Savez-vous ce que c’est que d’être otage des marchands ambulants? Vous en avez, peut-être, une idée avec le nombre de marchands ayant envahi les rues à Port-Louis pendant la récente période festive, rendant la circulation difficile, sinon impossible? Et maintenant, imaginez une centaine de ces marchands de chaque côté de votre rue longue d’un peu plus d’un kilomètre…
Brouhaha, véritable chemin de croix, voire supplice… puisque vous êtes envahis de toutes parts, la rue obstruée de long en large. Vous êtes impuissants. Ces marchands dressent leurs tentes devant votre entrée principale, bloquant par la même occasion votre garage. Impossible pour vous de sortir la voiture pendant deux longues semaines! Débrouillez-vous pour aller travailler, pour courir chez le médecin pendant une urgence : cela ne concerne personne, encore moins les autorités. 
Non, ce n’est pas le scénario d’un court-métrage mauricien, mais la dure réalité des habitants de la rue Magon à Plaine-Verte. Une situation annuelle qui dure depuis des lustres sans que les autorités ne daignent y remédier. Pourtant, la rue Magon n’est pas loin de la City Clinic. Pire, le poste de police de Plaine-Verte se situe dans cette même rue prise d’assaut par des marchands ambulants venant de l’on ne sait où…
Osez leur dire quelque chose et ils vous menacent de vous faire du mal. Ces marchands ambulants sont connus pour être des « bitors » puisqu’ils ont des connections politiques.
Les nombreuses pétitions n’ont rien donné si bien qu’une habitante nommée Myriam.K a couché sur papier ses nombreux griefs et toute la frustration de son voisinage dans la page du Forum du Mauricien. Retranscrits sur notre site web www.lemauricien.com, les internautes ayant pris connaissance du texte sont unanimes à dire que ces vendeurs de rue sont exploités par des « maîtres » ayant le bras très long.
« Maurice Ile Durable… Maurice, c’est un plaisir… for whom ? Not for us Residents of Magon Street. Just come around and see the pollution (environment and noise) that goes on during these 2 weeks, it’s a shame for an island that claims to be the Tiger of the Indian Ocean to allow such a mess. We have made many petitions, knocked on many doors, begged many politicians to stop this anarchy in our street… all in vain. After all, our votes are not as important as the thousands of hawkers and the political agents », écrit cette habitante révoltée. Certes, précise-t-elle, nul ne veut empêcher une personne de gagner sa vie honnêtement, mais n’est-il pas temps de relocaliser ces marchands?
« Why aren’t they transferred to Champ de Mars where they will not trouble anyone? You don’t need to be a genius to find solutions to this problem. They will refuse, so what? Aren’t the Authorities here to stop abuse, to establish Law and Order? If the Authorities impose the law in one year and stop the set up of tents in the street, using forceful measures if need be and the need would be present as the Government has encouraged their political agents over too many years, the following years would be much easier. But what do the Authorities do instead? Ask the Residents, in front of the ‘tapeurs’, if we have issues to have the road closed… », dénonce-t-elle.
Pourquoi ne pas emboîter le pas au maire de Beau-Bassin/Rose-Hill, Norbert Froget, qui s’est démarqué par sa prise de position dans son arrondissement? Un appel personnel lui est même lancé : « Mr Norbert Froget, you are a great man! Please come to the Municipality of Port-Louis and teach your colleagues how to apply the law. It appears that they have no clue what Law is about. Who are those politicians encouraging the deterioration of the quality of life of hard working, tax paying citizens just to benefit their political agents? »
Si le week-end dernier, le calvaire des habitants a pris fin après deux semaines, Myriam.K invitait les autorités à effectuer une descente des lieux lors du départ des marchands, le 1er janvier, pour constater l’horreur laissée après avoir enlevé leurs tentes.
Or, tout porte à croire que son appel n’a pas été entendu puisque le lord-maire, le Dr Mamad Khodabaccus, a, dans une déclaration à Week-End, indiqué qu’il est au courant de cette situation, mais qu’il ne s’est jamais rendu sur les lieux.
Visiblement embarrasé par nos questions, il a tenté une sortie honorable, affirmant que la « police has got the final say to close a road not the municipality. »
Il est d’accord qu’il est temps de mettre un frein à cette situation des plus éprouvantes pour les habitants de la rue Magon. D’ailleurs, indique-t-il, 38 camions de déchets ont été collectés après leur départ.
« Faites votre article pour attirer l’attention mais dites aussi aux habitants de faire une nouvelle pétition en prenant soin de révéler leur identité et j’essaierai de réunir toutes les parties concernées dont la police pour trouver une solution », dit-il.