L’Inde, qui assurera la présidence de l’Indian Ocean Rim Association for Regional Cooperation pendant les deux prochaines années, se propose de mettre tout son poids dans la revigoration de cette organisation régionale considérée comme étant trop « dormant ». Elle sera aidée dans sa tâche par l’Australie qui assurera la vice-présidence de l’organisation. Le ministre des Affaires étrangères indien S.M. Krishna et son homologue australien Kevin Tudd ont tous les deux exprimé hier après-midi leur volonté de donner un nouvel élan à cette organisation appelée à prendre une importance croissance dans la région de l’océan Indien.
Toute la journée d’aujourd’hui sera consacrée aux travaux de l’Association pour la coopération régionale au Leela Palace Hotel à Bangalore, fief du ministre indien des Affaires étrangères. S.M. Krishna, qui a déjà occupé les fonctions de chef ministre de l’État de Karnataka, est considéré comme le père de la modernisation de cet État, en particulier sa capitale Bangalore, qu’il s’évertue à mettre sur la carte mondiale au même titre que les autres grandes villes indiennes comme Delhi et Mumbai. C’est d’ailleurs la première fois qu’une conférence régionale de cette envergure est organisée dans une ville indienne autre que Delhi. « Je suis arriv? ? convaincre le gouvernement indien de la n?cessit? de d?centraliser l’organisation des conf?rences internationales afin de mieux faire conna?tre au monde les autres ?tats indiens », a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse lundi. Bangalore, connue aujourd’hui comme la Silicon Valley indienne, s’est bâti une réputation sur le plan international dans le domaine du BPO. Dans des pays comme les États-Unis, Bangalore est aujourd’hui synonyme de BPO. La ville a, d’ailleurs, reçu la visite des plus importantes personnalités internationales, dont le président Barack Obama, qui ont voulu voir ce que faisaient les entreprises aujourd’hui mondialement connues comme Infosys.
Pour le secrétaire Manbir Singh, l’océan Indien occupe une place centrale dans la politique locale et internationale de l’Inde. 80 % de l’approvisionnement de l’Inde en produits pétroliers passe par l’océan Indien. La protection de la voie maritime dans cette région du monde est vitale, et c’est la raison pour laquelle la lutte contre la piraterie occupe une place importante à l’agenda des travaux de l’IOR. « Nous ne pr?tendons pas assurer seul la protection de la r?gion de l’oc?an Indien contre le fl?au de la piraterie. Une telle mission ne peut ?tre accomplie que de mani?re collective en collaboration avec tous les pays concern?s. L’IOR ARC veut apporter son aide aux autres pays dans la r?gion », a expliqué S.M. Krishna. Le ministre indien a insisté sur la nécessité d’injecter une dose d’économie et de culture dans les activités de l’IOR ARC. Les ministres seront appelés à approuver une feuille de route destinée à donner un nouvel élan à l’association. Parmi les sujets qui seront évoqués par les ministres aujourd’hui figurent la coopération dans le domaine commercial, le développement de l’Industrie touristique, la pêche, la coopération dans le domaine de la météorologie. À ce propos, il sera question du Tsunami Early Warning System.
L’Australie, qui comme l’Inde est membre du G 20, considère que « Indian ocean is a region of growing strategic significance ». Dans une communication, le ministre Kevin Rudd souligne que les nations de la région de l’océan Indien comptent une population totale de 2,6 milliards de personnes. Elle est traversée par une des voies maritime les plus importantes au monde.
40 % du commerce mondial, dont 70 % des produits pétroliers, traversent par la voie maritime de l’océan Indien. Ajouté à cela, il y a la montée en puissance des pays du sud asiatique dont l’Inde, ceux du sud-est asiatiques avec en tête l’Indonésie et l’importance croissante que prend l’Afrique. De plus, la sécurité énergétique constitue une des préoccupations majeure des pays de la région.
Le ministre australien estime que l’IOR ARC n’a pas été à la hauteur des attentes jusqu’ici et que l’Australie travaillera activement aux côtés des autres pays membres pour permettre à l’Association « de faire la diff?rence ».
Afin de donner à l’association une plus grande visibilité, le gouvernement indien s’est assuré de la présence de 32 journalistes venant de tous les pays membres de l’IOR ARC.
Les travaux de la commission prennent fin cet après-midi avec la publication du « Bengaluru communique ».
Jean Marc Poch? (de Bangalore)
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DTAT : vers un accord mutuel entre l’Inde et Maurice
Le processus en vue d’arriver à un accord mutuel concernant une non double taxation a été enclenché entre l’Inde et Maurice. Ce dossier a été évoqué lors d’une rencontre bilatérale entre le ministre indien des Affaires étrangères et son homologue mauricien Arvin Boolell, dans la matinée d’hier. Interrogé à ce sujet, le ministre S.M. Krishna a indiqué que « the processus is on. We are trying to arrive to a mutually agreed solution to the DTAT ».
Le traité de non double taxation continue à intéresser la presse des affaires à Bangalore. Ainsi, lors d’un point de presse animé que le secrétaire indien aux Affaires étrangères, Sri Mandir Singh, un journaliste a voulu savoir si la question de paradis fiscaux serait évoquée par les ministres. À quoi M. Singh a affirmé que cette question ne relevait pas des préoccupations du conseil des ministres de l’IOR ARC.
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Retour des Seychelles
Les travaux du conseil des ministres de l’IOR ARC sont marqués par le retour des Seychelles au sein de l’association. Le ministre seychellois des Affaires étrangères devait procéder à la signature d’un « instrument of acceptance » dans la matinée en présence des membres.
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Bright future
Le ministre indien des Affaires étrangères a indiqué que l’Inde est devenue un marché touristique important pour les pays et les îles de la région de l’océan Indien. Le nombre de touristes indiens dans les pays de la région est en pleine croissance, a-t-il indiqué. À ce propos, il a estimé que l’industrie touristique dans des îles comme Maurice a un « bright future ».
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Université ouverte
Maurice accueillera une université ouverte avec l’aide technique du gouvernement indien. Un projet de Constitution pour la University Mobility in the Indian Ocean Region est sur le point d’être finalisé sous la présidence de l’Association of Indian Universities.