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Des efforts sont faits pour adopter la technologie dans l’éducation, du cycle primaire à l’enseignement supérieur. L’apparition de la COVID-19 a accéléré cette démarche, le confinement ayant montré l’importance de se tourner vers la technologie. Les enseignants sont aussi appelés à maîtriser les outils technologiques pour qu’ils soient préparés à des éventualités.

La fermeture des écoles pendant la période de confinement et les défis y relatifs ont fait l’objet d’un webinaire organisé par la Mauritius Institute of Education (MIE). Des chargés de cours de différentes institutions étrangères, notamment d’Inde, de France, d’Afrique du Sud et de Maurice ont partagé leurs expériences de l’enseignement et de l’apprentissage durant la période de confinement. Parlant du cas de Maurice, le directeur général de la MIE, Om Varma, a souligné que l’éducation à Maurice est restée « traditionnelle » pendant ces 50 dernières années mais que le désir de s’en séparer était aussi présent. « Toutefois, nous prenions du temps à le faire », a-t-il révélé face aux nombreux universitaires qui l’écoutaient. Pour Om Varma, cela prenait du temps car, « probablement personne ne voulait changer ».

Si Maurice s’appuie souvent sur ce qui se passe dans les pays développés pour apporter quelque changement, dira Om Varma, le pays peut aussi devenir « un partenaire du changement ». Il a étayé son propos par le travail accompli pour contrôler la propagation du coronavirus. « Nous voulons être ce partenaire du changement », a-t-il dit. Il est d’avis que l’enseignement supérieur peut être ce moyen « pour que ce changement se fasse ». Mais les choses ne sont plus les mêmes. « Nous faisons face à un nouvel ordre économique. Le 21e siècle nous amène à nous poser encore plus de questions », a-t-il dit en tenant compte du nouveau visage du capitalisme et des promesses non accomplies de la mondialisation. De ce fait, l’avenir de l’homme est sujet à discussions, selon lui.
Dans cette phase consistant à s’orienter vers la technologie, Om Varma a souligné que la technologie a poussé les gens à consommer davantage. Mais les écoles ont quand même survécu même si elles n’offrent pas autant de choix aux apprenants, a-t-il dit. « Toutefois, nous sentons maintenant ce malaise et nous ne pouvons pas rester insensibles aux besoins », a-t-il souligné. Selon lui, la Covid-19 est l’élément catalyseur qui entraîne ce changement. « Elle nous oblige à changer notre manière d’enseigner et d’apprendre. C’est maintenant le moment. Il nous faut engager nos enseignants pour aller vers une nouvelle direction », a-t-il dit. Avec le confinement, l’enseignement en ligne a connu un coup d’accélérateur. Observant les changements qui se sont produits, Om Varma a souligné que le confinement « a engagé et fait mettre en application la technologie ». Il note que les cours offerts en ligne sont beaucoup plus adaptés aux étudiants.

Pour que ce changement puisse apporter les résultats attendus, Om Varma a soutenu l’importance d’avoir des enseignants formés adéquatement en ce 21e siècle. « L’avenir réside dans la capacité de nos enseignants à comprendre ce qui est important pour le 21e siècle. Il faut que nos enseignants sortent de leur zone de confort et adoptent les nouvelles méthodes d’enseignement », a-t-il déclaré. Étant un défendeur de la technologie, il est d’avis que sans changer de mentalité et sans adopter de nouvelles façons d’opérer, « le changement que nous voulons voir ne s’opérera pas ». Et de faire valoir que les enseignants doivent adopter cette nouvelle mentalité pour montrer aux apprenants les différentes réalités du monde. L’adoption de la technologie est cruciale, selon Om Varma. « Nous devons être conscients de ce qui se passe dans le monde du travail. La technologie doit être l’alliée de l’enseignant pour faire face aux imprévus du lendemain », a-t-il fait ressortir.

De plus, il a dit constater qu’il est aussi crucial pour ceux qui terminent leurs études supérieures qu’ils soient prêts pour le monde professionnel. Il a demandé aux enseignants de mettre l’accent sur la connaissance, d’offrir un environnement qui reflète les réalités de la vie. Il est aussi d’avis « qu’il faut changer la manière dont les examens sont faits ».
Pour montrer que la MIE veut aussi changer, il a souligné que l’institution veut adopter un modèle hybride qui aura la capacité d’améliorer la qualité des services « mais qui se présentera aussi comme un défi pour les étudiants ». Un défi qui leur permettra « d’aller plus vers la qualité ». Mais, pour lui, l’élément clé pour faire réussir ce plan n’est pas la technologie mais plutôt la pédagogie qui doit accompagner ce changement. « Cela est étroitement lié à la nature des problèmes auxquels nous faisons face dans le secteur de l’éducation aujourd’hui », a-t-il poursuivi. Le monde, selon lui, demande plus de créativité, de ressources. « C’est une excellente opportunité pour nous de revoir notre paysage d’enseignement et d’apprentissage pour qu’il y ait de la qualité », a-t-il martelé. En ce sens, il a dit que la MIE a mis en place des lignes directrices standards pour les différents cours. De plus, l’institution est associée avec plusieurs institutions d’enseignement supérieur. Om Varma est aussi d’avis qu’il faut mettre en application une « ethical disruption » à la MIE. L’institution s’appuie aussi sur les mesures budgétaires pour aller en ce sens.

Dans cette volonté de changer, il a noté que les îles de la République ont été les plus gagnantes. Selon lui, la technologie devient la norme dans ces îles et il a cité l’exemple de Rodrigues qui a réussi à adopter la technologie durant la période de confinement.
Lors de ce webinaire, le Professeur Desmond Govender de l’Université de Kwa-zulu de l’Afrique du Sud s’est appesanti sur la gestion de la crise pour l’enseignement et l’apprentissage en ligne. Il a été suivi par le Professeur Zoraini Abas de la Wawasan Open University de la Malaisie, qui s’est intéressée au changement qui s’opère pour ce qui est des cours à distance et de l’adaptation à la nouvelle normalité dans l’enseignement supérieur. La participation des parties prenantes dans le “co-design” des Technology Mediated Learning Solutions pour des situations urgentes et des leçons apprises au Caméroun a aussi fait l’objet d’une présentation par Michael Nkwenti de l’Université de Yaounde.

L’Inde a aussi partagé son expérience avec Maurice. Le Professeur Amarendra Behera, Joint Director du Central Institute of Educational Technology National Council of Eductional Research and Training, a parlé de l’éducation en ligne dans la situation de crise actuelle due à la Covid-19. La directrice du Laboratoire d’Innovation et Numérique pour l’Éducation, Margarida Romero, a aussi répondu présente à l’invitation du MIE. Elle a focalisé sa présentation sur des modalités plus flexibles dans l’éducation supérieure. Ce webinaire a duré plus de deux heures.