La députée de l’opposition, Joanna Bérenger, a effectué un premier déplacement mercredi matin dans les locaux de la fourrière de Vallée-des-Prêtres, accompagnée d’un jeune homme venu récupérer son chien et de quelques jeunes ayant à coeur la cause animale, afin de constater de ses propres yeux comment sont traités les animaux capturés. Elle en est ressortie abasourdie, dit-elle. Cette visite intervient une semaine après le rassemblement de quelques bénévoles devant les locaux de la Mauritius Society for Animal Welfare (MSAW), venus demander une visite et l’accès au registre suite aux informations reçues selon lesquelles plus de 300 chiens seraient morts dans des conditions atroces. Accès qui leur avait été refusé une fois de plus.

«Ce que j’ai vu est horrible, inhumain. Les chiens, au nombre de 23, étaient visiblement faméliques, squelettiques. Certains étaient inanimés, gisaient à même le sol pendant que d’autres leur marchaient dessus. Ils étaient peut-être déjà morts», affirme Joanna Bérenger. Les images qu’elle partage sur les réseaux sociaux parlent d’elles-mêmes. D’abord interdite d’accès, la députée du No 16 a dû insister pour que les portes ordinairement hermétiquement fermées de la fourrière s’ouvrent timidement. «J’ai demandé à visiter les kennels. Comme ils ont imposé ceux de droite —en d’autres termes là où sont gardés les chiens récemment capturés — à cet homme venu récupérer son chien qu’il n’a pas vu d’ailleurs, j’ai demandé à voir ceux de gauche, ceux qui ont été capturés il y a un certain temps déjà. C’est dans cette zone que je m’y suis particulièrement attardée et où j’ai pu avoir une vision plus complète de la réalité. Cela confirme les soupçons des ONG qui, eux, ont été interdits d’accès. On connaît maintenant les raisons. D’ailleurs, on se demande pourquoi le téléphone n’est pas autorisé dans leurs locaux. Moi, j’ai maintenu que je garderais le mien. Je constate amèrement que la malnutrition est bien une réalité à MSAW», a-t-elle déclaré. Demandant des explications à Mme Gungah, Officer in Charge à MSAW, concernant les 300 chiens, elle aurait eu comme réponse: «Non, tout ça est faux, les 300 chiens sont là.»

«Elle sous-entend que les ONG sont de mauvaise foi. Moi, j’ai bien vu qu’il y avait une centaine de chiens. Cette dame m’a aussi affirmé que les chiens squelettiques sont bien nourris et qu’elle peut me le prouver. Visiblement, on n’a pas la même logique, le même raisonnement, on n’est pas du tout sur la même longueur d’onde», dit-elle.

Après cette visite inopinée, Joanna Bérenger demande une rencontre avec le ministre Maneesh Gobin afin de lui lancer un appel pour l’amendement de l’Animal Welfare Act afin de permettre aux ONG de reprendre les chiens capturés ainsi que l’implémentation de la stérilisation en masse par, précise-t-elle, des professionnels.

«Il y avait la possibilité de faire venir des Vets beyond boarders, mais leur aide a été refusée. De même que le contrat avec le HSI n’a pas été renouvelée. J’espère que cela ne s’est pas fait dans le but de favoriser certains petits copains. Le Parlement est fermé jusqu’au mois de mars. Donc, je demande à avoir une rencontre avec le ministre, quoique je sais que le bien-être des animaux ne semble pas être un sujet qui lui tient à coeur. Mais j’ai quand même espoir. Et puis, je veux savoir où va l’argent des contribuables».