Nos hôpitaux sont-ils en bonne santé depuis l’éclatement de la COVID-19 ? Le personnel soignant est-il d’aplomb ou, au contraire, épuisé, depuis le premier épisode de la pandémie ? La peur de travailler dans un contexte incertain est-elle encore là ou ces employés de première ligne ont-ils été rassurés de par les mesures de sécurité mises en place par les autorités ? Le président de la Nursing Association, Ram Nowzadick, soutient que les infirmiers sont « prêts à 100% ». Il reconnaît qu’au début de la pandémie, le personnel se rendait au travail « la peur au ventre ».

Mais, aujourd’hui, « les données ont changé ». Il ajoute : « Les infirmiers, de leur propre gré, demandent d’aller travailler dans les centres de quarantaine. » Pradeep Taucoor, secrétaire de la Federation of Health Services Union, indique pour sa part que, malgré un « léger taux d’absentéisme, nous arrivons à gérer à l’hôpital », ajoutant que le ministère recrutera incessamment des retraités. Il s’appesantit de même sur la nécessité de rencontres régulières entre le ministère et le syndicat des infirmiers ainsi que celui des médecins en vue de connaître « les vraies faiblesses » des hôpitaux pour mieux les contrecarrer.

Le Dr Bhooshun Ramtohul, vice-président de la Government Medical Consultant in Charge Association (GMCICA), lance un appel pressant à suivre les consignes du ministère tant dans les centres de quarantaine que parmi la population. Selon lui, « le personnel est prêt sauf si le nombre d’infectés à la COVID-19 explose ». S’il y a des “loopholes”, dit-il, « les autorités devront réagir sans tarder ».

RAM NOWZADICK (Nursing Association) : « Nous sommes prêts à 100% »

RAM NOWZADICK

Quel est l’état actuel de nos hôpitaux ? Sont-ils parés à une éventuelle résurgence de la COVID-19 ?
Nous avons actuellement 3 800 infirmiers/infirmières de tous grades confondus. Ces derniers sont tous impliqués dans un système de rotation en cas de flambée. Actuellement, nous avons une trentaine de cas importés. Tous les 14 jours, dans chaque hôpital, nous prenons des infirmiers pour les poster à l’hôpital ENT. En fait, notre service demanderait encore quelque 2 000à 3 000 infirmiers pour être plus complet. Le système de Bank Session comble ce manque. Ceux qui sont “off” peuvent venir faire une Bank Session quand il y a un manque de personnel. Lors de la première vague de la COVID-19, c’est cette Bank Session qui a soutenu notre système de santé. Dans les hôpitaux, nous continuons avec tous les services habituels. En sus de cela, nous sommes prêts à 100% et disposons déjà d’une équipe tous les 14 jours pour travailler dans les centres de quarantaine. Dans l’éventualité d’une deuxième vague, nous avons mis sur pied un comité avec la Nursing Association et le ministère de la Santé pour élaborer un plan de travail en cas de flambée pour que notre service de santé ne soit pas dépassé.

Le ministère soutient que « le personnel est formé, qu’il n’y a pas de manque d’équipements ni de médicaments et que les hôpitaux sont prêts à faire face aux pires scénarios ». Êtes-vous d’accord ?
Lorsque la COVID-19 est arrivée à Maurice, j’avoue qu’il y avait une sorte de psychose parmi le personnel. Ils allaient au travail la peur au ventre. Malgré cela, ils n’ont pas baissé les bras. Mais ils n’étaient pas prêts à 100% psychologiquement parlant, même s’ils l’étaient techniquement. Au départ, nous avions un manque d’équipements, ce qui accentuait la frayeur parmi les infirmiers pour travailler dans les Covid Centres. Mais aujourd’hui, nous avons tous nos équipements. Nous avons reçu un grand stock de masques, de Personal Protective Equipments et de N95. Les infirmiers demandent ainsi de leur propre gré d’aller travailler dans ces centres. Je pense donc qu’il n’y aura pas de problème de personnel. Par ailleurs, ils ont été formés techniquement pour travailler avec des patients qui doivent être sous ventilation. Nous avons organisé des sessions de sensibilisation pour savoir comment travailler.

