(Photo d'archives)

Le mouvement Solidarite Morisyen Avek Lepep Palestinn (SOMALP) avait adressé une lettre au ministre des Affaires étrangères, Alan Ganoo, la semaine dernière, lui demandant de prendre position contre le statut d’observateur octroyé à l’Israël au sein de l’Union africaine. Dans une lettre reçue lundi, le ministre dit avoir pris connaissance de la requête de Lalit, ajoutant que celle-ci est à l’étude.

La décision du président de l’Union africaine, Moussa FakiMahamat, d’accorder le statut d’observateur à Israël a soulevé une vague de mécontentements parmi les membres. Plusieurs pays, dont l’Afrique du Sud, le Nigeria, l’Algérie, la Tunisie et la Namibie ont déjà exprimé leur opposition sur cette situation. Les membres disent n’avoir pas été consultés sur cette décision. Ils rappellent également que l’Union africaine a historiquement toujours soutenu le peuple palestinien.

À Maurice, la question a une autre dimension, étant donné qu’Israël avait voté contre lorsque l’Union africaine avait proposé la motion pour que le dossier des Chagos soit référé à la Cour internationale de justice, en 2017. L’État hébreu avait récidivé en 2019 avec la résolution du Sénégal pour que la Grande-Bretagne mette fin à l’occupation des Chagos. Autant de raisons, selon SOMALP, pour que l’État mauricien prenne une position sur la question.

De plus, rappelle le collectif, rien n’a changé dans l’attitude d’Israël depuis la dernière fois que ce statut lui avait été refusé. Au contraire, de nombreuses attaques armées ont depuis été menées, sans compter que l’occupation a gagné du terrain. De plus, Israël est de plus en plus critiqué, même par les États-Unis, son principal allié.

La réponse d’Alan Ganoo est une lueur d’espoir pour le collectif. Alain Ah-Vee, le porte-parole, estime « positif » d’apprendre que le gouvernement mauricien est en train de réfléchir à la question. « D’autant qu’en plus du dossier palestinien, l’attitude d’Israël nous touche personnellement. » Ce dernier rappelle également que le mouvement fait partie du réseau BDS Africa, qui milite pour des sanctions contre Israël, et que tous les membres sont actuellement en train de communiquer sur la position de leur pays par rapport à cette situation. « La réponse du ministre Ganoo est encourageante et nous espérons pouvoir bientôt, nous aussi, mettre le réseau au courant de la position de Maurice sur la question. »