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Tous les ans, entre le 24 et le 26 décembre, pétards et feux d’artifice se vendent comme des petits pains aux quatre coins de l’île. Or, les commerçants craignent une baisse dans la vente cette année. Pandémie oblige, les importations de la Chine, qui représentent 75% de la production mondiale de pétards et de feux d’artifice, accusent une baisse conséquente cette année. Ce qui entraîne inéluctablement une flambée des prix de ces produits.

Certes, le crépitement des pétards et des feux d’artifice reste ancré dans les mœurs et traditions mauriciennes, mais cette année, du moins pour la Noël, les pétarades se sont fait moins entendre. Alain Fok Chak, le directeur marketing de l’importateur de pétards, Wing Tai Chong, nous livre son analyse sur cette baisse drastique en termes de vente. « Vu le contexte économique difficile, et  l’appréciation constante du dollar vis-à-vis de la roupie, le prix des pétards a augmenté cette année. La réduction du personnel dans les usines fabriquant ces produits en Chine et son impact sur les commandes sont aussi à l’origine de cette hausse des prix, sans oublier la baisse dans les importations due à la pandémie et la fermeture des frontières», dit notre interlocuteur qui ne se veut pas pour autant pessimiste.

« À Wing Tai Chong, nous misons sur la qualité et la marque déposée de  nos produits, ainsi que sur les promotions sur certains produits pour attirer notre clientèle qui, j’en reste persuadé, sera au rendez-vous pour les achats de la Saint-Sylvestre», souligne Alain Fok Chak. Les ventes ont aussi débuté timidement dans les grandes surfaces à travers l’île. «Les petits pétards, comme le traditionnel Cerf, très prisés, ont actuellement la cote, même s’il est évident que les gros pétards sortiront du lot au fur et à mesure que le 31 décembre approche», indique le responsable du rayon pétards dans un supermarché à Quatre-Bornes. Comme chaque année, René Merle, un retraité de 62 ans, prévoit chaque année un budget de Rs  1500 à Rs 2000 pour l’achat de pétards et de feux d’artifice pour ses petits-enfants. Il n’en reste pas moins que les prix affichés le poussent à revoir son budget. «Je n’ai pas l’habitude de dépenser énormément d’argent pendant la période de Noël pour les pétards. Cette année, c’était zéro roupie pour la Noël! Je réserve mes économies pour le réveillon, parce que les prix ont augmenté. Mes petits-enfants devront donc se contenter du minimum cette anné », nous confie René Merle.

Les importateurs commandent deux types de pétards et de feux d’artifice: pour les familles et pour les grands événements. Sauf que cette année, les hôtels qui sont durement touchés par la crise n’ont pas dépensé des sommes astronomiques pour la Saint-Sylvestre. «On a un stock de feux d’artifice de l’année dernière qu’on utilisera», nous confie le directeur d’un groupe hôtelier situé dans l’Ouest de l’île.