Dans un témoignage enregistré, un infirmier a avoué que « le personnel soignant n’osait pas s’approcher de la jeune patiente de 20 ans, admise à l’hôpital de Souillac et qui a finalement rendu l’âme ». Il a aussi indiqué que « les doses de médicaments, qui lui ont été injectées, n’étaient pas appropriées et que plusieurs médicaments étaient mis dans une seule injection… »
Il y avait cette peur. Aujourd’hui, toutes les données ont changé. Les membres du personnel, de leur propre gré, demandent d’aller travailler dans les centres de COVID-19. Le ministère a élaboré un package pour ces infirmiers. Un infirmier qui doit quitter sa maison pendant 14 jours, c’est une vraie perturbation. Même quand ils sont “off” le lendemain, ils doivent rester dans le centre. Moi, en tant que président de la NA, j’ai dit qu’on doit venir avec une “disturbance allowance”. Le ministère a décidé de leur donner un “package”. Je suis pleinement satisfait que le ministère ait répondu positivement à nos demandes.

Certains se demandent si les infirmiers méritent la prime de Frontliners, alors que les soins laissaient à désirer dans certains cas lors de la première vague…
Les infirmiers ont fait le travail technique qu’il fallait. On sait tous qu’à l’époque, il y avait des médicaments qui étaient donnés sur une base d’essai comme la chloroquine. Par la suite, l’OMS a trouvé que ce n’était pas l’idéal. Mais, en termes de prise de température, électrocardiogramme, tests sanguins, PCR, etc., les infirmiers ont tout fait. Je pense que le personnel soignant mérite cette prime, car ils ont vraiment travaillé dans des conditions à risque. Il n’y a jamais de risque zéro. Il ne faut pas oublier que huit soignants ont été infectés par la COVID-19. Ils ont heureusement pu s’en sortir. Moi-même après avoir été dans un centre Covid Plus, j’ai dû m’auto-isoler à la maison.

Est-ce que, depuis, le personnel a reçu une formation pour savoir bien se protéger dans des cas pareils et surmonter sa peur pour prodiguer les meilleurs soins aux patients atteints de la COVID 19 ?
Oui, ayant été pris au dépourvu par cette pandémie, les soignants n’étaient pas bien formés au début. On rencontrait des difficultés à motiver les infirmiers à aller travailler dans ces centres. Maintenant, c’est du passé. Ils sont tous motivés.

On a pu entendre certains témoignages du personnel soignant exprimant leur épuisement…
Définitivement, travailler 14 jours d’affilée dans un centre de quarantaine, c’est épuisant. C’est un stress permanent et c’est pourquoi j’ai insisté sur le fait qu’il faut qu’il y ait un encouragement.

Quel est l’état d’esprit du personnel depuis la réouverture des frontières ?
Quand on a fermé les frontières, les peurs ont été dissipées petit à petit. Et, quand il y a eu zéro cas, il y a eu un relâchement de la population entière et du personnel. Il n’y avait plus cette peur. Mais, avec la réouverture des frontières, on a redoublé d’efforts pour dire qu’il faut prendre toutes les précautions préconisées dès le début. En effet, on peut établir de nombreuses mesures, mais il se peut toujours qu’il y ait des cas qui passent entre les mailles du filet. Dans tous nos centres de santé et les “flu clinics”, on leur demande d’observer au maximum les gestes de précaution.

Un dernier mot ?
Je félicite tous les infirmiers et infirmières qui travaillent dans les centres de COVID-19. Maurice est actuellement “safe”. Avec l’arrivée des 5 000-6 000 passagers de l’étranger, il n’y a pas de risque zéro. La nation mauricienne doit remercier les Frontliners qui ont été travailler sans négocier de prime.

