Le Mauritius Institute accueille en ce moment une exposition de peinture de cinq artistes africains dépeignant la ville de Nanjing en Chine et ses alentours et quelques images de leur pays natal. Des travaux issus d’un atelier résidentiel qui s’est tenu à la Nanjing Painting and Calligraphy Academy de septembre à novembre 2011 dans le cadre du programme d’échange Afrique-Chine.
Des cocos de mer des Seychelles, des scènes de vie quotidienne en Chine ou du pays d’origine de l’artiste, des portraits, des paysages ou encore de l’abstrait… Une quarantaine de toiles, surtout des huiles sur canevas, habillent la galerie du Mauritius Institute ces jours-ci.
Le style varie selon les artistes. Les travaux sont très colorés, de couleurs chaudes témoignant de l’influence africaine sur leurs ouvres à l’exception de quelques-uns qui se détachent notamment par la prédominance du bleu, couleur plutôt froid adopté par exemple par Ofosu Lawrence du Ghana pour dépeindre le coeur de Suzhou. Ou encore les diptyques, triptyques ou quadriptyque proposés par Lesedi Tshenyego de Botswana caractérisés par l’abstrait lorsqu’il évoque le Yin yang ou le figuratif pour montrer le « Confucius temple » sur fond jaune, la « South gate of Nanjing wall », sur fond vert, un travail non fini, le « Nanjing buddha » sur fond bleu et les « Revolutionary leaders » sur fond rouge. Ceci n’est pas complété non plus.
Lesedi Tshenyego se démarque aussi par un style naïf lorsqu’il présente « The cattle post » ou le « Baobab ». On relève aussi l’influence des dessins élémentaires de l’art chinois lorsqu’il dépeint Dragon routes. L’artiste comme ses confrères ont réinvesti leur expérience chinoise dans leurs oeuvres. Lesedi Tshenyego propose aussi sa vision du Medecine man chinois.
Alcide Jimmy Libanotis des Seychelles quant à lui demeure dans le réalisme. L’artiste redécouvre le pays où il a fait ses études 20 ans plus tôt. Il expose une toile montrant un groupe de chinois en pleine discussion. C’est d’ailleurs l’intitulé de son travail : « Chinese discussion ». De Chine, il montre aussi  le « Zhou Zhuang Scene » et le « Red Wall ». Ses autres tableaux font un clin d’oeil à son pays : les cocos de même que trois portraits intitulés Girlfriend, Grandma et Grand Pa, sans oublier un paysage marin avec des oiseaux volants par-dessus la plage.
Bokotaka Cyrilie de Congo propose une magnifique interprétation du temple Qi Xia en hauteur d’une dimension de 120 cm X 60 cm. Une image présentant beaucoup de rouge, du jaune et de terre de sienne. Idem pour les deux autres toiles montrant un décor chinois intitulé « Chinese reference » avec une pagode et nanjing ducks. D’un fond de décor de coucher de soleil, le regard s’arrête d’emblée sur les trois canards de couleur blanche qui dominent l’avant-plan de la toile. Du Congo, Bokotaka Cyrilie ramène l’image des femmes portant des pots  ou des bols en terre de glaise sur la tête, ou encore la danseuse, les vendeuses ou les éléphants.
Karakire Strong, artiste autodidacte du Rwanda quant à lui offre à voir différents styles. De l’abstrait pour « Let’s work together to prevent war and build a peaceful and harmonious world » et les matériels d’UROGO aux images stylisées de « Different in one, Market scene » ou « The Sun of Nanjing ». Il propose aussi une scène de femmes qui travaillent, avec « Courageous Women ».
Ofosu Lawrence, lui, s’étonne de la vie des Chinois. Étudiant des beaux-arts, c’est la première fois qu’il quitte son pays. Il dépeint les musiciens chinois en proposant la toile intitulée « Oriental melodies », le « Yue Jiang Tower » avec un clin d’oeil aux gens dans la rue. Un détail auquel s’arrête tout de suite le regard. L’artiste propose aussi quelques travaux comme « Celebrating life » ou « African pot » qui démontrent des scènes du Botswana. « Oh, God ! My Help ! » transcenderait les frontières.
D’ailleurs, au delà de l’expérience artistique, les participants sont unanimes à dire qu’il s’agit d’une amitié entre les peuples. Pour ceux qui souhaitent découvrir cette richesse artistique provoquée par cet échange, ils peuvent découvrir les travaux jusqu’au 7 février au premier étage du Mauritius Institute entre 9 h et 16  h.