Photographe émérite né de mère anglaise et de père mauricien, Paul Choy n’a pas fini d’étonner. Son nouveau défi intitulé Walk Mauritius consiste à marcher dans tous les endroits de Maurice, comme pour redécouvrir l’île après son déconfinement et de s’imprégner des émotions de ses habitants pour ensuite raconter ses histoires en images. Le pari est audacieux puisqu’il cumulera le tour de Maurice en 20 étapes et gardera l’essentiel de ces scènes de vie qu’il composera à sa manière sous forme d’album pour permettre au monde entier de découvrir les merveilles que Maurice peut offrir.
Le Mauricien l’a rencontré mercredi sur la plage de Grand-Baie, où il s’apprêtait à démarrer sa marche de Grand-Baie à Pointe-aux-Piments, Terre-Rouge, Port-Louis, Albion, Tamarin, Case-Noyale, Le Morne, Bel-Ombre, Surinam, L’Escalier, Mahébourg, Ferney, Pointe-du-Diable, Bel-Air, Trou-d’Eau-Douce, Poste-de-Flacq, Poste-Lafayette, Poudre-d’Or, avant de regagner Grand-Baie le 28 juillet. Cet événement bénéficie du soutien de Sanlam, Axess, Fujifilm, Constance Hotels & Resorts et la Mauritius Tourism Promotion Authority.
La raison derrière cette démarche, Paul Choy l’explique avec un accent fluide : « We have been experiencing two months of lockdown and it’s time to learn how to be a mauritian by simply discovering the awesome scenery around us. It’s like walking through the circle of life. » Le photographe se dit d’emblée « conquis par la gentillesse des gens », et ce dès son premier jour de marche à Grand-Baie. Il insiste au passage : « Nous avons la chance de vivre dans un beau pays pluriculturel avec des cultures et des modes de vie différents. J’ai photographié dans le monde entier, mais le faire dans mon pays est encore plus émouvant. »

Vibrations énergétiques

Faire partager aux Mauriciens sa passion de la photographie en les invitant à le suivre sur les réseaux sociaux et sur le site Internet walkmauritius.com. est un challenge qui lui trottait dans la tête depuis le “lockdown”. Ce qu’il sonde dans ses clichés, c’est l’âme de ses habitants, leurs émotions qu’il recueille sous forme d’histoires visuelles et qu’il partage avec la terre entière, et ce porté sur cet émerveillement. Bourlingueur, Paul Choy a voyagé dans plus d’une cinquantaine de pays de La Havane à Cuba. Parlant des pays nordiques et de ses voyages, il retient une leçon de vie. « It’s amazing to see all these countries but my heart has still remain that of a mauritian for the diversity of the people of different origins and culture. We have also an amazing landscope. Today as we are no more in lockdown, I am experimenting a wonderful journey of walking through Mauritius. Pour moi, le voyage a toujours été aussi important que la destination finale. Walk Mauritius, c’est renouer avec ce plaisir d’aller de découvertes en découvertes un pas à la fois, après des mois de confinement. »
En fin explorateur, Paul Choy est toujours à l’affût de nouvelles découvertes tout en ayant le don de son art en partage. Il récuse cet aspect de se prendre en photo, trouvant cela « inapproprié » et « inintéressant ». Il poursuit : « Je suis un capteur d’émotions et prendre une photo est synonyme de vibrations énergétiques qui proviennent de la place où des gens que je photographie. » Pour lui, la technique de la photographie est identique à un pont qui marie l’art et la technologie.
L’envie de photographier les gens, la nature, les paysages est née d’une lecture et de ses rencontres avec les photographes. Ensuite, il y a eu la volonté d’apprendre et de maîtriser le sujet. Paul Choy se raconte avec, dans la voix et dans les gestes, une profonde retenue. Lui, qui a vu le jour en Angleterre et qui a vécu en Europe, a préféré un matin de 2010 rentrer à Maurice, sa terre nourricière. Ce qui lui a plu dans cette démarche, c’est la découverte de ses racines et de la vie insulaire que renferme Maurice. Ambassadeur de Fujifilm Global Brand pour les appareils photo Fujifilm X-Series, Paul s’est senti pendant le confinement « more patriotic ». Il ajoute : « C’est un sentiment de protection envers mon île. »
Des expériences, il en a vécu des tonnes tout au long de sa vie, mais un des prochains projets qui lui tient à cœur est de se rendre en Afrique à la rencontre des tribus. « Je veux écouter leurs histoires, transmettre leurs émotions et leurs messages et faire en sorte qu’après ma mort, les gens se souviennent encore d’eux. In 50 years, those tribal people would be gone, we need a document, history and photos to perpetuate their memories », dit-il.