PRADEEP TAUCOOR (Infirmier) : « Nous gérons en dépit d’un léger absentéisme »

PRADEEP TAUCOOR

Quel est l’état actuel de nos hôpitaux ? Sont-ils parés à une éventuelle résurgence de la COVID-19 ?
Nous arrivons à gérer à l’hôpital, même s’il y a un léger absentéisme. Une des raisons de ce faible taux d’absentéisme est la décision de ne pas compenser ceux qui ne prennent pas leurs “sick leaves”. Par ailleurs, il y a eu beaucoup de travail pendant l’épidémie. Il y a eu un “burn out” chez certains. Pour l’heure, nous arrivons à travailler. Mais, ce ne serait pas l’idéal s’il y a des épidémies. Nous avons eu une réunion avec le ministère et sommes en train de résoudre le problème. Nous sommes “Covid-free” depuis quatre mois et tout est revenu à la normale, que ce soit au niveau des “casualties”, des dispensaires, etc. Il y a un travail formidable qui se fait et il y a un faible pourcentage d’absentéisme.

La Santé pourra-t-elle gérer en cas d’une brusque augmentation de malades ?
Le ministère recrutera incessamment des retraités. Il y a un plan d’action. Le ministère sait ce qu’il fait.

Y a-t-il un grand manque d’infirmiers ?
Non.

Le ministère soutient que le personnel est formé, qu’il n’y a ni manque d’équipements ni manque de médicaments et que les hôpitaux sont prêts à faire face aux pires scénarios. Êtes-vous d’accord ?
Je dois saluer le travail formidable des médecins et infirmiers. Dans les moments durs, c’est comme une équipe familiale et on est condamné à travailler ensemble. J’ai sillonné les “flu clinics”, les centres de quarantaine et les hôpitaux à travers l’île. Le travail abattu par les médecins et infirmiers est extraordinaire. Il y a une entente familiale. Nous sommes en première ligne face à la pandémie et c’est nous qui connaissons les rouages de ce secteur. Je lance d’ailleurs un appel au ministre : s’il y a un problème ou une deuxième vague, il doit obligatoirement rencontrer les deux syndicats (médecins et infirmiers) sur une base régulière. Nous sommes les plus proches des malades. C’est à travers nous qu’il saura quelles sont les faiblesses durant une pandémie et comment corriger des erreurs pour qu’elles ne se répètent pas. Nous sommes là pour collaborer avec le ministère de la Santé. S’il joue aux abonnés absents avec nous, ce sera au détriment du pays. Il faut trouver ne serait-ce que cinq minutes chaque mois. Je félicite le ministère et le National Health Committee qui ont fait un travail formidable lors de la première vague. Pour que Maurice soit devenue “Covid free” pendant quatre mois, ce n’est pas tombé du ciel. C’est au prix de sacrifices de médecins et infirmiers.

Des témoignages font état de l’épuisement actuel des infirmiers…
C’est faux. Pendant l’épidémie, il n’y a pas eu d’absence. Au contraire, les infirmiers sont venus travailler tôt. Ils viennent sur leur lieu de travail comme des soldats. Il y a même une femme enceinte qui a travaillé dans une “flu clinic”.

Dans un témoignage enregistré, un infirmier a avoué que « le personnel soignant n’osait s’approcher de la jeune patiente de 20 ans, admise à l’hôpital de Souillac et qui a finalement rendu l’âme ». Il a aussi indiqué que « les doses de médicaments qui lui ont été injectées n’étaient pas appropriées et plusieurs médicaments étaient mis dans une seule injection… »
Je travaille à l’hôpital Candos et j’ai visité les “flu clinics”. Je dois dire chapeau à tous ces infirmiers. Je ne sais ce qui a pu se passer sur ce cas à l’hôpital de Souillac, mais je n’ai pas vu la peur chez les infirmiers. Il y avait des “isolation wards” pour les infirmiers qui travaillaient jour et nuit.

