Dans une interview accordée au Mauricien en fin de semaine dernière, le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, a passé en revue la situation politique et économique du pays. Il se dit confiant que d’ici aux prochaines élections générales, les partis de l’opposition parlementaire seront de nouveau rassemblés sur une même plateforme. Il considère que le secteur privé a été trop tiède pour réclamer la vaccination de la population et devrait faire son Mea Culpa. Il se prononce contre toute idée de gouvernement d’unité nationale. « Je ne vois pas l’utilité d’un gouvernement d’unité nationale », déclare-t-il.

Vous assumez les fonctions de leader de l’opposition depuis deux mois. Comment se présentent ces nouvelles responsabilités ?
Je suis heureux que nous ayons une bonne coopération au sein de l’opposition à l’Assemblée nationale. Cela se voit. On travaille mieux qu’avant les dernières élections générales. Nous avons une analyse commune de la situation dans le pays et des problèmes auxquels nous sommes confrontés. Ce qui m’amène à dire qu’il y a peu de chose qui nous divise. Je suis persuadé qu’avant les prochaines élections nous aurons une opposition complètement unie face au gouvernement.

La coordination entre le groupe de trois (PMSD, MMM et Bodha) et Arvin Boolell du PTr se passe-t-elle bien ?
Nous avons une bonne coordination, non seulement avec Arvin Boolell, mais entre tous les parlementaires de l’opposition. Nous avons un groupe WhatsApp qui comprend tous les parlementaires de toutes les composantes de l’opposition, que ce soit du PMSD, du MMM, du PTr et Nando Bodha.

Comment se passent vos relations en tant que leader de l’opposition avec le Speaker ?
Il faut savoir que la Private Notice Question qui donne lieu à beaucoup de tensions est de nature conflictuelle. C’est une partie de travaux parlementaires qui est très suivie par les téléspectateurs, les auditeurs des radios et les internautes. Des dossiers extrêmement importants sont traités. Le gouvernement risque de perdre des points alors que l’opposition cherche à acculer l’exécutif à travers ses ministres. Les relations avec le Speaker ne seront jamais parfaites à Maurice où ce dernier et nommé par le gouvernement et n’a pas été élu. Dans une démocratie, je fais tout ce que je peux afin d’avoir l’espace nécessaire pour permettre à l’opposition de fonctionner.

Il y a quand même eu ces dernières semaines des confrontations violentes et des suspensions considérées disproportionnées…
La suspension brutale de trois de nos membres, et pas des moindres, a choqué la population d’autant plus qu’ils ont été suspendus pour une durée indéterminée qui peut aller jusqu’aux prochaines élections générales à moins que l’actuelle session parlementaire ne soit prorogée par le Premier ministre. Ces trois parlementaires soutenus par l’opposition vont en Cour suprême. Heureusement que nous avons un judiciaire indépendant. Le seul moyen de faire reculer le gouvernement ou le Speaker aujourd’hui est le recours au judiciaire. Je prie pour que ce judiciaire, le dernier rempart contre le totalitarisme, dure encore longtemps.

Personne ne nie que c’est à la suite de l’intervention de l’opposition devant la Cour suprême que les parlementaires de cette opposition ont réussi à obtenir leur WAP. Est-ce votre lecture ?
550 000 WAP avaient été remis aux Mauriciens et le Premier ministre avait considéré qu’il était impossible d’en remettre 26 aux députés élus de l’opposition. C’est un exemple flagrant de l’attitude dictatoriale, autoritaire et antidémocratique du gouvernement aujourd’hui. Le public a été témoin au grand jour du peu de considération qu’a le gouvernement pour l’institution parlementaire, symbole par excellence de la démocratie parlementaire. C’est une indication claire de ce qui peut se produire si l’opposition n’est pas vigilante. Ce n’est pas par hasard que l’institution suédoise, V-Dem, a classé Maurice sur la liste des dix pays démocratiques qui montrent des signes d’autocratisation.
On a vu dans le passé la tentative d’enlever tous les pouvoirs du DPP. Pour la première fois dans les annales depuis l’indépendance, on a vu que le directeur de l’Audit s’est vu refuser l’accès à des documents extrêmement importants d’une valeur de Rs 18 milliards et a été incapable de faire son travail concernant le Safe City qui, d’ailleurs, est une catastrophe. Le classement obtenu par Maurice sur l’indice de V-Dem devrait être utilisé comme un signal d’alerte. L’État de droit, la démocratie ne sont pas un luxe, mais une nécessité. Sans notre État de droit ou la démocratie, l’économie s’écroulera et les investisseurs étrangers nous délaisseront. Nous nous retrouverons comme beaucoup de pays de la région avec un gouvernement qui s’enrichit de jour en jour et une population qui s’appauvrit. La démocratie, le respect des institutions sont des conditions sine qua non pour assurer la stabilité dans tout le pays.

