VIVIAN GUNGARAM

Le président de l’Association mauricienne d’Athlétisme (AMA), Vivian Gungaram, a été à la base de ce retour de la manivelle du Comité international olympique, contre certains amendements que voulait faire passer le Comité olympique mauricien (COM). Il a d’ailleurs été le seul, lors de l’assemblée générale annuelle du 3 septembre dernier, à exprimer son désaccord sur plusieurs points. Il se dit satisfait que sa démarche a permis de rétablir la démocratie et dans les règles surtout. Dans l’entretien qui suit, Vivian Gungaram répond, sans détour, à nos questions. Selon lui, si le COM est descendu à ce niveau, c’est parce que son administration a failli dans sa tâche.

Le président du COM a annoncé le renvoi des élections pour 2021. Quelle est votre  réaction par rapport à cette décision ?
— C’est une bonne décision que Philippe Hao Thyn Voon ait fait machine arrière en permettant d’abord aux fédérations de tenir leurs élections avant de procéder à celles du COM. C’est ce que j’ai d’ailleurs demandé depuis le départ et qui était somme toute plus logique.

Le CIO vous donne aujourd’hui raison sur plusieurs points que vous avez été le seul à soulever le 3 septembre dernier. Cela vous conforte-t-il dans votre combat ?
— Evidemment que cela me conforte. On ne peut d’ailleurs faire des amendements aux statuts COM qui sont contraire aux directives du CIO. A titre d’exemple, le CIO a demandé de rétablir les élections pour constituer la Commission des athlètes. Cela, afin que ses représentants aient le plein pouvoir. Malheureusement, cela n’aurait pas été le cas avec la nomination qui était préconisée initialement par le COM.

Est-il normal que des dirigeants sportifs ne trouvent rien à dire alors que la démocratie est menacée ?
— Il m’est difficile de comprendre l’attitude de certains dirigeants. Je suis de ceux qui croient fermement que lorsque quelque chose va mal, il faut avoir le courage de le dire et sans aucune arrière pensée. Dire la vérité ne veut pas dire qu’on est contre la personne. Au contraire, c’est pour l’aider à voir plus clair. On ne peut rester silencieux de peur de déplaire à la personne. Ça, ce n’est pas normal.

Selon vous, quel est le problème actuel du COM, vous qui êtes au service du sport depuis des décennies ?
— L’administration du COM a failli dans sa tâche et c’est cela le plus gros problème. Sportivement, on ne peut réussir sur le plan technique si l’administration ne marche pas. Et c’est le cas justement au COM et ce, à tous les niveaux. Prenons l’exemple des soutiens offerts par la Solidarité olympique. Si l’administration avait pris les dispositions nécessaires pour aider les fédérations, Maurice aurait bénéficié de plusieurs actions. Or, tel n’a pas été le cas. J’ajouterai que le président du COM n’est pas le seul à blâmer, mais tout son entourage. D’ailleurs, Philippe Hao Thyn Voon a avoué, lors de l’assemblée de vendredi, que les amendements de 2017 n’ont jamais été envoyés au CIO. Il a aussi reproché aux membres de son exécutif de ne pas lui avoir donné « un coup de main ».

Pensez-vous que le changement est possible ?
— Le changement est possible, mais pas avec Philippe Hao Thyn Voon à la tête du COM. Il demande de lui donner une nouvelle chance en lui faisant confiance pour un nouveau contrat de quatre ans. Quatre ans pour faire quoi ? Sa démarche aurait été plus crédible s’il était venu avec un plan bien établi. Malheureusement, il ne l’a pas fait et ça, on ne peut pas l’accepter. Ce n’est pas bon pour le sport. Il est aussi important d’avoir un bilan pour aspirer à un autre mandat. Le monde sportif et la population saura tirer sa conclusion.

Vous avez annoncé un départ graduel de l’athlétisme. Pourquoi cette décision ?
— D’abord, je ne suis plus jeune. Je dois prendre du recul par rapport à toutes ces années que j’ai consacré au service du sport. Aussi, il est important, pour un sportif ou un dirigeant, de savoir partir au bon moment. Pa atann gayn kout pye pou ale ! Tant que je resterai, que ce soit en tant que président ou secrétaire, je ferai de l’ombre aux autres. Ils doivent savoir saisir l’opportunité qui leur est offerte de poursuivre le travail. Je serai là pour les conseiller.