Les résidents britanniques totalement vaccinés seront bientôt dispensés de quarantaine à leur retour en Angleterre en provenance de nombreux pays placés sur liste « orange », dont des destinations touristiques comme la France, l’Espagne ou l’Italie, a annoncé jeudi le gouvernement britannique.

Cette mesure, qui s’inscrit dans le cadre de la levée des dernières restrictions liées au coronavirus au Royaume-Uni prévue le 19 juillet, baptisé « jour de la liberté », était réclamée de longue date par les professionnels du tourisme, sévèrement touchés par la pandémie.

A partir de cette date, « les résidents britanniques totalement vaccinés (…) ne devront plus s’isoler à leur retour en Angleterre », a déclaré le ministre des Transports, Grant Shapps, devant les députés. Les voyages vers les pays « orange » ne seront plus non plus déconseillés.

Les enfants, qui ne pas encore inclus dans la campagne de vaccination au Royaume-Uni, échapperont également à la quarantaine allant jusqu’à dix jours.

Un test réalisé 72 heures maximum avant le départ et au deuxième jour après l’arrivée continuera d’être exigé.

Afin d’accueillir à nouveau des voyageurs étrangers, cette approche devrait être étendue « plus tard cet été » aux passagers en provenance des Etats-Unis ou de l’UE, a précisé Grant Shapps.

Jusqu’ici, plus de 64% des adultes au Royaume-Uni ont reçu deux doses d’un vaccin anti-Covid, et 86% une première dose. L’objectif est de vacciner totalement tous les plus de 18 ans d’ici mi-septembre.

Malgré l’avancement de la campagne de vaccination, le pays est confronté depuis plusieurs semaines à une envolée des contaminations attribuée au variant Delta. Déplorant plus de 128.000 morts, le Royaume-Uni a enregistré mercredi près de 32.600 cas quotidiens, un plus haut depuis janvier.

Les voyageurs venant de pays placés sur liste « rouge » continueront d’être soumis à une quarantaine à l’hôtel, aux frais du voyageur. Les personnes arrivant de pays sur liste « verte » étaient eux déjà dispensés de quarantaine.

Cette annonce intervient alors que plus de 120 scientifiques et médecins de part le monde ont exprimé leur inquiétude quant à la réouverture totale de l’Angleterre.

Dans la revue médicale The Lancet, ils appellent le gouvernement à revenir sur ses projets qu’ils qualifient d' »expérience dangereuse et contraire à l’éthique ».

En permettant la contamination de millions de personnes, surtout les jeunes non vaccinés, « cette stratégie risque de créer une génération confrontée à des problèmes de santé chroniques et des infirmités, avec un impact personnel et économique risquant de se faire sentir pendant des décennies ».

Elle offre aussi un « terrain fertile » pour l’émergence de variants résistants aux vaccins et risque d’accentuer la pression sur les services de santé, le lien entre vaccination et hospitalisation ayant été affaibli mais pas « brisé ».