En tant que leader de l’opposition, y a-t-il une communication entre le Premier ministre et vous ?
Il n’y a pas vraiment de relations et de communication. Il me consulte par voie de lettre lorsqu’il s’agit des nominations, mais c’est à peu près tout. Quelque temps avant le confinement, il m’avait appelé. Toutefois, il n’avait pas répondu à ma lettre concernant l’octroi des WAP aux parlementaires de l’opposition. Ce qui, à mon avis, constituait un manque de respect pour l’opposition.

Que comprenez-vous par le classement de Maurice dans le groupe de pays qui s’orientent vers l’autocratie, selon V-DEM ?
Cela veut dire que tous les pouvoirs sont concentrés entre les mains d’une seule personne et que les institutions sont devenues des instruments entre les mains de cette personne au lieu d’être des moyens de “check and balance”.

Est-ce que c’est le cas au cabinet ?
Dans le système mauricien, le Premier ministre a tous les pouvoirs au cabinet. C’est lui qui détermine l’agenda, comme lorsqu’il n’y a pas de vote au conseil des ministres. C’est lui qui décide s’il y a consensus au pas. Est-ce que le cabinet a dit oui ou a dit non ? C’est lui qui décide. C’est le Premier ministre qui nomme les ministres et les révoque. C’est lui qui approuve tant de choses concernant directement les ministres. Ce qui explique que très peu d’entre eux ont le courage d’élever leur voix au conseil des ministres.

Le groupe des trois composantes de l’opposition a constitué un comité du budget et de l’économie qui s’est rencontré pour la première fois la semaine dernière. Pouvez-vous nous en parler ?
Ce groupe a été constitué à l’initiative de Paul Bérenger et de Nando Bodha. Cette équipe nous permet d’avoir une réflexion plus approfondie sur la situation économique dangereuse dans laquelle se trouve le pays aujourd’hui. Le constat général sur le plan économique est que le pays semble égaré. Nous ne savons pas où nous allons. Il n’y a aucune vision, pas de réflexion économique, pas de stratégie économique. Nous avons perdu les atouts fondamentaux que nous avions à l’époque. Aujourd’hui, nous avons un gouvernement qui taxe fortement, mais qui gaspille et dépense beaucoup.

Avez-vous eu l’occasion de faire un état des lieux de l’économie du pays ?
La première chose qu’on devrait se demander aujourd’hui est si les institutions sont en mesure de soutenir nos ambitions. Je pense que non. Notre secteur financier est actuellement sur la liste noire de l’Union européenne et la liste grise du FATF parce que nos institutions ne sont pas à la hauteur de la surveillance qu’il aurait fallu avoir dans ce secteur. Le secteur touristique est en crise. Les institutions qui sont supposées soutenir ce secteur ont été réduites à une blague.
Dans le secteur sucrier, on continue à tourner en rond. On peut faire pratiquement le même constat dans tous les secteurs clés du pays. Par contre, nous avons dans le pays des problèmes sérieux qui affectent notre qualité de vie dont la drogue, la dégradation du produit touristique, la productivité de la main-d’œuvre, la qualité et le soutien de nos entrepreneurs, l’innovation, les institutions financières, etc. Tout cela représente un énorme défi pour le gouvernement.

