Les habitants de la « zone rouge » ont exprimé leurs sentiments d’être coupés du reste du pays.

Yash Doobaree, Allée Brillant : « Le temps s’est arrêté dans notre localité »

« Depuis jeudi, nous vivons dans l’angoisse. Nous ne savons pas ce qui se passe exactement. Il y a des rumeurs par-ci, des rumeurs par-là, mais ce qui est sûr, c’est qu’à Allée Brillant, depuis l’annonce des autorités qu’il y a des cas dans la localité, tout est devenu désert. Depuis hier, c’est comme si le temps s’était arrêté dans notre localité. Pas un véhicule en vue. Pas une personne dans les rues. Heureusement que j’ai fait quelques courses en début de semaine et nous n’allons pas ressortir de sitôt. Avec mon frère qui habite la même cour, nous allons nous entraider et nous n’aurons pas à nous déplacer, surtout que nous avons nos parents, des personnes âgées qui vivent également dans la même cour. Nous ne voulons prendre aucun risque. Je travaille pour une entreprise opérant dans les secteurs essentiels, mais d’une part, il me faudra un WAP pour circuler et il faudra également que le transport puisse venir me récupérer à mon domicile, qui figure dans un endroit sous contrôle strict. Est-ce la police donnera l’autorisation d’entrer et de sortir de ma localité ? Je ne le sais pas. Et tout cela est inquiétant. »

Cindy Leung, La Caverne : « Je choisis de positiver »

« Il y a une quelques jours, j’étais plutôt sereine. Mais depuis mardi, avec le nombre de cas qui augmente chaque jour, la panique commence à m’atteindre. Je me pose plusieurs questions. On se demande si c’est le variant sud-africain ou un autre, et si nous pourrons soigner toutes les personnes malades, et de places dans nos institutions de santé. Nous sommes enfermés dans notre ville. Heureusement que nous avons presque toutes nos courses. Si j’ai dû sortir aujourd’hui, c’est pour rendre service à mon amie qui est atteinte d’un cancer. Elle ne pourra aller faire ses courses, donc, dans un élan de solidarité, j’ai été faire des courses. Dans ces moments difficiles que nous vivons, nous devons penser aux autres. Cela aussi apaise l’angoisse. Malgré l’augmentation des cas, je choisis de positiver. Ma fille qui vit en Angleterre me raconte comment ils vivent là-bas avec la Covid et je fais comme elle, ne pas paniquer et respecter les consignes sanitaires. »

Britanny, 15 ans, Vacoas : « Je les vois inquiets »

« Pour diverses raisons, le confinement de 2020 a provoqué chez moi de l’anxiété et j’ai fait plusieurs crises d’angoisse. Je me suis sentie totalement déstabilisée et submergée par la situation. D’un côté il y avait mes parents qui devaient lutter pour garder leur emploi et de l’autre moi qui leur donnais des soucis avec mes problèmes de santé. J’avais réussi à surmonter toute cette angoisse car, malgré tout, j’ai réussi mes examens avec mention et  j’avais retrouvé ma joie de vivre. Puis, il y a eu ce nouveau premier cas. Un deuxième, un troisième et maintenant nous sommes à presque 100. Et aujourd’hui je me retrouve, avec mes parents, dans une configuration de lockdown plus strict que les autres régions de Maurice. Il est vrai qu’étant âgée de moins de 18 ans, je n’ai pas le droit de sortir , mais cette situation d’enfermement, de lockdown dans le lockdown me stresse.

Je regarde mes parents et je les vois inquiets. Inquiets pour notre santé et celle de nos proches, de nos voisins, et inquiets pour l’avenir, pour l’emploi. Mais moi, comparé à l’année dernière, cette fois  j’arrive à gérer mon stress grâce à des techniques que j’ai apprises. »

Isabelle K., Curepipe : « Profiter pour passer du temps en famille »

« J’ai éprouvé une grosse frayeur lorsqu’ils ont parlé de la messe de Sainte-Héléne. Je pensais que moi aussi je devrais me faire dépister, car j’avais été à la messe. Et cela m’a inquiété, car étant donné mon cancer, je suis une personne vulnérable et à risques. Mais après réflexion, j’ai réalisé que c’est une semaine plus tôt que j’avais été à la messe. Néanmoins, il a fallu, mon mari et moi, repenser à toutes ces personnes que nous avons croisées et qui elles se sont rendues à d’église ce fameux samedi 6 mars.Je suis sortie durant le week-end, et lundi et mardi. Je suis allée travailler sans me rendre compte de la gravité de la situation. Et jeudi, lorsque la nouvelle est tombée, c’est là qu’on a commencé à se poser des questions. Heureusement que nous ne sortons pas beaucoup avec mon mari et mon fils, et que nous avons assez de provisions, mais je vais quand même devoir me rendre prochainement à l’hôpital pour mes médicaments.»

Michigo Hokinamoto, Curepipe : « Nous le vivons plutôt bien; c’est comme des vacanses »

« Je profite de ce confinement en famillle, à jouer à des jeux et à regarder des films dans la soirée. Lorsqu’il fait beau, je jardine et range la maison. Lorsqu’il pleut, j’en profite alors pour faire la sieste. J’avais déjà fait des provisions bien avant le confinement. Donc, nous le vivons plutôt bien; c’est comme des vacances. Nous sommes tout de même inquiets d’attraper la covid, vu que j’ai deux enfants, âgés de 4 mois et 5 ans ».

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