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Cela fera bientôt un an depuis qu’ils sont au chômage. Ces opérateurs de “contract cars” et de “contract vans“ ne savent plus à quel saint se vouer face aux menaces de saisie des compagnies de leasing, car ils n’arrivent plus à honorer leurs dettes. Contrairement aux taxis d’hôtels, ils n’ont en effet aucune assistance du gouvernement. Ils réclament une réunion urgente avec le ministre des Finances, Renganaden Padayachy.

La Tourist Contract Bus Owners Association et la Tourist Contract Car Owners Association militent pour faire entendre la voix des opérateurs engagés dans ce secteur, et qui se retrouvent en difficultés depuis la fermeture des frontières. Même si la National Land Transport Authority leur a accordé une dérogation pour travailler dans d’autres secteurs en attendant le retour des touristes, ils n’arrivent pas à joindre les deux bouts. « Cette autorisation est temporaire. Quelle compagnie va engager un van pour transporter ses employés pendant deux ou six mois ? Ils cherchent des solutions dans le long terme », indique Aslam SK Hossein, vice-président de la Tourist Contract Bus Owners Association.
Ce dernier ajoute que ses membres se retrouvent ces jours-ci « harcelés » par les compagnies de crédit-bail, car ils n’arrivent plus à honorer leurs dettes.

« Il y a des menaces de saisie. On nous dit de vendre nos véhicules pour rembourser nos dettes. Mais comment faire pour reprendre le travail par la suite ? Nous avons un permis d’opération. » Il ajoute que contrairement aux chauffeurs de taxi d’hôtels, ils ne reçoivent aucune aide du gouvernement. « On nous dit que nous ne sommes pas éligibles à l’allocation du gouvernement, car nous ne payons pas le NPF. Mais personne ne nous a dit qu’il fallait le faire quand nous avons obtenu notre permis. »

Vinod Gurrapan, de la Tourist Contract Car Owners Association, ajoute pour sa part que certains ont déjà payé la majorité de leurs dettes et se retrouvent avec des menaces de saisie pour le peu qu’il leur reste à rembourser. « Il ne me reste que six mois à payer et on me dit de ramener les voitures. » Il se demande si la Banque de développement ne peut leur venir en aide, comme elle le fait pour les PME.

Ces deux associations se sont tournées vers l’Association des consommateurs de l’île Maurice (ACIM) pour les aider dans ce combat. Jayen Chellum dit ainsi avoir déjà évoqué la question avec le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, lors des consultations budgétaires l’année dernière. Une lettre lui a été adressée pour demander une « réunion urgente » afin de trouver une solution pour ces opérateurs. Ces derniers demandent au gouvernement de les aider à payer leurs arrérages et de leur accorder une allocation, comme c’est le cas pour les taxis.

Lors de ce point de presse, Jayen Chellum s’est aussi élevé contre l’absence de la MBC, « indifférente », dit-il, au malheur de ces citoyens. « Nous payons tous Rs 150 de redevance. Cette situation dramatique à laquelle ces opérateurs doivent faire face n’est-elle pas d’intérêt public ? J’ai écrit à la MBC en insistant pour avoir un représentant ici. Mais quelqu’un est venu, a inscrit son nom dans le livre de présence et est reparti sans assister à la conférence de presse. »