La dette semble avoir atteint un niveau sans précédent selon Moody’s…
La dette a atteint 83% du PIB qui, par ailleurs, se rétrécit. J’étais ministre des Finances lorsque Maurice est passé de Baa2 à Baa. C’est avec beaucoup de tristesse, voit-on, que malgré le bon travail qu’on avait accompli à l’époque, on soit retombé à Baa2. Il faut aussi faire ressortir que Moody’s nous a mis sur un “negative outlook” avec la possibilité qu’on sorte de Baa2 pour passer à Baa3 qui n’est pas loin du “junk status”.
La situation est grave. À vrai dire, le gouvernement a pris un gros risque en finançant ses dépenses à partir d’une ponction énorme venant de la Banque de Maurice. Il a obtenu un montant de Rs 158 milliards équivalant à une année complète des dépenses du gouvernement. Les observateurs des institutions financières sont inquiets de la situation. L’argent a été pris pour faire quoi ? Pour construire des bâtiments et des routes à droite et à gauche. La marge de manœuvre du ministre des Finances pour le prochain budget est extrêmement limitée, sauf s’il a recours encore une fois à la Banque de Maurice comme bailleur de fonds et comme tiroir-caisse. Si les institutions mettent une fin à l’utilisation des réserves du pays pour financer les dépenses publiques, le ministre des Finances aura beaucoup à faire pour soutenir des dépenses budgétaires.

Que comptez-vous dire au FMI dans le cadre des consultations annuelles avec cette institution ?
Il est de coutume que le FMI consulte le leader de l’opposition lors de ses missions dans le cadre de l’article 4. Ce rendez-vous est prévu pour le début de mai. Bien entendu, les consultations se feront par voie digitale. J’ai l’intention de leur dire tout ce qu’il faut sur ce qui se passe dans le pays et de vérifier et contre-vérifier les chiffres qui leur sont fournis, surtout concernant les prévisions trop optimistes faites par le gouvernement, et de ne pas avoir peur de dire ce qu’il faut dire.
Jusqu’à maintenant, le FMI ne s’est pas encore manifesté concernant l’utilisation abusive des fonds de la Banque de Maurice pour financer les dépenses courantes. Nous nous attendons à ce qu’il rectifie le tir et passe un message fort au gouvernement. Ce dernier n’écoute personne à Maurice et les institutions sont devenues des béquilles. Il nous faudra passer par le FMI pour faire comprendre les réalités des chiffres au gouvernement.

Certains députés de l’opposition se sont montrés très critiques par rapport à la création d’un nouvel instrument pour le financement de la construction de maisons par la NHDC. Qu’en pensez-vous ?

C’est une nouvelle institution qui opérera en dehors du cadre financier des dépenses publiques par le Consolidated Fund, mais gérée par une compagnie privée qui choisira qui sera son auditeur. Ce ne sera certainement pas le Directeur de l’Audit. Dieu seul sait comment sera la gouvernance. Nous avons vu les fonds de Mauritius Telecom être dévalisés ou utilisés pour financer des projets à vocation électorale comme le MUGA. Nous n’avons aucune garantie quant à la bonne gouvernance. Il y aura des milliards de roupies dépensées. Les recrutements et les procédures de Procurement seront opaques. Le ministre a refusé de donner des précisions concernant le cadre dans lequel cette entreprise sera gérée. Ce qui est de très mauvais augure. Ce sera probablement une compagnie comme ATOL ou MIC pour laquelle le gouvernement a refusé de donner des renseignements à l’Assemblée nationale.
Ce sera la même chose pour le logement. À quel prix ces maisons seront construites, qui obtiendront les contrats ? Quel passe-droit, quel gaspillage, quelle corruption ? Finalement, à qui bénéficieront les logements après ? On utilisera l’argent public pour confier le projet à des compagnies privées. Comme c’est le cas pour Metro Express, on n’aura aucune idée des dépenses. Ils sont capables de faire n’importe quoi.