Est-ce que, depuis, le personnel a reçu une formation pour savoir bien se protéger dans des cas pareils et surmonter sa peur pour prodiguer les meilleurs soins aux patients atteints de la COVID 19 ?
Les infirmiers sont bien formés sur comment porter un masque, comment porter un PPE, etc. Il y a un protocole de gestes barrières. Mais, il faut que cela soit un “ongoing process”, car on ne sait pas ce qui nous attend. Qu’il y ait une deuxième vague ou pas, il faut que nous maintenions les gestes de prévention. Il nous faut nous préparer en termes de personnel, d’équipements. Le ministère a son plan d’action. Par exemple, il a déjà réservé 70 lits à l’ENT. Ce n’est pas suffisant. Nous aurons besoin d’autres lits encore en prévision et le ministère, je pense, y travaille. Ce qui est important aussi, comme je l’ai souligné, ce sont des réunions régulières avec les infirmiers. C’est nous qui sommes sur le terrain.

Quel est l’état d’esprit du personnel soignant actuellement ?
Actuellement, ça va. Moi-même, je gère une équipe de 12 infirmiers qui est très très joviale. Nous avons notre “flu clinic” qui est opérationnelle et où il n’y a pas d’absent. Je leur rends souvent visite comme “acting supervisor” et ils n’ont pas peur. Ils sont en première ligne. Je suis témoin de tout le travail abattu par des infirmières et des Health Care Assistants… Le cas de Souillac peut être un cas isolé, mais en général, la peur n’est pas présente chez les infirmiers. L’important, ce sont les réunions entre le ministère et les syndicats d’infirmiers et de médecins. C’est ainsi qu’on peut mieux se préparer et se protéger. Nous sommes psychologiquement prêts. Le ministère doit maintenant faire provision pour davantage de personnel, plus d’équipements et de PPE. Le ministère a indiqué qu’à ce niveau il y en a assez.

LE DR BHOOSHUN RAMTOHUL (GMCICA) : « On est prêt sauf si le nombre explose »

DR BHOOSHUN RAMTOHUL

Quel est, diriez-vous, l’état actuel de nos hôpitaux ? Sont-ils parés à une éventuelle flambée de la COVID-19 ?
Absolument. Nous exécutons le protocole mis en place par le ministère et qui me semble correct. La seule chose, c’est que je demande à la population de suivre les consignes du ministère quant aux mesures de prévention. Aussi, ceux qui sont dans les centres de quarantaine doivent se comporter correctement. Ils sont en isolation, ils doivent comprendre qu’ils ne sont pas en vacances et qu’ils ne doivent pas se rendre à la piscine ou à la plage. On a eu beaucoup de soucis avec certains d’entre eux à l’exemple d’une dame qui était à la piscine et qui fumait… Il faut absolument suivre les consignes du ministère tant dans les centres de quarantaine que parmi la population. Il faut toujours porter des masques, se laver les mains, etc.

Constatez-vous un relâchement ?
Si on suit le protocole établi, on pourra normalement faire face au danger sauf s’il y a des “loopholes”. Si toutefois on voit qu’il y a des “loopholes”, le gouvernement doit tout de suite y remédier. Comme c’est la première fois qu’on est confronté à une telle pandémie, on ne peut être parfait. Mais, s’il y a des “loopholes” les autorités devront réagir sans tarder. Au cas contraire, cela sera catastrophique pour la population.

Le ministère soutient que le personnel est formé, qu’il n’y a pas de manque d’équipements ni de médicaments et que les hôpitaux sont prêts à faire face aux pires scénarios. Êtes-vous d’accord ?
Absolument, nous avons le Personal Protective Equipment. Le personnel est prêt et toujours là.

