La populaire messagerie cryptée Telegram a émis plus d’un milliard de dollars d’obligations pour financer sa croissance, a annoncé mardi son cofondateur russe, Pavel Dourov.

Sur sa chaîne Telegram, M. Dourov a déclaré que ces obligations avaient été émises auprès « de certains des investisseurs les plus importants et les plus compétents à travers le monde ».

« Cela va permettre à Telegram de continuer à grandir mondialement tout en restant fidèle à ses valeurs, à son indépendance », s’est-il félicité.

Il précise que ces ressources vont permettre d’appuyer la « stratégie de monétisation » de l’entreprise annoncée en décembre dernier.

La messagerie avait indiqué qu’elle allait lancer des services payants à partir de 2021 pour financer sa croissance, après l’échec d’une levée de fonds et d’un projet de monnaie virtuelle.

L’annonce survient alors que le nombre de nouveaux utilisateurs de Telegram, réputée pour son niveau élevé de cryptage, connaît une hausse continue depuis plusieurs mois.

Mi-janvier, Pavel Dourov avait annoncé le gain de 25 millions d’utilisateurs en quelques jours, dépassant les 500 millions au total, en conséquence de l’annonce faite par l’application concurrente WhatsApp d’un plus grand partage de données avec sa maison mère Facebook.

En raison de cette croissance, Telegram fait toutefois face à des dépenses de plus en plus importantes en matière d’équipement et de bande passante, selon un article paru la semaine dernière dans le quotidien américain Wall Street Journal.

Citant des sources anonymes et des documents internes, le journal a affirmé que l’entreprise devait rembourser 700 millions de dollars à des créanciers d’ici fin avril.

Fondé en 2013 par les frères Pavel et Nikolaï Dourov, créateurs auparavant du très populaire réseau social russe VKontakte, Telegram affirme faire de la sécurité sa priorité et refuse généralement de collaborer avec les autorités, ce qui lui a valu des tentatives de blocages dans certains pays, notamment en Russie.

M. Dourov a fait fortune en créant VKontakte, le réseau social le plus populaire de Russie, avant d’en être écarté, selon lui, par ses associés pour permettre aux autorités russes d’en prendre de facto le contrôle.

rco/LyS