Vous vous êtes beaucoup intéressé à la gestion du confinement en tant que leader de l’opposition. Quelle est votre évaluation ?
Je n’ai pas eu de gros problèmes avec la façon dont nous avons été confinés sauf qu’il n’y a pas eu de préavis. Je ne suis pas d’accord qu’on confine les Mauriciens le soir pour le lendemain. Je n’ai pas été d’accord avec la façon dont les WAP ont été distribués.
C’est une façon discriminatoire de traiter les Mauriciens. Certains l’ont eu rapidement. D’autres attendent jusqu’à maintenant. Ce n’est pas normal. Il aurait été plus simple de le faire par catégorie. Tout le monde aurait été logé à la même enseigne dépendant de ses activités. Je ne suis pas satisfait du tout. Une fois qu’ils ont distribué 550 000 WAP, il n’y a eu aucun contrôle dans les entreprises afin de s’assurer que des mesures de base de sécurité sont respectées. On aurait dû autoriser depuis le départ les Mauriciens à faire des exercices, etc. Je ne suis pas contre le principe du confinement, mais la manière dont il a été mis en œuvre.
Ce qui m’a surtout choqué est le fait que nous n’avons pas réussi à commander à temps les vaccins alors que nous avions attiré l’attention du gouvernement depuis août de l’année dernière. Nous lui avions demandé de précommander des vaccins comme beaucoup de pays qui sortent aujourd’hui de la COVID parce qu’ils ont été prévoyants. Nous avons été logés à la même enseigne que les pays pauvres, voire très pauvres.
Nous nous sommes contentés des facilités du Covax, et ce n’est qu’après ma dernière question parlementaire en décembre que le gouvernement a commencé à s’activer et en janvier pour ensuite aller mendier ici et là. Nous remercions l’Inde pour l’aide qu’elle nous a accordée. Toutefois, elle ne peut pas se sacrifier éternellement en raison de l’incompétence des ministres mauriciens. Elle connaît elle-même des milliers de morts par jour. Nous sommes d’ailleurs très sensibles à ce qui se passe dans ce pays et présentons aux autorités et tous ceux concernés nos sympathies. Nous avons eu un petit don de la Chine. Il y a encore certaines interrogations concernant ce vaccin. Nous attendons le vaccin Sputnik. Toutefois alors que nous avons déjà signé un accord de principe, nous ne connaissons pas la date de livraison.
Tout porte à croire que nous ne sortirons pas de la crise avant octobre. Nous n’avons pas pour le moment de vaccins pour la première dose. Le ministre a fait des déclarations concernant la possibilité de vacciner 10 000 à 12 000 personnes, voire 15 000 par jour. Nous ne sommes pas loin pour l’instant alors qu’il n’y avait que 3 000 aux 4 000 personnes récemment. Nous sommes dans une situation grave concernant les vaccins par la faute du gouvernement. Il y a pire que cela lorsque le gouvernement a reçu 424 000 doses excluant les 100 000 vaccins chinois. Le vaccin était réservé à des gens en bonne santé qui avaient des WAP et qui pouvaient se déranger et aller jusqu’aux hôpitaux.
Je connais des vieux, des malades, des diabétiques, des dialysés qui se sont présentés pendant cette période dans les hôpitaux et on les a refoulés. Il est connu dans le monde entier que la priorité pour les vaccins doit être donnée aux Health Workers, aux personnes très âgées et avec des comorbidités. C’est ce que font tous les grands pays et c’est ce que disent les directives de l’OMS publiées en novembre 2020.
On est tombés sur la tête et je ne comprends pas comment Maurice a pu prendre cette voie suicidaire. Même la grande négligence dont nous avons été témoins s’est répercutée sur les pauvres dialysés et sur les gens qui ont le cancer, etc. Si on pouvait vacciner tous les vieux, même sans arriver à vacciner toute la population jusqu’en octobre, on aurait pu envisager l’ouverture des frontières du pays. On est mal partis.

Les consultations prébudgétaires montrent que l’ouverture des frontières constitue une priorité pour le secteur privé mauricien. Est-ce que vous y croyez ?
Je suis déçu par certaines organisations patronales. Je leur ai parlé depuis des mois. Je leur avais expliqué que l’opposition réclame qu’on commande des vaccins et qu’on mette la pression sur le gouvernement. Il y a eu très peu de réactions de leur part. Elles se sont contentées simplement de demander la réouverture des frontières. C’est aujourd’hui qu’elles se réveillent pour dire qu’il faut ouvrir les frontières, mais qu’il faut vacciner avant. Il y a aussi un mea culpa que les organisations patronales doivent faire. Elles n’ont pas été à la hauteur.
Est-ce qu’elles ont eu peur ? Est-ce qu’elles ont d’autres préoccupations ? Est-ce qu’elles ont le nez trop près du guidon ? Je ne sais pas. C’est trop tard aujourd’hui pour Business Mauritius ou l’AHRIM de venir dire qu’on aurait dû vacciner la population.

