Le Premier ministre, qui procédait hier après-midi à la réouverture du stade sir Robindranath Ghurburrun à Triolet, a insisté sur l’importance du travail d’équipe. Navin Ramgoolam a fait comprendre qu’il a besoin d’éléments « ki kapav lager kont l’opposition ».
Le stade sir Robindranath Ghurburrun a rouvert ses portes hier après des travaux de rénovation qui ont nécessité un investissement de plus de Rs 9 millions. La pelouse a été aménagée, des barrières érigées et des facilités d’éclairage installées.
Les rencontres sportives peuvent ainsi avoir lieu la nuit. Ce sont les équipes des Red Devils et High Flyers qui ont inauguré hier le terrain de football.
Lors de la cérémonie d’inauguration, le Premier ministre a annoncé la construction prochaine d’un complexe multisports. Quant au terrain de cricket, il est en voie de finalisation, a précisé Navin Ramgoolam, qui s’est gardé de commenter la situation politique dans le pays. Il s’est contenté de s’appesantir sur la vie de sir Robin Ghurburrun.
Navin Ramgoolam a rappelé que, dès son retour au pays après des études de droit, sir Robin Ghurburrun a adhéré au Parti travailliste (Ptr) en 1959. Cet homme politique s’est présenté aux élections générales de 1963 dans la circonscription de Bon Accueil mais n’a pas été élu « toujours a koz division ». Cependant, il a continué à militer au sein du Ptr en vue de donner un coup de main dans la lutte pour l’indépendance du pays. Il s’est aussi engagé dans les activités sociales et culturelles.
Après l’accession du pays à l’indépendance, sir Robin Ghurburrun a été nommé premier haut commissaire mauricien en Inde. Il a joué un rôle important dans le renforcement des relations entre Maurice et l’Inde. Sir Seewoosagur Ramgoolam devait le rappeler au pays avant les élections générales en 1976. Il est alors nommé Attorney General.
« Pourquoi SSR a envoyé en Inde Robin Ghurburrun, qui avait perdu les élections en 1963, avant le rappeler et présenter ensuite sa candidature en 1976 ? C’est parce qu’il connaissait la capacité et l’esprit de cet homme et qu’il voulait qu’il entre à l’assemblée législative et ensuite, au gouvernement. Vous savez il y a parfois des députés, qui sont populaires, mais qui ne peuvent parler lorsqu’ils se mettent debout au Parlement. Mwa mo bizin dimounn ki kapav lager kont l’opposition ki mo ena en face de mwa », a expliqué Navin Ramgoolam. Il a affirmé qu’un Général ne peut se lancer sur un champ de bataille tout seul ; de la même manière en football, il faut disposer d’une équipe. « Il est important qu’il y ait une équipe. Lors des dernières élections, j’ai vu des gens faire le difficile et dire qu’ils ne vont pas voter celui-ci ou celui-là au risque de ne pas envoyer le capitaine », a dit le PM. Il a d’ailleurs rappelé que sir Robindranath Ghurburrun a occupé les fonctions de ministre du Plan et du Développement économique et a beaucoup entrepris pour réduire le fossé  entre les villes et les villages.
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Le PM : « Le caractère solidaire d’un parti socialiste »
Inaugurant hier le SSR Disability Services Centre à Triolet, Navin Ramgoolam a mis l’accent sur les valeurs d’un gouvernement socialiste. « Un gouvernement socialiste croit dans l’importance de l’aide à ceux qui sont dans le besoin et non pas dans la promotion des intérêts personnels », a-t-il lancé.
Le Premier ministre a félicité ceux qui ont mené à bien ce projet, en soulignant leur courage, persévérance et dévouement. Pour lui, il n’y a rien de plus important que de donner son temps aux personnes les moins chanceuses. « La différence entre une personne et un animal est que ce dernier agit d’instinct et peut tuer les plus faibles pour sa survie alors que la première vient en aide aux plus défavorisés », a rappelé Navin Ramgoolam.
Le chef du gouvernement a poursuivi qu’« une personne autrement capable est un citoyen à part entière. Elle a les mêmes droits. Si on ne peut faire ce que Dieu, lui-même, n’a pas fait, c’est-à-dire créer des personnes égales, un gouvernement socialiste va essayer de corriger les erreurs à travers l’introduction de mesures d’accompagnement, l’éducation et la formation. » Il a insisté qu’il ne faut pas sous-estimer ces personnes, mais au contraire il faut faciliter leur intégration sociale et économique.
Il a rappelé que bien avant l’accession du pays à l’indépendance, sir Seewoosagur Ramgoolam avait participé à la création d’un centre des aveugles dans les années 1940. De plus, le Ptr a été le premier à nommer un non-voyant comme maire d’une ville.