People wearing protective face masks walk at St. Peter's Square at the Vatican on October 22, 2020. (Photo by Tiziana FABI / AFP)

Au lendemain de la déclaration du pape François en faveur des unions civiles pour les homosexuels, les rares touristes et pèlerins présents sur la place Saint-Pierre au Vatican exprimaient jeudi des opinions plutôt favorables, même si certains souhaitent qu’il n’aille pas plus loin.

« C’est très courageux pour un pape, et très positif », déclaraient ainsi à l’AFP Mikael Miodrag, 21 ans, et son copain André Amaral, 23 ans, jeune couple franco-brésilien, qui disaient espérer que la position du pape entraîne un changement d’approche aussi parmi les fidèles.

« Même les catholiques souvent associés à des opinions plus conservatrices auront une opinion plus ouverte sur l’homosexualité », ajoutait André.

« Les personnes homosexuelles ont le droit d’être en famille. Ce qu’il faut, c’est une loi d’union civile, elles ont le droit d’être couvertes légalement », avait déclaré le pape dans le documentaire « Francesco » réalisé par Evgeny Afineevsky et présenté mercredi au Festival international du cinéma de Rome.

Graziano Pacenza, retraité italien de 74 ans, se déclarait lui agréablement surpris et disait souhaiter d’autres révolutions pour l’univers catholique. « Je ne m’attendais pas à cette déclaration. Maintenant nous attendons les prochaines étapes, peut-être une place pour les femmes dans la liturgie », plaidait-il à deux pas des appartements du souverain pontife, installé depuis son élection en 2013 dans la résidence Sainte-Marthe.

– ‘Un pape révolutionnaire’ –

La déclaration du pape argentin signe une avancée très marquée par rapport à la position conservatrice de Benoît XVI qui, pendant son pontificat, s’était toujours opposé aux unions homosexuelles et à leur assimilation au mariage.

« François est un pape révolutionnaire, il est en contact avec le monde moderne. Je ne regrette pas Benoît, il était très strict, mais c’était aussi une autre époque », affirmait pour sa part Maria Mazzoli, une catholique de 49 ans.

Mais les voix critiques ne manquent pas non plus.

« Je considère le pape comme le chef de l’Église catholique qui dit que pour être un couple, il faut être marié. Maintenant, je vois qu’il a changé d’avis sur la question et qu’il valorise et accepte les couples qui vivent un +amour libre+ », s’inquiétait Maggy Pina, originaire de la République Dominicaine.

En revanche, François ne change pas d’un pouce le dogme catholique s’agissant du mariage, qui reste selon lui l’apanage des couples formées d’un homme et d’une femme.

Annamaria Pasquadibisceglie, nutritionniste de 57 ans et catholique observante, reconnaît l’importance de droits pour les couples homosexuels mais avec des limites.

« Je suis d’accord avec le pape, même ceux qui ont une sexualité différente sont des êtres humains et doivent être protégés. Mais je ne suis pas d’accord avec l’adoption d’enfants car le caractère sacré de la famille, composée par père, mère et enfants, doit être préservé », affirmait-elle à l’AFP en réponse aux déclarations du pape. Celui-ci, sans préciser sa pensée sur le point particulier de l’adoption, a reconnu aux homosexuels le « droit à être une famille ».

Depuis son élection comme pape, François avait déjà évoqué à plusieurs reprises, sans la rejeter, la notion d’unions civiles pour les personnes de même sexe.

str-ljm/gab/avz