jusqu’au mardi 2 juin pour libérer les lieux.

Pacifique.

De nombreux policiers et membres de la SSU avaient été déployés sur les lieux pour maintenir l’ordre.

Face à cette démonstration de force, les squatteurs, dont certains installés ici depuis 15 ans, ont tenu une mobilisation pacifique.

Pour le père Mongelard, il faut trouver une solution dans le dialogue et à travers des négociations. Et non par la force.

« Je suis là par principe et je suis prêt à rester toute la nuit s’il le faut », a-t-il déclaré, avant de demander aux squatteurs de Cité Tôles de regagner leur foyers dans le calme en attendant une décision des autorités concernées.

Bruno Laurette, de la société civile, demande l’égalité pour tous. « Nous respectons la loi mais nous devons considérer le côté humain. Quel est l’urgence de détruire les maison alors que nous sommes toujours en confinement? Il faut que les autorités offrent des alternatives aux squatteurs ».

Des membres de Caritas et du comité paroissial de quartier Malherbes sont également venus en aide aux familles en leur apportant à manger.

Les autorités devront se présenter en cour mardi afin de fournir des explications sur la nécessité de détruire ces habitations. Par la suite, la cour prendra une décision.

Pour rappel, les habitants avaient reçu un ordre d’éviction du ministère du Logement le vendredi 22 mai, soit il y a six jours. Les habitants n’ont toutefois pas pu quitter leurs foyers étant donné qu’ils n’ont, pour la plupart, aucun autre endroit où aller.

A noter que la même menace de destruction de logements plane sur d’autres squatteurs de Pointe-aux-Sables. Des questions sont émises quant à l’urgence d’évacuer ces terres en plein confinement dû à la pandémie de Covid-19.