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Cela fait plusieurs années déjà que les instances comme la Mauritius Family Planning and Welfare Association (MFPWA), et ensuite le ministère de la Santé et les économistes, alertent sur les possibles répercussions sur les familles, la société et l’économie d’une baisse constante du taux de natalité. Mais, par temps de grave crise économique suivant le Covid-19, comment concilier cette urgence d’avoir plus d’enfants et le manque de ressources financières dans nombre de familles, facteur dissuadant pour certains couples ?

Monique Dinan, vice-présidente du Mouvement d’aide à la maternité (MAM), répond par cette contre-question qui amène à réfléchir : « Est-ce que c’était plus facile avant ? » Elle soutient qu’il faudrait « simplifier » un peu la vie. « Il faut mener une vie un peu plus économique, dépenser à bon escient sur des choses valables et non pas faire des enfants des petits princes en leur achetant tous les vêtements et tous les jouets qu’ils veulent. » Tout en précisant ne pas faire la leçon à quiconque, elle explique vouloir montrer « qu’on peut avoir plus d’enfants dans des familles où on saura les élever dans plus de simplicité et en étant plus à leur écoute pour les faire grandir et non pour répondre à tous leurs caprices ».

Vidya Charan, directrice de la MFPWA, insiste pour sa part sur l’importance de la prise de conscience des enjeux et des répercussions d’une baisse constante dans la natalité, « particulièrement dans une société où il y a le Welfare State, une population vieillissante, moins de naissances, sans compter que beaucoup de jeunes émigrent ». Certes, reconnaît-elle, des difficultés sont apparues suite au Covid-19. « Quand un problème surgit, il ne s’agit pas d’oublier l’autre problème qui existait déjà. Les gens doivent comprendre l’importance d’avoir une famille. » Il s’agit, dit-elle, de savoir accompagner les couples qui veulent vraiment avoir des enfants. « Il faut avoir des mesures pour la création d’emplois pour les jeunes. Le gouvernement pourrait subventionner les produits pour les bébés et accorder des facilités au niveau du travail. »

Céline Chomé, sage-femme belge venue partager ses expériences au MAM et à l’Action familiale, admet que lorsque la situation financière d’un couple n’est pas au beau fixe, il sera difficile pour celui-ci de se projeter dans l’accueil d’un enfant. Tout en disant mesurer l’urgence suivant cette baisse de natalité, « si vous allez parler à des femmes qui donnent naissance, vous vous rendrez compte que l’urgence pour ces femmes, ce n’est pas la quantité mais la qualité dans laquelle elles peuvent accueillir l’enfant ». Elle insiste ainsi sur un système de santé de qualité capable d’inspirer la confiance aux couples et de leur permettre un bon vécu lors de leur première expérience qui leur donnera envie d’avoir d’autres enfants. « Cela passe par l’accompagnement pendant la grossesse et pendant l’accouchement pour pouvoir créer un environnement de confiance et de sécurité pour le couple. »

Retrouvez l’article au complet dans l’édition du Mauricien du 29 juillet.