Le leader du MSM Pravind Jugnauth a critiqué hier soir la façon dont le Premier ministre Navin Ramgoolam et le ministre des Administrations régionales Hervé Aimée ont procédé pour la redéfinition des arrondissements urbains dans le cadre de la Local Government Act.
Pravind Jugnauth, qui participait à une réunion d’explications à Hermitage, a expliqué que la démarche du MSM, qui a remis au président de la République un document mettant en cause la redéfinition des arrondissements urbains, n’est pas motivée par des considérations d’ordre communal.
« Le ministre des Administrations régionales et le gouvernement ont procédé à un redécoupage électoral des arrondissements. Comment s’y sont-ils pris ? Personne ne sait, même pas les ministres travaillistes. Ils l’ont fait en catimini, en cachette, sur la base de critères d’ordre communal. Nous le dénonçons. Nous n’avons pas peur de le faire et avons le courage nécessaire pour aller de l’avant avec notre contestation », dit-il. Le leader du MSM rappelle que son parti a présenté au président de la République ses doléances. « Ce que ce gouvernement a fait a été à l’encontre de ce qu’Anerood Jugnauth a toujours pratiqué », soutient-il. Et de souligner qu’il n’y a eu aucune consultation avec la population. « Les citoyens intéressés n’ont pas été consultés ».
Interprétant la déclaration du président de l’Electoral Advisory Commission, M. Aboobaker, Pravind Jugnauth a affirmé que ce dernier a précisé qu’il n’est pas dans les attributions de l’ESC de prendre en considération les questions d’ordre communal dans le cadre du redécoupage. « Li pe dir so stand : si zot finn prezant nou enn zafer kominal nou pa rant ladan nou pa pou reget redekoupaz kominal. Li pa pe dir ki pa finn fer li lor enn baz kominal. Aimée ek Ramgoolam kone ki travay malprop zot finn fer ». Le MSM est le seul parti qui se dresse actuellement contre le redécoupage, ajoute-t-il.
La question de redécoupage des arrondissements a également été évoquée par le secrétaire général du MSM Nando Bodha, qui soutient que le ministre des Administrations régionales a traité ce dossier sans consultation avec personne et sans donner les raisons pour lesquelles des changements ont été apportés. Cela, dit-il, est d’autant plus grave que le découpage des arrondissements date de 1966 et que tout le monde était habitué à sa configuration. « Le Premier ministre a répété à plusieurs reprises que ceux qui ne sont pas satisfaits des propositions d’Hervé Aimée peuvent faire appel au président de la République. C’est exactement ce que nous avons fait », a-t-il lancé.
Leela Devi Dookun a, pour sa part, attiré l’attention sur la situation à l’Université de Maurice. « Il y a eu des interférences inacceptables dans la gestion de cette institution », a-t-elle soutenu. La réunion était présidée par Showkutally Soodhun, qui a dénoncé « les nombreux scandales observés au niveau gouvernemental ».
Tous les orateurs ont critiqué avec force le Premier ministre, qu’ils ont tenu pour responsable de la « détérioration » dans la gestion des institutions gouvernementales, et ont demandé au gouvernement de « lev pake ale ».