(Photo by Marco Bertorello / AFP)

Le point sur les campagnes de vaccination, les suspensions et les limitations dans l’utilisation du vaccin anti-Covid d’AstraZeneca après l’annonce d’un lien entre ce vaccins et de rares cas graves de formation de caillots sanguins.

L’Agence européenne des médicaments (EMA) a reconnu mercredi un lien entre l’administration du vaccin et des cas très rares de formation de « caillots sanguins inhabituels associés à des plaquettes sanguines basses », désormais répertoriés comme « effets secondaires très rares ».

Mais le régulateur européen des médicaments tout comme les autorités sanitaires britanniques ont estimé que les bénéfices à utiliser ce vaccin l’emportaient toujours largement sur les risques.

Ce sérum mis au point par le laboratoire suédo-britannique et des chercheurs de l’université britannique d’Oxford reste, à ce jour, le plus utilisé dans le monde, selon une base de données de l’AFP, utilisant des sources officielles.

– Vaccination suspendue –

La Norvège a prolongé, fin mars, jusqu’au 15 avril la suspension des injections avec ce sérum, estimant nécessaire d’approfondir l’examen des effets secondaires en relation avec ces symptômes atypiques mêlant caillots sanguins, hémorragie et chute des plaquettes sanguines chez quelques personnes âgées de moins de 55 ans et jusqu’alors en bonne santé.

Le Danemark a également décidé de prolonger la suspension de cette vaccination.

– Limites d’âge –

La Suède limite depuis fin mars les vaccinations avec ce sérum aux plus de 65 ans.

La Finlande et l’Islande ont fait des annonces similaires, autorisant ce vaccin pour les plus de 65 et les plus de 70 ans respectivement.

La France et la Belgique ont de leur côté fait le choix de limiter la vaccination aux plus de 55 ans.

L’Espagne et l’Italie ont pour leur part annoncé mercredi réserver ce vaccin aux plus de 60 ans après des annonces similaires faites par les Pays-Bas le 2 avril et par l’Allemagne le 30 mars.

Au Royaume-Uni, après recommandation du comité scientifique supervisant la campagne de vaccination, l’usage du vaccin AstraZeneca a été limité aux plus de 30 ans.

Parallèlement l’Université d’Oxford a annoncé le 6 avril avoir interrompu un essai avec ce vaccin sur des enfants dans l’attente de l’avis du régulateur britannique.

En dehors de l’Europe, les Philippines ont suspendu les injections de vaccin d’AstraZeneca aux moins de 60 ans tandis que l’Australie a décidé d’arrêter les injections avec ce sérum pour les moins de 50 ans.

– Le vaccin le plus répandu –

Malgré les critiques sur les difficultés d’approvisionnement et les craintes en matière de sécurité, le vaccin développé par AstraZeneca/Oxford est le plus administré dans le monde avec des campagnes d’injection dans au moins 111 pays ou territoires.

AstraZeneca/Oxford devance largement ses concurrents Pfizer/BioNTech (distribué dans au moins 67 pays), Moderna (au moins 39 pays), Sinopharm (au moins 32 pays), Spoutnik V (au moins 23 pays) et Sinovac (au moins 14 pays).

L’OMS estime que près de 200 millions de personnes ont reçu l’AstraZeneca/Oxford dans le monde.

Peu coûteux, il est utilisé aussi bien dans des pays riches (Royaume-Uni, Union européenne…) que dans des pays pauvres.

Ceci s’explique notamment par le fait qu’AstraZeneca est le principal fournisseur du système Covax d’approvisionnement de vaccins anti-Covid aux pays pauvres ou défavorisés. Ce sérum est aussi administré en Inde.