Bridget et Juillette, le duo mère-fille

Entre la mère Bridget et la fille Julliette Bathilde, il existe une grande complicité, laquelle a donné naissance à une belle entreprise, ZistPuTwa. Comme un clin d’œil à une touche bien mauricienne, le tandem propose des produits divers, des bijoux et des sacs, en passant par les bérets.

Leur produit se veut à la fois estival de par la fraîcheur des couleurs choisies, et hivernal en gardant ce petit cachet de style à travers leurs bonnets et “earwarmers”. “Part-time-trainer” à la SME Mauritius en “creative jewellery”, Julliette a su insuffler le goût du beau. Sa mère Bridget, femme au foyer, donne le ton à travers les créations de leur entreprise. Une belle association mère-fille appréciée de la clientèle avec cette envie des deux de toujours se réinventer malgré la dure réalité de la COVID-19.

Âgée de 26 ans, Julliette Bathilde a étudié à l’Université de Maurice avec en poche un diplôme en beaux-arts et une spécialité en “printmaking”. Après un passage à la SME Mauritius, la jeune femme se découvre un talent pour la création de bijoux. Le fait de pouvoir travailler différentes matières de ses mains, de les manier à sa guise pour en faire des parures, permet du coup à Julliette Bathilde de s’adonner à sa passion pour l’art et la création. Elle est épaulée dans sa mission par sa mère Bridget, 53 ans, mère au foyer tout aussi douée. La particularité de Bridget repose sur sa connaissance du crochet. Ayant pu dans la même foulée suivre un cours à la SME Mauritius, elle décide avec sa fille de créer l’entreprise ZisPuTwa et le succès est immédiat.

S’il fallait décrire en peu de mots cette association mère-fille, on pourrait avant tout parler de bonne humeur et d’esprit d’équipe. Julliette se considère comme une perfectionniste, tout en disant avoir toujours tendance à se dépasser dans tout ce qu’elle entreprend. Elle considère sa mère comme étant le moteur de l’entreprise, avec cet entrain à faire bouger les choses.

L’entreprise ZistPuTwa, selon Julliette Bathilde, s’est construite pas à pas. D’abord par une formation poussée à la SME Mauritius, et par la maîtrise du crochet. « On a voulu valoriser les crochets en les embellissant avec des perles, des colliers et des pierres semi-précieuses pour leur donner plus de valeur. C’est comme cela qu’on a eu l’idée de faire des bijoux en crochet. » Julliette est visiblement dans son élément et dès qu’on lui parle de création, elle a déjà des idées qui fourmillent.
Quant à la brillante idée de nommer leur entreprise ZistPuTwa, Julliette Bathilde dira qu’il fallait une touche mauricienne pour valoriser leur business. Et que le nom ZistPuTwa rappelle aux clients que tous les objets créés par les Bathilde sont destinés à être portés par eux. Julliette et Bridget travaillent à leur domicile à Petite-Retraite, Flacq. Pour atteindre une plus grande clientèle, Julliette s’est tournée vers les réseaux sociaux dont Facebook et Instagram avant de faire la livraison des commandes par la poste. Pour parfaire leur technique de création, les deux femmes participent également à des foires organisées par SME Mauritius, NWEC et Women In Business.

À la base, ZisPuTwa avait débuté par la technique du crochet sous forme de bijoux, mais pour toucher à un plus large public, Julliette et sa mère ont choisi diverses déclinaisons. On trouve ainsi des “earwarmers”, des bérets, des bonnets, des bikinis, des sacs en crochet, des macramés. Une telle diversité dans le choix de la présentation de leurs produits qui ne pouvait que plaire à leur clientèle. Ne voulant rien perdre, mère et fille ont choisi d’utiliser divers matériaux comme les perles, les pierres précieuses pour rehausser leurs œuvres. « L’important est d’utiliser nos mains pour créer et avec la passion qui m’anime, ma mère et moi, on fait de petites merveilles très appréciées des clients. »

Avant leur aventure en commun pour la fabrication de bijoux, Bridget était une ancienne directrice d’école préprimaire, Les Boulis, à Bel-Air-Rivière-Sèche, avant de décrocher par la suite un “part-time job” comme baby-sitter. Julliette, elle, après son diplôme en poche en 2017, a exercé pendant trois mois le métier d’enseignante d’art dans un collège. Aujourd’hui “part time trainer”, à la SME Mauritius, elle dispense des cours en “creative jewellery”.

Optimisme et énergie

Optimiste et sentant son énergie décupler dans le monde de l’art, Julliette ne se contente pas uniquement d’enseigner, mais devient aussi une créatrice engagée. Elle traduit bien cela dans ses créations et prône le travail à la main. « La particularité de nos clients, c’est qu’ils sont à la recherche des accessoires simples, pas cher et faits localement à la main. » Et quand on lui demande ce que le travail en tandem mère-fille inspire, Julliette répond que cela les aide à se perfectionner et à s’encourager mutuellement. « On partage nos idées et nos inspirations, on fait cela devenir comme le dicton kreol : kan de lamin bate fer son. Tout cela pour dire qu’on trouve qu’à deux, on avance mieux. » D’ailleurs, leur premier bijou a été réalisé en tandem, Bridget exécutant la partie crochet et Julliette s’attelant au montage et à l’embellissement du bijou. « Pour notre premier bijou, notre idée était de refléter notre petite île paradisiaque en utilisant les couleurs blanc et turquoise. On a fait ensemble, ma mère et moi, une collection de bijoux en crochet sertis de pierres semi-précieuses turquoises. »

Si Julliette et Bridget ont pu parfaire leur technique de création, elles le doivent en majeure partie à la SME Mauritius qui leur a permis de promouvoir leur entreprise à travers diverses formations telles que “How to manage your business”, tout en leur offrant des opportunités de se faire connaître à travers les foires organisées. Julliette reconnaît que la pandémie a mis un frein à son business avec cette impossibilité de se produire dans des foires. Ce qui ne l’a pas empêchée pour autant de travailler sur sa collection de bijoux d’hiver comme les bonnets, les “earwarmers” et les “bun beanies”. Créatrice et artiste dans l’âme, elle dira que la tendance cette année, ce sont les bijoux dits fantaisie qui ont la cote par leur prix abordable et qui se portent en toutes occasions. « En 2021, le noir, le blanc, l’or et l’argent sont à la mode. »

Évoquant l’avenir des femmes entrepreneurs face à la pandémie de COVID-19, Julliette Bathilde trouve que les produits ont du mal à décoller. « Je viens de lancer mon entreprise en 2020, avant que la pandémie ne nous touche de plein fouet. Cette année, avec la deuxième vague, le problème est toujours présent. C’est grâce aux réseaux sociaux que les femmes entrepreneurs ont moins de difficultés. Women In Business est une belle plateforme pour encourager la femme entrepreneur. »
Déterminée à positionner ses produits dans la cour des grands, Julliette Bathilde conclura par ses mots. « Avec la COVID, on vit au jour le jour, mais notre rêve est de faire ZisPuTwa acquérir le renom, et surtout on veut agrandir notre entreprise. Notre ambition et notre rêve seraient d’avoir un emplacement et un espace créatif pour la vente de nos produits. »