Jayen Cuttaree a été fidèle à sa réputation d’être le plus rouge parmi les mauves en réunissant le Premier ministre Navin Ramgoolam et le leader de l’Opposition Paul Bérenger autour du lancement de son autobiographie politique intitulée « Behind the Purple curtain ».
Jayen Cuttaree avait, à cette occasion, invité un parterre d’amis du monde politique, de la culture et des affaires, à l’Opium Restaurant à l’Audi Zentrum à Bagatelle.
Pravind Jugnauth et Nando Bodha, leader et secrétaire général du MSM respectivement, étaient également présents, mais c’est vers Navin Ramgoolam et Paul Bérenger que tous les regards étaient tournés. Les deux leaders, assis l’un à côté de l’autre à la table d’honneur, ne se sont pas privés pour afficher leur grande complicité en public en engageant de longs « conciliabules ». Vijay Makhan, qui agissait comme maître de cérémonie, devait, en plaisantant, demander aux invités de ne pas « read too much » dans le body language des deux personnalités politiques qui étaient totalement absorbés dans leur conversation.
Navin Ramgoolam, qui est resté un long moment durant la réception qui a suivi le lancement du livre par Paul Bérenger, a salué pratiquement tous les invités dont les journalistes présents. Il confiait sa satisfaction de voir autant de Travaillistes présents à cette cérémonie. Résumant le contenu du livre, Vijay Makhan a expliqué que «… Jayen’s book is a rich addition to the social and political bibliography of this country. I do not think I would be wrong in venturing that Jayen Cuttaree is the first public figure in Mauritius to have dared write a political autobiography. An exercise of this nature is indeed a hazardous one. It opens the doors to those who may feel that their feathers have been ruffled or whose characters have not been portrayed in the best light in the narration, to take up the cudgels ! Some may be shocked by the raw truth that Jayen brings to the fore. Others may show scepticism. If only for this daring, Jayen Cuttaree deserves our unreserved congratulations… »
Vijay Makhan a évoqué brièvement la campagne menée par Jayen Cuttaree pour le poste de directeur de l’OMC. Il dira que « the Jayen I have always known and have had the privilege to work with professionally. Indeed, I was a first hand witness of the stoicism, the courage of conviction, and thoroughness he demonstrated while running for the post of Director General of the World Trade Organisation, an episode in his professional life which I am sure he cherishes both for its positive and negative aspects. The lessons drawn during those intense months of interaction on the international scene are way beyond any academic studies that students of political science and international relations could benefit from. That episode is recounted with some hitherto unknown details in Behind the Purple curtain ».
Dans son discours de circonstance, Paul Bérenger a rappelé que le lancement du livre de Jayen Cuttaree précède celui de Mée P. Rivière consacré à Guy Rozemont lundi et ainsi qu’un autre livre consacré cette fois à M. Ramnarain, militant syndicaliste qui a terminé sa carrière comme président de la Marine Authority.
Paul Bérenger, qui a rappelé la carrière de Jayen Cuttaree, a expliqué comment à la lecture du manuscrit que lui avait remis son ami Jayen, il s’est vu tantôt en train de sourire, tantôt en train de rire et tantôt avoir envie de pleurer. Il a cité certains extraits du livre qui l’ont le plus touché, dont l’épisode où Jayen Cuttaree s’était perché sur un manguier pour voir passer Guy Rozemont pour lequel il avait une admiration. « En lisant ce livre, a poursuivi Paul Bérenger, on comprendra ce qu’il y a entre Paul et le Ptr. »
Navin Ramgoolam a, pour sa part, confié dans son discours que « lorqu’on est impliqué dans la vie quotidienne on oublie de communiquer et de cultiver le dialogue ». Le PM a cité une interview de Jayen Cuttaree réalisée par Alain Gordon-Gentil, parue dans Le Mauricien le 12 janvier 1980 pour rappeler la carrière de l’auteur. « Alors qu’un courant de pessimisme gagne l’île Maurice et que certains de ses fils les plus brillants pensent à immigrer, lui, il quitte un poste très rémunérateur au siège de l’UNESCO à Paris, pour regagner son île natale qu’il a quittée en 1962. La raison est simple. Trop peut-être, pour certains. Jayen Cuttaree nous avoue : “On ne peut pas ne pas faire confiance à ce pays” », écrivait alors Alain Gordon Gentil.
C’est avec beaucoup d’émotion que Jayen Cuttaree a remercié les personnes présentes. Il a rappelé les circonstances dans lesquelles il s’est lancé dans la rédaction son autobiographie, du soutien que lui ont accordé les membres de sa famille et Jean Claude de l’Estrac, un des intervenants à la cérémonie d’hier, qui lui avait conseillé d’écrire une autobiographie politique.