Matthieu Dacruz, jeune étudiant du Collège du Saint-Esprit (CSE), et Karishma Ansaram, qui prépare un doctorat en Carbon Finance/Environmental Finance & Economics, en Europe, sont les deux Mauriciens qui ont participé, du 28 au 30 septembre dernier, au sommet Youth4Climate, à Milan. Une entrée en matière destinée aux jeunes activistes écologiques du monde entier, en marge du sommet mondial, COP26 qui se tiendra à Glasgow, en Écosse, du 31 octobre au 12 novembre prochain.

« Nous sommes bien, bien loin, tant Maurice que la plupart des pays du monde des objectifs planétaires définis. Et ces jours de travail pendant le sommet milanais, ainsi que le networking qui continue, dans le sillage de ce forum, nous permet d’étudier de plus près ces engagements, afin de les présenter aux décideurs politiques de la planète. Maintenant, s’ils les mettent en pratique : c’est un autre débat !» déclare demblée Matthieu Dacruz

De retour au bercail il y a quelques jours, l’étudiant du Collège du Saint-Esprit, évoque « une expérience unique et motivante. Enrichissante à plus d’un titre, et, bien sûr, à renouveler. Et surtout, une plateforme de rencontres, d’échanges et de dialogues avec des pairs du monde entier, qui m’encourage à aller encore plus loin dans mon engagement personnel et collectif.» La ville italienne de Milan était, du 28 au 30 septembre, la capitale de l’écologie. De fait, des jeunes activistes du monde entier y étaient réunis le temps du sommet mondial Youth4Climate.

« Plusieurs Work Groups avaient été élaborés.  Après un premier briefing d’entrée, nous avons, Karishma et moi, été affectés à deux groupes différents; elle pour l’axe Sustainable Recovery, et moi, dans le Nature Based Solutions. L’objectif étant, au bout de ces jours de travail collectif, qui se poursuivaient même quand on regagnait nos hôtels respectifs où on était logés, de produire sur une page, des résolutions qui seront présentées aux décideurs politiques en vue du COP26 à Glasgow, prochainement», ajoute-t-il.

Ce premier frottement international, représente pour M. Dacruz, « une expérience inimaginable et fortement enrichissante. En tant qu’activiste, on ne réalise souvent pas la portée de nos demandes et revendications. Ce sommet m’a permis de comprendre les enjeux réels et les priorités mondiales. Disons que je me suis retrouvé de l’autre côté de la barrière, où j’ai pris conscience des réalités techniques et matérielles. De ce fait, cela m’a aidé à devenir davantage précis et pointu dans mon approche et mon engagement. Ce ne sont plus des revendications que certains peuvent taxer d’utopiques, ou vagues. On s’est retrouvés avec une bande de jeunes réfléchissant et élaborant des projets concrets, viables financièrement et humainement. Pour moi, c’est un immense pas en avant que j’ai fait. Je suis sorti dans une bulle, allons le dire ainsi, pour agir de manière plus efficace.»

De plus, continue le jeune Mauricien, « ce sommet ayant été très Hectic et intense, se déclinant uniquement sur trois jours, c’était une opportunité unique où il fallait saisir les chances qui s’offraient à nous rapidement, sinon on est largués ! Ainsi,  comme nous passions le plus clair de notre temps, tous ensemble, dans les Work Groups, même les heures de déjeuner et autre, on se rendait pas forcément compte qu’il y avait parmi nous des célébrités, dont Greta Thunberg, symbole et icône pour beaucoup.» Matthieu Dacruz explique avoir « échangé quelques paroles, brièvement, avec Greta Thunberg. Je ne pouvais pas rater une telle occasion. Mais avec le planning super chargé qu’on avait, et le fait que c’est une personne très sollicitée, je n’ai pas pu avoir d’autres occasions de la rencontrer.» C’est, dit-il, « une personne d’une forte personnalité, c’est sûr, et quand on la rencontre, en vrai, elle est menue et parait toute fragile… Sur le coup, et encore une fois, parce qu’on était dans cette dynamique du sommet, cela ne m’a pas trop fait de l’effet. Mais après coup, je me suis rendu compte de ce qui s’était passé. J’en garde un beau souvenir.»

Ce qui a surtout marqué le jeune étudiant du CSE qui a brillé à ses examens de SC, « ce sont tous ces autres activistes du monde entier, et surtout ceux venant du continent africain. Ces jeunes femmes et hommes sont des monuments d’informations ! Ils ont une richesse en termes d’idées et de projets. Cela me fascine et m’a fortement encouragé à me lier à eux. J’ai passé beaucoup de temps à discuter et écouter plusieurs d’entre eux, dont l’Ougandaise Vanessa Nakate, qui, à mes yeux, est une activiste qui va aller très loin ! » Il explique: « nous avons désormais des groupes de travail virtuels. Nous avons encore du pain sur la planche, car nous avons jusqu’au 25 octobre pour présenter nos résolutions, pour chacun des groupes. »

Après cette coupure et cette plongée dans les urgences écologiques et environnementales du globe, Matthieu Dacruz confie qu’il « partage mon temps entre les sessions de travail online avec mes nouveaux amis, rencontrés à Milan, et mes études. Je suis en Lower VI et je dois rapidement me concentrer.»