Y a-t-il eu une formation supplémentaire depuis la première vague pour mieux équiper le personnel d’un point de vue psychologique par exemple ?
On a eu une formation qui était en partie sur la psychologie. Quant aux tests Covid, on a appris à les faire et on est en train de les mettre en pratique. Par exemple, à l’hôpital, où je travaille, beaucoup de masques sont disponibles. On est prêt à faire face à une résurgence de l’épidémie.

De l’autre côté, l’on a pu entendre certains témoignages du personnel soignant exprimant leur épuisement, leur peur de travailler depuis le dernier épisode de la COVID-19…
C’est vrai. Il y a définitivement un manque de médecins, surtout généralistes. En effet, les soignants qui vont travailler dans les centres de quarantaine y sont pour 14 jours. Après ces 14 jours, admettons qu’ils prennent trois à quatre jours de congé. Il y a donc un manque le “pool” de médecins qui travaillent à l’hôpital. Pour résoudre ce problème, le ministère fait appel aux médecins de la Sécurité sociale. De ce fait, maintenant, dans les centres de quarantaine, ce ne sont plus des médecins d’hôpital, mais des médecins de la sécurité sociale qui sont en charge. Par contre, les infirmiers qui vont dans les centres de quarantaine sont issus des hôpitaux.

Peut-on dire que les médecins sont frais et dispos à s’occuper des malades ?
Ce n’est pas évident de rester 14 jours dans les centres de quarantaine avec les patients et de contrôler le lieu. C’est un travail qui demande beaucoup de conscience.

Comment pourrait-on améliorer les choses ?
Tout dépend du nombre de patients. Quand on voit le nombre de cas de patients à l’étranger affectés par la COVID-19, c’est catastrophique. En ce qui concerne l’hôpital du Nord, où je travaille, il y a un “isolation ward” pouvant accommoder 26 patients. Si le nombre dépasse ce chiffre, le contrôle sera difficile. Par contre, chaque hôpital de Maurice, celui de Victoria, de Nehru et de Flacq, dispose d’un “isolation ward”, qui reçoit tout cas de suspicion d’infection à la COVID-19. Les patients ayant des symptômes viennent dans les “flu clinics” et sont ensuite envoyés dans “l’isolation ward” pour 14 jours. On fait le test PCR le premier, septième et quatorzième jour. On est plus ou moins prêts pour y faire face, sauf si le nombre explose. Ce sera alors difficile pour le pays. C’est pourquoi il faut rester vigilant.

Dans un témoignage enregistré, un infirmier a avoué que « le personnel soignant n’osait s’approcher de la jeune patiente de 20 ans admise à l’hôpital de Souillac et qui a finalement rendu l’âme ». Il a aussi indiqué que « les doses de médicaments qui lui ont été injectées n’étaient pas appropriées et plusieurs médicaments étaient mis dans une seule injection… »
Une enquête est en cours au niveau de la Santé. Je ne peux me prononcer dessus tant que l’enquête n’est pas terminée. Mais tout le monde a peur. Non seulement les infirmiers. Les médecins aussi.

Cette peur est toujours là ?
Oui, c’est une sorte de psychose qui existe un peu à travers le monde. Les Mauriciens ont peur de cette situation. On a pu maintenir zéro cas parmi la communauté. Les cas importés sont en quarantaine. On doit en être fier. Aujourd’hui, je pense qu’on a moins peur. Il faut que non seulement les soignants, mais aussi tout le monde aide à prévenir la transmission du virus en observant les gestes barrières.

Quel est l’état d’esprit du personnel soignant depuis la réouverture des frontières ?
On est des Frontliners, on est là pour combattre ce virus avec le soutien du directeur de l’hôpital, du surintendant, du ministre de la Santé. Je demande à la population d’être consciente, de suivre les consignes et de coopérer. C’est un virus qui est difficile à combattre quand cela commence à se propager. Donc, collaborez pour que le virus ne se propage pas.