À un mois de la reprise des travaux de l’Assemblée nationale, le 20 mars, le moins que l’on puisse dire c’est que le jeu politique reste toujours extrêmement confus. Entre les discussions Ptr/MMM sur la réforme électorale mises entre parenthèses, et la frustration grandissante au sein du Labour quant à la place qu’occupent les transfuges et autres derniers venus au Square Guy Rozemont et qui s’exprime de plus en plus violemment, le vote secret prévu au comité central du MMM pour décider, il est vrai, rien que du « principe » – la nuance ayant apparemment échappé à plus d’un – du remake 2000, et le MSM qui est toujours en mode d’attaque frontale vis-à-vis du Premier ministre et de ses proches, difficile de voir très clair dans tout ce remue-ménage qui n’en finit pas d’agiter le Landerneau politique.
Après les longues semaines de discussions à Clarisse House sur la réforme électorale qui ont, certes, permis des avancées, mais pas suffisantes pour croire qu’elles puissent devenir une réalité à brève échéance, et des déclarations de part et d’autre indiquant que les parties engagées étaient d’accord sur presque tout avant que le Best Loser System ne vienne plomber les pourparlers, c’est apparemment la deuxième République que certains veulent mettre ou remettre sur la table pour maintenir le contact entre Navin Ramgoolam et Paul Bérenger.
Or, les positions de style « à fleurets mouchetés » entre les deux hommes ne permettent pas de faire la moindre prévision quant à l’évolution exacte de leurs rapports. On sait, comme nous l’évoquions d’ailleurs dans l’édition de Week-End du 15 janvier, que dès la première réunion tenue à Clarisse House le jeudi précédent, soit le 12, il y a avait eu un aparté entre le Premier ministre et le leader de l’opposition, durant lequel le chef du gouvernement a voulu introduire le volet alliance électorale. C’était en pleine tempête autour de la démission fracassante de Konrad Morgan et les tentatives de rapprochement se sont apparemment arrêtées là.
Si Navin Ramgoolam continue à ménager le leader de l’opposition en public, ce dernier, lui, ne se prive pas pour faire le procès de la gestion du Premier ministre. Le dernier exemple en date étant sa déclaration de samedi dernier à l’effet qu’il « tenait le Premier ministre responsable de la faillite d’Air Mauritius ». C’est vrai qu’entre « hedging » calamiteux et succession de gestionnaires folkloriques à la tête de la compagnie nationale, on ne peut faire mieux pour organiser la catastrophe.