Une vingtaine d’élèves du Bocage International School ont participé la semaine dernière à Pointe-aux-Sables à une opération de nettoyage d’un terrain où sera construit le nouveau bâtiment de l’école Oasis de Paix. La réalisation du projet apportera un nouveau souffle à cette institution, située actuellement à rue St-Georges à Port-Louis et qui accueille environ 200 enfants des régions défavorisées de la capitale.
En vacances la semaine dernière, 22 jeunes du Bocage International School (BIS) à Moka ont mis de côté les activités comme le shopping et le cinéma pour s’engager dans le travail communautaire. Dans le cadre du Gold Award du National Youth Achievement Award (NYAA), ils ont participé pendant toute une semaine au défrichage du terrain d’une superficie de cinq arpents qui accueillera dans quelques mois les nouveaux locaux de l’école d’Oasis de Paix. Un projet d’environ Rs 20 millions qui bénéficie du soutien de plusieurs organismes et entreprises, notamment à travers leur programme de Corporate Social Responsibility. 
« Nous campions au Flic-en-Flac Youth Centre et faisions tous les jours le trajet à Pointe-aux-Sables », explique Marlowe Kamalsing, professeur d’anglais, qui accompagne les élèves du BIS durant toute l’opération de nettoyage. Cette initiative est d’ailleurs la dernière étape qui permettra aux jeunes d’obtenir leur Gold Award. « Le residential project est indispensable pour l’obtention de cet award ».  
Concernant le défrichage et nettoyage du terrain, le professeur d’anglais soutient que « toute l’opération s’est déroulée entre 7 h et 16 h 30 durant cinq jours ». Pour mener à bien cette action, quatre équipes de filles et de garçons ont été constituées, chacune ayant une tâche particulière à accomplir. 
Le Mauricien est allé à leur rencontre jeudi dernier… Équipés de sabres, gants, cisailles, bottes et  casquettes, les 22 jeunes ramassaient les dernières branches coupées. Tous, indique-t-on, se sont donnés à 200 % pour faire de cette opération un succès. « Et ce, dans une discipline exemplaire », soutient la directrice d’Oasis de Paix Monique Leung, qui a assisté à l’avancée des travaux jeudi après-midi. 
Sharon Li et Sean Craig, respectivement Head Girl et Head Boy BIS, expliquent quant à eux que les maître mots de l’opération étaient : « Self motivation, discipline et organisation ». « C’était une très grande responsabilité mais nous nous sommes mis en tête que nous devons relever ce défi et nous y sommes parvenus. Nous sommes très satisfaits du travail que nous avons abattu sur le terrain », disent-ils en ajoutant « avoir gardé en tête le challenge du programme du NYAA qui est : Challenging Young People ».
Si Sharon Li soutient que le travail en équipe a renforcé la motivation de chaque participant, Sean Craig avance que c’est aussi une façon d’aider ceux qui vivent dans des conditions difficiles. « Nous voulions nous dépasser et nous y sommes parvenu. » Tous se disent d’ailleurs prêts à relever le défi si l’occasion se représente…
Grâce à la contribution des élèves du BIS, les travaux pour la construction de la nouvelle école Oasis de Paix pourront bientôt débuter. L’établissement disposera de 12 salles de classes, de salles polyvalentes, d’une librairie, d’une salle d’informatique et d’un terrain de jeux. Structures que les locaux de Port-Louis ne possèdent pas.
Situé à rue Saint Georges en face de l’église Immaculée Conception, Oasis de Paix accueille 200 étudiants des régions défavorisés de la capitale. Faisant partie du réseau ANFEN, l’institution a vu le jour en 2006 et a bénéficié du soutien du père Henri Souchon. Accueillant dans un premier temps 18 filles, le nombre d’élèves a triplé en l’espace de cinq ans. Le taux de réussite scolaire est d’ailleurs plus que satisfaisant : plus de 60 % de réussite aux examens du Certificate of Primary Education (CPE) durant ces cinq dernières années ; avec en 2011, un taux exceptionnel de 70 %. Parmi ceux qui se sont distingués, certains poursuivent aujourd’hui leurs études secondaires. D’autres suivent des stages dans le circuit touristique et dans le textile ou une formation technique.
Pédagogie différente mais efficace
Oasis de Paix est synonyme de seconde chance. Les enfants sont répartis dans différents niveaux selon leurs compétences de compréhension et d’assimilation. Ils sont assistés de professeurs retraités « ayant une grande compétence pour comprendre les besoins de chaque élèves et pour les aider ». Une pédagogie mis en place par l’école pour mieux cerner les difficultés des jeunes et les accompagner durant leur parcours scolaire. « L’important, c’est que l’élève sort d’Oasis de Paix en sachant lire, écrire et compter. Nous le préparons à faire face à une vie d’adulte pour qu’il puisse faire face aux défis de la vie », explique la directrice de l’établissement. « Il n’est pas question de laisser les enfants accéder au niveau supérieur automatiquement », insiste Monique Leung. Cette dernière indique que le système pédagogique diffère de celui des autres écoles afin de permettre à l’enfant de se développer à son rythme, d’où les différents niveaux distincts qui regroupent des enfants d’âges différents mais avec les mêmes compétences. « Ainsi, le participant se sent bien. Il n’y a pas de complexe académique. Il arrive à avancer dans ses études et fait confiance au professeur qui assure une attention particulière à chacun d’eux. Ils ne sont pas plus de 20 élèves par classe. »
Dans la cour de l’école Oasis de Paix, il y règne toujours le silence. Les enfants qui sont déjà en cours, sont concentrés… Du niveau 1 au niveau 6, tous montrent la même motivation. On peut lire dans leurs yeux, l’envie de réussir… Et si les compétences académiques sont faibles, Oasis de Paix les prépare au monde du travail. Outre le programme pédagogique formel, des ateliers de créativité ont lieu en parallèle. Bougies, cadres photos, bouquets de fleurs, sculptures entre autres sont ce que réalisent ces jeunes. Les classes de créations artistiques ont lieu plus loin à rue Saint Louis. Ici, c’est l’explosion de créativité dans la joie et la bonne humeur. Et le résultat est tout aussi surprenant ! Leurs produits sont mis en vente à l’école et les recettes permettent de payer les frais administratives ou à organiser des activités extrascolaires. 
Oasis de Paix, c’est le cheminement de ceux qui sont en difficulté vers un avenir meilleur. Le tout avec le soutien de professeurs, d’organisations non gouvernementale et de membres de la société comme les élèves du BIS.