Les membres de l’Organisation des Verts Fraternels se sont réunis pour la troisième année consécutive afin de rendre hommage aux disparus « ayant mené un combat continu pour la justice sociale et pour faire entendre la voix des descendants d’esclaves », lors de l’Eli Michel Memorial Lecture. L’occasion aussi pour la Green Reparations Foundation, créée dans l’optique de lutter contre les crimes de l’esclavagisme et demander réparation pour les descendants d’esclaves, de faire part des dispositions prises pour mener une action en justice afin de réclamer réparations, avec comme premiers objectifs de retracer l’arbre généalogique et de procéder à des tests ADN des descendants d’esclaves.

La Green Reparations Foundation a fait son cheval de bataille le besoin de reconnaître les injustices causées aux descendants d’esclaves sous l’ère coloniale. Pour réclamer réparation, la fondation se prépare pour son action en justice contre des institutions créées pendant cette période. Pour ce faire, et pour étoffer son dossier, la Green Reparations Foundation préconise de retracer l’arbre généalogique et d’avoir recours à des tests ADN pour les descendants d’esclaves. C’est en tout cas ce qu’a expliqué le Dr Didier Michel, secrétaire de la fondation, lors de ce rassemblement des Verts Fraternels hier au restaurant La Chaumière, à Rose-Hill.

« Depi fevriye, lor de nou rasanblema Zardin Konpani, nou ti deza anonse ki nou pu intant enn aksyion an zistis kont bann institisyon kinn anrisi lor ledo esklav. Zot ena enn responsabilite anver nou », a lancé le Dr Didier Michel, de la Green Reparations Foundation. Il a ainsi rappelé les tentatives de communications avec des institutions concernées, comme le Mauritius Turf Club et la Mauritius Commercial Bank, qui sont restées vaines.
Pour rappeler que la fondation est dans « le droit chemin », il a fait état des initiatives prises par des décideurs et autres institutions mondiales reconnues pour réparer l’injustice causée lors de la période de l’esclavage. « Evanston dan Chicago inn met enn bidze Rs 10 M lor enn period 10 an pou repar bann krim kont lesklavaz. Liniversite Glasgow, Lekoss, inn desid pou ofer bann bours a bann etidian Karaib ek enn bidze Rs 20 M liv sterling, ou ancor gouvernma Zamaik ki pe reklam Rs 10,6 miyar gouvernma britanik pou komers esklav. Presidan Etazini, Joe Biden, inn proklam enn lalwa lor abolisyon esklav ki observe le 19 zwin, ki vinn enn zour ferie ! » La fondation compte aussi organiser une manifestation le 23 août, décrété Journée internationale du souvenir de l’abolition de la traite négrière et qui, selon Sylvio Michel, président des Verts Fraternels, « pourrait se faire devant la MCB ».
Lors du rassemblement d’hier, l’organisation des Verts Fraternels a aussi procédé à l’Eli Michel Memorial Lecture, avec des témoignages sur les disparus « ayant mené une lutte continue pour la justice sociale dans le pays », à l’instar d’Eli Michel, fondateur et figure de proue de l’organisation. Un hommage rendu pour près de 50 ans de lutte et parsemés de grèves de la faim et de marches pacifiques pour prendre position sur divers événements ayant marqué le pays, à commencer par les sinistrés de la bagarre raciale en 1968 ou encore l’émancipation de la langue kreol.

Sylvio Michel a fait part des efforts fournis pour la mise sur pied de la commission Justice et Vérité. « Enn komisyion ki Paul Bérenger ek sir Anerood Jugnauth pa ti le. Toutfwa, 2 011 rapor inn soumet. Xavier-Luc Duval ti responsab komite ministeriel pou inplemant bann rekomandasyon inn fer. Lor 100 rekomandasyon ti swazir zis 19. La si tou seki ti synbolik me problem lamizer pann touss ditou. Ziska zordi pann fer narien ! »
À noter que l’organisation a aussi eu l’occasion de lancer son site Internet. Une plateforme pour regrouper les défenseurs des droits des descendants d’esclaves et ceux qui luttent pour l’écologie et la justice sociale dans le pays.