En 2019, lors des Jeux des îles de l’océan Indien, le recordman de Maurice du 1500m, Mohammad Dookun, s’est offert la médaille d’or. Deux ans plus tard, la situation due à la pandémie de Covid-19 est venue changer les plans du coureur de demi-fond. Toutefois, celui-ci ne s’avoue pas battu et compte une nouvelle fois monter sur la plus haute marche lors des prochains championnats de Maurice en août.

Comme bon nombre d’athlètes de haut niveau, Mohammad Dookun a été contraint de s’éloigner des entraînements pendant plus de deux mois. « Ma localité se trouvait dans la zone rouge et l’atmosphère était parfois tendue, et comme je ne suis pas athlète à plein temps, j’avais des responsabilités professionnelles à respecter, sans oublier mes engagements envers ma famille », souligne Dookun.

Si en début d’année, soit en février, il a complété le 800m en 1’59″47 et plus récemment, soit le mois dernier, il signe une victoire au 3000m dans le temps de 9’14″50, soit très loin des ses performances habituelles. Il explique « qu’avant ces deux courses, je n’avais rien dans les jambes, aucun entraînement. Au 800m, la fédération m’a appelé afin d’aider un athlète et le même scénario pour le 3000m. En ce qu’il s’agit de ma dernière course, je suis satisfait de ma prestation. Au niveau de mon fitness, si j’avais une note à donner, ce serait 7 sur 10, mais avec mon entraîneur Jean-Luc Charron, nous sommes dans une phase de pré-préparation. »

Alors qu’il se prépare pour la première manche de la ligue de cross Vital qui a été renvoyée par l’Association mauricienne d’athlétisme, il déclare que « c’est à travers les journaux que j’ai appris ce changement. » Après avoir remporté les deuxième et troisième manches en 2020, Mohammad Dookun a terminé à la deuxième place lors des championnats de Maurice. « Avec mon entraîneur, nous ne nous sommes pas focalisés sur cette compétition. Mais si tout se passe bien aux entraînements, l’objectif restera les championnats de Maurice », fait ressortir le recordman du 1500m.

En ce qu’il s’agit de la jeune génération, Mohammad Dookun y porte un regard critique. « J’ai évolué avec les meilleurs de Maurice comme Paramasiven Sammynaden, Xavier Verny, Nicolas Boissèque, entre autres. Le plateau était à cette époque très relevé. Je ne dirai pas que la concurrence s’est éteinte au fil des années, mais je pense que les jeunes ne veulent pas oser. » Selon Dookun, c’est à l’Association mauricienne d’athlétisme de travailler afin de remédier à cela. « À la tête de la fédération, nous avons un ancien athlète qui connaît les rouages du demi-fond. Selon moi, des ateliers devraient, comme à l’époque, se tenir afin de changer les mentalités. Quand les choses autour de la Covid-19 s’amélioreront, j’espère qu’il y aura des changements positifs », nous dit-il.

À 28 ans, Mohammad Dookun reste réaliste en ce qu’il s’agit de son avenir. « Je n’ai plus la vitesse que comme quand j’étais plus jeune. Je pense qu’à l’avenir, je vais devoir m’aligner sur les distances plus allongées », conclut Mohammad Dookun.