Cette usine épinglée pour mauvais traitement l’année dernière autorisée à recruter encore des travailleurs étrangers

L’affaire avait fait grand bruit l’année dernière. Une trentaine d’ouvriers bangladais avaient en effet débarqué au ministère du travail avec leurs bagages en raison de mauvais traitements infligés par leur employeur. Quelques jours plus tard, les images de leur dortoir – une écurie au milieu de champs de cannes – avaient fait le tour des médias. Cela n’a pas empêché Akhilesh International de recruter encore des étrangers. Ces derniers se sont rendus au ministère du travail cette semaine pour porter plainte, car ils n’ont pas encore reçu leur salaire du mois de février.

Ces ouvriers bangladais et indiens se sont aussi plaints une nouvelle fois de mauvais traitement et de tentatives d’intimidations. Ils se sont rendus à la Special Migrant Workers Unit cette semaine à cet effet, expliquant n’avoir pas encore reçu leur salaire du mois de février.

Le syndicaliste Atma Shanto, qui a accompagné ces ouvriers dans leurs démarches, déplore cette situation et rappelle que, selon la loi, le salaire doit être versé au plus tard le 2 de chaque mois. « Je les ai rencontrés en chemin et ils m’ont raconté qu’ils étaient venus porter plainte au ministère du travail, mais qu’un responsable de l’usine était venu sur place et les avait sommés de repartir. C’est alors que j’ai accepté de les accompagner. »

Il nous revient ainsi qu’un inspecteur du ministère s’est rendu sur les lieux, à Goodlands, et a interrogé les responsables. Il a ainsi été promis que le salaire serait versé aujourd’hui. Cependant, ce qui interpelle le plus, c’est de savoir comment cette entreprise a été autorisée à importer la main-d’œuvre étrangère une nouvelle fois après les troublantes révélations de l’année dernière. On se souvient en effet qu’une trentaine d’ouvriers bangladais s’étaient rendus au ministère du travail pour se plaindre de mauvais traitements. Mais ce qui avait le plus choqué, c’était leurs conditions d’hébergement : une écurie au milieu d’un champ de cannes. Dans une déclaration à la presse à l’époque, le ministre Soodesh Callichurn avait déclaré : « Je serai sans pitié si un employeur maltraite un travailleur, qu’il soit mauricien ou étranger. »

Force est de constater qu’Akhilesh International poursuit ses opérations avec des travailleurs étrangers. Cela veut-il dire que le ministère n’a rien trouvé contre lui dans l’enquête qui avait été initiée à l’époque ? Et quid des conditions d’hébergement ? En tout cas, le syndicaliste Atma Shanto est, lui, d’avis que le ministère n’a « aucun contrôle sur le respect des droits des travailleurs ». Il a promis aux ouvriers bangladais et indiens de les accompagner, sur une base volontaire, dans leurs démarches.