(Photo by LAKRUWAN WANNIARACHCHI / AFP)

Les chefs de gouvernement de six pays européens ont demandé mardi la mise en place avec Bruxelles d’un « mécanisme de correction » pour mettre un terme à une distribution « injuste » des vaccins anti-Covid entre les pays membres de l’UE.

« Je crois qu’il est important » de trouver une solution « technique » avec la Commission européenne et le Conseil européen pour « verser des doses supplémentaires à ceux qui ont été lésés », a déclaré à Vienne le chancelier autrichien Sebastian Kurz, lors d’une conférence de presse organisée en urgence avec ses homologues des pays voisins.

Le Tchèque Andrej Babis, le Slovène Janez Jansa et le Bulgare Boïko Borissov ont fait le déplacement dans la capitale autrichienne, tandis que le Croate Andrej Plenkovic et le Letton Arturs Krisjanis Karins ont participé à la rencontre par visioconférence.

Plusieurs d’entre eux ont critiqué le système actuel du « comité directeur », la fameuse instance qualifiée vendredi de « bazar » par M. Kurz, qui permet à chaque pays d’acheter des doses que d’autres membres n’auraient pas réclamées.

Selon le dirigeant autrichien, la Bulgarie n’a reçu jusqu’à présent par habitant qu’un tiers de ce que Malte a obtenu, alors que les 27 avaient convenu de distribuer les vaccins proportionnellement au nombre d’habitants de chaque pays.

« On nous a dit que les États membres de l’UE devaient s’abstenir de recourir aux vaccins chinois et russe », a relevé le Premier ministre bulgare, qui fait face, comme la République tchèque, à une virulente troisième vague.

Mais ensuite, « quelque part plus bas dans la chaîne de décision, ce problème est apparu », a-t-il ajouté, soulignant qu’il « ne demandait pas l’aumône » mais souhaitait « la réparation d’une injustice ».

De son côté, M. Jansa a mis en garde Bruxelles contre « une nouvelle crise politique » si la situation devait perdurer.

Cette offensive contre le système actuel de répartition a été lancée la semaine dernière par le chancelier autrichien, au moment où il est confronté au mécontentement grandissant d’une partie de la population.

Selon un sondage publié ce week-end, 55% des habitants ne sont pas satisfaits de la politique de son gouvernement, un an après le premier confinement, et 36% soutiennent les manifestations contre les restrictions qui secouent régulièrement l’Autriche.

L’opposition sociale-démocrate reproche à Sebastian Kurz « un show politique » pour faire diversion et masquer ses propres « erreurs », alors qu’il s’est avéré que le haut fonctionnaire autrichien chargé des commandes pour son pays n’avait pas acheté suffisamment de doses. Il a démissionné lundi.

« Quand quelque chose va mal en Europe, c’est +l’UE+ qu’on blâme – même si les gouvernements n’ont pas dialogué avec leurs propres fonctionnaires », a commenté sur Twitter lundi Martin Selmayr, le représentant de la Commission européenne en Autriche.

La ministre des Affaires étrangères espagnole a elle aussi démenti tout problème. « L’UE a fourni aux États membres le nombre de doses qu’ils ont commandées », a déclaré Arancha Gonzalez Laya, lors d’un entretien paru mardi dans le quotidien Die Presse.