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La Wakashio Assistance and Support Cell a animé lundi une réunion avec différentes Ong en vue de venir en aide aux personnes affectées par la pollution du Wakashio. Selon le président, Charles Cartier, cette première rencontre visait surtout à être à l’écoute de ceux qui sont sur le terrain et d’identifier leurs besoins. Un plan d’intervention sera par la suite élaboré.

Charles Cartier, en présence de Sarah Currimjee et de Menon Munien, entre autres, a présenté le mandat de la Wakashio Assistance and Support Cell aux représentants des Ong. Il s’agit ainsi notamment d’être à l’écoute des partenaires, de définir les critères et le cadre d’intervention, et d’établir les lignes directives pour un plan d’ensemble. Selon Charles Cartier, 75 personnes issues de différentes Ong étaient présentes à Blue-Bay lundi dernier pour ce premier contact. « Il s’agissait surtout d’écouter les partenaires. Jusqu’ici, il y a eu beaucoup d’initiatives qui ont été prises dans l’urgence. Aujourd’hui, il faut une coordination et établir le travail dans le long terme. Il faut une synergie entre les Ong et le service public. »

Suite à cette rencontre, les Ong seront regroupées selon leurs domaines d’intervention. Le travail continuera par la suite au niveau des différents secteurs pour, finalement, venir avec l’élaboration d’un plan d’ensemble. À une question du Mauricien relative au délai accordé pour atteindre cet objectif, Charles Cartier a simplement déclaré que tout sera fait « de façon assez immédiate ». Et de préciser que le gouvernement est déjà venu de l’avant avec plusieurs mesures d’urgence pour une assistance financière aux personnes affectées. « Notre travail se fera en deux étapes. Il faut d’abord écouter pour identifier les besoins et, ensuite, planifier l’intervention. Il s’agira surtout d’agir sur le long terme. »

Des personnes ayant assisté à cette rencontre n’ont pas caché leur étonnement de voir autant d’Ong représentées, dont certaines ne sont pas actives dans la région du sud-est, ou qui opèrent dans des domaines d’interventions sans relation avec l’actualité du jour. D’autres disent avoir noté une « pointe d’ego » chez certaines Ong, « chacune étalant son savoir », et se demandent si le travail d’équipe pourra se faire.

Patricia Adèle-Félicité, secrétaire générale de Caritas, était également présente. Tout en appréciant l’initiative, elle dit noter que « ça part un peu dans tous les sens » et souhaite qu’on élabore une stratégie pour établir clairement dans quelle direction aller. « Chacun est venu présenter un peu ce qu’il fait et il faut maintenant savoir comment mettre tout cela ensemble. J’ai beaucoup entendu parler de distribution de “food pack”, mais je pense qu’il faut aussi penser à des projets alternatifs pour permettre aux personnes d’être autonomes. Il faudra aussi un bon monitoring de tout cela », dit-elle.

Elle accueille cependant favorablement l’initiative du gouvernement d’organiser prochainement deux “job fairs” à Mahébourg. De même, le centre IVTB proposera une formation. Elle se demande cependant si les personnes concernées auront les moyens de s’y rendre. Pour Eric Mangar, du Mouvement pour l’autosuffisance alimentaire, également présent, « il faudra penser à un plan d’ensemble si on veut améliorer la vie des personnes affectées ». Selon lui, il faudra considérer le réaménagement du territoire, car beaucoup de personnes vivant en bord de mer sur la côte sud-est « ont des maisons abîmées par les fissures ». Il plaide également pour que les pêcheurs diversifient leurs activités, « comme c’est le cas à Rodrigues ».