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Le bond des cas de Covid-19 pousse à se demander si le mode de quarantaine ne devrait pas être revu. En effet, si la tendance va croissante, des milliers de Mauriciens se retrouvant être des cas contact risquent de se retrouver dans les centres de quarantaine. Compte tenu du fait que le séjour d’une personne dans un tel centre coûte entre Rs 40 000 et Rs 50 000 à l’Etat, les dépenses à cet égard exploseront. L’auto-isolement est-il envisageable ?

Le Dr Farhad Aumeer, député du PTr, est catégorique : « La quarantaine a fait son temps. » Il s’explique : « Aujourd’hui, on a une plus grande capacité de tests, donc bien plus de cas positifs qui seront détectés et 85% des cas sont asymptomatiques. Avec les tests à grande échelle, à un certain moment, nous verrons la moitié de l’île en quarantaine ! » fait-il remarquer avec dérision. Et d’ajouter : « Il faut être fou pour ne pas revoir la politique de quarantaine », d’autant que « le “mood” dans les centres de quarantaine et la manière dont les gens ont raconté leur calvaire n’encouragent pas à se faire connaître quand on a été en contact avec des personnes positives ». Ce qui l’amène à dire que l’isolement à la maison est la « nouvelle option que le gouvernement doit considérer très rapidement pour éviter le chaos et la psychose qui règnent dans le pays ».

Le Dr Dawood Oaris, directeur de la Chisty Clinic Shifa, exprime, quant à lui, plus de réserve quant à l’auto-isolement, notamment du fait que « c’est un peu difficile d’être sûr que des personnes invitées à observer une semaine ou deux d’auto-isolement à la maison le feront vraiment ». Pour lui, le fait même que les cas soient en hausse est synonyme du manque de discipline dans la population. Si le vaccin est très important, souligne-t-il, la discipline l’est encore davantage. Il précise ne pas être contre l’auto-isolement en lui-même. « J’aurais préféré de loin l’auto-isolement qui coûte bien moins cher à l’Etat. Mais il y a toujours des brebis galeuses au niveau de la discipline. Il faut d’abord éduquer la population à l’autodiscipline. Ensuite, on aura l’opportunité de pratiquer l’auto-isolement. »

Adoptant pratiquement la même position que le Dr Oaris, le Dr Vasant Bunwaree, cardiologue suivant de près l’évolution de la pandémie depuis le début, considère que l’auto-isolement pose certains problèmes. « Je ne dis pas qu’il ne faut pas penser à l’auto-isolement. Mais il faut peut-être choisir les cas tout en tenant compte de l’infrastructure de la famille et voir si c’est acceptable. À Maurice, nous savons que la discipline laisse à désirer. Maintenant, prendre le risque de l’auto-isolement… » Si l’on devait observer l’auto-isolement, il faudrait, dit-il, appliquer tout ce qu’on applique dans les centres de quarantaine. « Si les maisons ne s’y prêtent pas, il vaut mieux ne pas le faire. Quand une personne demande de pouvoir faire l’auto-isolement, il faut qu’un Health Inspector vérifie si sa maison prête à cela. »

Retrouvez l’article au complet dans l’édition du Mauricien du 22 juillet.