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À travers le monde, c’est le Covid-19 et ses dégâts, tant sanitaires qu’économiques, qui inondent les médias et les réseaux sociaux. Depuis bientôt deux ans, des ressources sont investies pour lutter contre les effets de cette pandémie. Mais la question de l’environnement, qui est aussi urgente au vu des effets du changement climatique vécus par plusieurs pays, est-elle reléguée au second plan ? La semaine de sensibilisation lancée par la fondation Padi Aware nous invite à situer les enjeux.

Ancien militant de Greenpeace, Sunil Dowarkasing reconnaît que le Covid-19 a affecté le processus de développement durable. La pandémie, souligne-t-il, « présente une opportunité extraordinaire pour que les pays passent à la transition ». Or, regrette-t-il, « Maurice n’a pas investi comme il le fallait pour combattre les inégalités, la pauvreté et les méfaits sur l’environnement ». L’environnementaliste fait ressortir que Maurice dispose beaucoup d’« assets » qu’elle « laisse traîner », à l’exemple de la plus grande prairie d’herbes marines au monde, près de la Saya de Malha Bank. « C’est un océan en elle-même et elle présente un atout écologique énorme. On peut décider de protéger cette zone et en contrepartie “trade off” toutes les tonnes de carbone qui sont absorbées par notre prairie d’herbes marines avec d’autres pays. »

Sébastien Sauvage, d’Eco-Sud, souligne pour sa part le « rapport direct entre les épidémies majeures et la crise de la biodiversité et celle du climat ». Il importe, dit-il, d’entendre ce que nous disent ces pandémies de l’état de la biodiversité. « Il est important qu’on réfléchisse aux actions et changements que nous devons opérer dans nos comportements qui sont essentiels pour notre survie. Notre système de production, notre rapport à la nature, nos interactions avec nos concitoyens, nos rapports à la connaissance et aux partages de la connaissance doivent être questionnés. Pour le moment, ils ne favorisent pas le vivant. »

Si l’ingénieur en environnement et océanographe, Vassen Kauppaymuthoo, note une évolution très positive en termes de prise de conscience à Maurice, il estime que la sensibilisation ne suffit pas. Il déplore un certain égoïsme de la part de certains, ce qui l’amène à dire qu’il « faut des amendes pour qu’on comprenne qu’on ne peut jouer avec l’environnement ». Il s’indigne de voir que quand il s’agit d’argent, il y a des projets qui apparaissent et qui sont approuvés rapidement. « Souvent, le secteur privé fait des pressions pour que des projets aillent de l’avant. Il faut que le ministère puisse dire non ! On détruit facilement la nature pour un projet qui est censé rapporter de l’argent sans se rendre compte que les services rendus par la nature qui sont détruits par le projet sont bien plus importants. » L’urgent, pour lui, est « de reconnaître et valider les ESA ».

Retrouve l’article au complet dans l’édition du Mauricien du 23 septembre.