Tout en réclamant un changement de mentalité auprès de certains employeurs pour qu’ils recrutent les personnes handicapées, la ministre de la Sécurité sociale et de la Solidarité nationale, Sheila Bappoo, a laissé entendre que ces dernières peuvent désormais, avec l’adoption de l’Equal Opportunities Act, avoir recours à l’Equal Opportunities Commission au cas où elles s’estiment victimes de discrimination. Elle a salué l’institution d’une base de données à son ministère et d’une éventuelle Disability Act.
« Pena okenn diskriminasyon a fer kont enn personn andikape si li ena so formasyon… Pena rezon kifer pa kapav pran li, mem si li andikape », s’est écriée la ministre Bappoo. « Bizin kontigne travay ankor pou ki ena enn sanzma mantalite. Ena ankor anplwayer ki senti zot mal a lez pou pran enn andikape… », a-t-elle ajouté.
La ministre intervenait à la Cyber Tower I, à la Cyber Cité d’Ébène, lors de l’ouverture hier d’un Job & Training Fair For Persons with Disabilities, organisé par son ministère en collaboration avec le Training and Employment of Disabled Persons Board (TEDPB), le ministère de l’Intégration sociale et la Mauritius Employers Association (MEF). Une quarantaine de firmes y ont participé.
Selon la ministre de la Sécurité sociale et de la Solidarité nationale, il nous faut pouvoir inclure les personnes handicapées dans le processus de développement du pays. « Mardi finn vot Equal Opportunity Act… Ou bizin kapav desorme ena rekour ar Equal Opportunities Commission… Dan enn sosyete modern kuma Moris, pena plas pou bann amployer ki fer diskriminasyon kont bann personn andikapé », a lancé la ministre.
Sheila Bappoo a expliqué que la campagne pour l’intégration des personnes avec handicap dans la société est une campagne sans fin. Elle a annoncé que dans ce contexte, a été lancée hier au niveau de son ministère une cellule spéciale qui entretiendra une base de données sur les handicapés à Maurice. « Cette base de données va nous fournir les informations nécessaires pour affiner notre politique et nos programmes en faveur des personnes handicapées », a ajouté la ministre de la Sécurité sociale. Des renseignements sur, entre autres, l’âge, le sexe, le niveau d’éducation et de formation, l’emploi, la mobilité, le type de handicap des personnes handicapées y seront compilés, a-t-elle précisé.
La ministre a, dans ce contexte, suggéré l’institution d’une cellule (Desk) entre les officiers de la National Empowerment Foundation et ceux du TEDPB pour faire un meilleur suivi de la formation et l’embauche des personnes handicapées.
Citant les diverses mesures prises en faveur des personnes handicapées, Sheila Bappoo a néanmoins plaidé pour que toutes ces actions soient visibles. « Bizin ki tou dimounn trouve ki sanzma pe aporte dans la vie de ces personnes », a-t-elle expliqué.
Dans son discours, le ministre de l’Intégration sociale, Suren Dayal, a affirmé que la National Empowerment Foundation porte une attention spéciale aux personnes handicapées.
Le président du Loïs Lagesse Trust, Me Coomara Pyaneeandee, a lui exhorté les employeurs à chercher aujourd’hui même les moyens pour recruter un handicapé. Aux handicapées, il leur a demandé de faire montre de détermination. « Ou bizin fer sosiete tann ou la vwa pou fer konn ou bann beswin », a-t-elle plaidé.
Le directeur de la MEF, Azad Jeetun, s’est félicité de la collaboration entre son organisation et les autorités pour promouvoir l’embauche des personnes handicapées. Il a rappelé l’existence d’un guide dans ce domaine, posté sur leur site Internet.
Amreeta Nivault, la présidente du TEDPB a affirmé que le plus gros problème des personnes handicapées est l’accès à l’emploi. « Il nous faut les aider à trouver leur place sur le marché du travail », a-t-elle souhaité. « Profitez de ce Job Fair pour faire connaître votre centre d’intérêt », leur a-t-elle conseillé.
Pratima Lokhun de l’École des sourds a traduit tous les discours en langage des signes mauricien.