Les deux principales formations de l’opposition hausseront le ton du débat politique sur le terrain ce week-end avec deux assemblées des délégués prévues pour le MSM au Sun Trust aujourd’hui et le MMM au centre municipal de Belle-Rose demain matin, alors que le week-end dernier le Premier ministre et leader du Labour Navin Ramgoolam avait quasiment mobilisé l’attention avec son point de presse marathon. Si du côté du MSM, l’enjeu des prochaines initiatives a pour objectif de rassurer ses activistes contre le phénomène d’hémorragie, dans le camp du MMM,« les dernières mutations sur l’échiquier politique ont injecté une dose supplémentaire de sérénité à la base » en attendant de repartir à la conquête des municipalités aux prochaines consultations régionales dans les villes.
Avec la multiplication des rencontres au cours de ces derniers jours, les explications du leader du MMM aux militants réunis demain pour une assemblée des délégués revêtent une importance particulière. Pour les besoins de cet exercice, sont prévus trois principaux orateurs, Paul Bérenger, Rajesh Bhagwan et Steve Obeegadoo, avec Alan Ganoo présidant les délibérations au centre municipal de Belle-Rose. Un volet consacré aux questions des militants clôturera la matinée d’explications.
Paul Bérenger saisira cette occasion pour mieux préciser la ligne directrice derrière ses différents « moves » depuis la cassure de l’Alliance de l’Avenir avec l’arrivée du MSM sur les bancs de l’opposition. Il mettra les points sur les i sur ses contacts avec le leader du MSM et ses plus proches collaborateurs et la réunion en tête-à-tête avec le Premier ministre avec en toile de fond le débat sur la réforme électorale. Il pourra également établir un état des lieux sur les consultations constitutionnelles en s’appesantissant sur les points de consensus et les quelques Stumbling Blocks, dont la Party List avec une éventuelle introduction d’une dose de proportionnelle dans le système électoral.
Ce partage d’informations se portera aussi sur la crise politique, qui a ébranlé le gouvernement à peine 15 mois après les dernières électorales et qui a considérablement fragilisé la majorité et la configuration de l’opposition avec le retour du MSM dans ces derniers rangs face à un gouvernement avec 37 parlementaires, dont quasiment aucun backbencher. Dans cette perspective, il faudra s’attendre à voir le leader du MMM nullement épargner le leader du Ptr pour « la campagne d’achat des transfuges » engagée depuis des semaines déjà.
Tout semble indiquer que le point de ralliement des militants de la base demeure les prochaines élections municipales dans au moins les cinq villes du pays vu que le projet de réforme des Administrations régionales court toutes les chances d’être un mort-né. Le mot de la mobilisation pour pousser le gouvernement à organiser ce scrutin régional, reporté depuis déjà un an, sera accentué avant de passer à l’offensive sur le terrain.
Dans le camp du MSM, une préoccupation conjoncturelle se traduit par la nécessité de renverser la vapeur en atténuant les risques de défection que ce soit au niveau de la représentation du parti à l’Assemblée nationale ou dans les structures du parti dans les différentes régions du pays. La direction du parti se dit confiante qu’il ne faudra pas s’attendre à d’autres cas de « crossing of the floor » pour rejoindre les rangs de la majorité travailliste après le départ de Jim Seetaram et de Mireille Martin. Mais la défection des membres de différents comités régionaux, notamment ceux de Quartier-Militaire/Moka (No 8), de Piton/Rivière-du-Rempart (No 7) et de La Caverne/Phoenix (No15), a quelque peu brouillé le plan de la direction du MSM poussant son président Showkutally Soodhun à qualifier ces activistes du parti de « roder boutte ».
Le leader du MSM, qui s’adressera aujourd’hui à une assemblée des délégués de son parti au Sun Trust Building, envisage de sortir ses griffes contre sa cible principale : Navin Ramgoolam. Lors de son point de presse mardi, Pravind Jugnauth a promis des « révélations » contre le Ptr sur des dossiers dits sensibles comme l’allocation des terres de l’État à Balaclava ou Palmar, les méga-projets de Neo-Town aux Salines, la zone de coopération économique de Jin Fei à Terre-Rouge, les scandales du contrat de fret pétrolier à Betamax et les appels d’offres pour le riz de ration, qui ont déjà mis à rude épreuve la gestion de la State Trading Corporation (STC).
En fin de semaine, les principaux lieutenants du leader du MSM mettaient la dernière main à la stratégie de dénonciations susceptible de permettre au parti « de remonter la pente » comme mentionné à la réunion de mercredi soir au domicile de Pravind Jugnauth. Le leader du MMM y avait d’ailleurs donné des éclaircissements aux parlementaires du MSM sur les discussions engagées autour de la réforme électorale.