Donc, pas d’ouverture des frontières pour le moment ?
Ce serait de la folie que d’ouvrir les frontières dans la situation actuelle. Le pourcentage de la population qui s’est fait vacciner est de 16%. Ce qui est encore trop peu. Seulement 8% de retraités ont été vaccinés. Nous sommes encore une population à très grand risque vis-à-vis de la COVID-19. Ce serait suicidaire d’ouvrir les frontières maintenant.
Nous sommes obligés de subir et les dégâts économiques sont énormes. Les gens sont à bout de souffle, sont endettés. Le taux de chômage est de l’ordre de 10% et de nombreuses personnes sont au chômage technique. Les salaires ont été réduits dans de nombreux cas. Le tissu économique souffre. Plus ça dure, plus les dégâts irréparables seront causés à l’économie.

Êtes-vous de ceux qui disent que nous sommes en pleine crise sociale et économique ?
Le dernier rapport de Statistics Mauritius montre que plus de 40% des Mauriciens ont des problèmes pour payer les factures d’électricité. Que 75% des budgets des petites entreprises ont été réduits. Il faut aussi penser que pendant la période de confinement, la consommation de la drogue n’a cessé d’augmenter. Il y a des problèmes d’ordre familial, il y a eu beaucoup de cas de maltraitance domestique et de dépression, etc. Il y a une crise sociale qui est liée à la COVID. Le gouvernement a été incapable d’agir contre les trafiquants de drogue.

Maintenez-vous l’idée d’un débat sur la COVID au Parlement ?
Nous sommes le seul pays au monde où il n’y a jamais eu de débat sur la COVID et où l’opposition n’a pu présenter ses propositions. Les interpellations parlementaires ne sont pas un forum pour faire des propositions. On peut le faire dans la presse. On aurait préféré le faire au Parlement. Nous aurions analysé la situation actuelle, exprimé nos craintes et formulé des propositions. Le gouvernement aurait eu l’occasion de répondre, de discuter et dialoguer jusqu’à ce qu’on arrive à un consensus. Cela n’a pas été le cas.

Avez-vous été choqué par le Consultation Papers de l’ICTA ?
Il faut dire que la loi actuelle est très sévère. On peut facilement se faire interpeller et arrêter par la police. La loi prévoit des peines d’emprisonnement sévères si les commentaires sur les réseaux sociaux causent “annoyance”. Maintenant, on se retrouve avec la possibilité que le gouvernement intercepte tout ce qui est posté sur les réseaux sociaux et de bloquer toutes les critiques contre lui pour laisser passer les propagandes qui les arrangent.
Malheureusement, nous sommes dans un pays où nous ne pouvons faire confiance aux institutions, sauf au judiciaire. Le comité d’éthique n’a aucune valeur à mes yeux et ce n’est qu’une tentative de porter atteinte à la liberté d’expression. Si le gouvernement va de l’avant, il y aura du grabuge.

Devant la crise économique et sociale, certaines personnes se demandent pourquoi pas un gouvernement d’unité nationale. Qu’en pensez-vous ?
J’ai toujours été non seulement contre un Select Committee pour gérer la COVID, mais aussi contre la constitution d’un gouvernement d’unité nationale parce qu’on a besoin d’une opposition. Ce n’est pas à moi d’aller voir le gouvernement pour lui faire des propositions. On doit me donner un forum public où je peux m’exprimer. Il est facile d’inclure l’opposition dans un comité. On n’écoute pas ce qu’elle dit. On lui fait avaler n’importe quoi.
En fin de compte, nous sommes tous responsables de la situation et personne ne peut avoir un œil critique sur ce qui se passe. Je ne vois pas l’utilité d’un gouvernement d’unité nationale. Chacun doit prendre ses responsabilités.