La Commission électorale se trouve ces jours-ci dans l’expectative par rapport à la tenue des prochaines élections municipales dans les cinq villes du pays. Avec la décision du leadership du MSM de demander au président de la République sir Anerood Jugnauth d’ordonner un nouvel exercice de redécoupage électoral des arrondissements urbains, tout le processus électoral devrait être remis en question. De ce fait, la publication des nouveaux registres d’électeurs pour les 20 circonscriptions et les wards urbains, annoncée pour le 1er mars au lieu du 16 août prochain, devrait être gelée dans la conjoncture.
« Nous ne sommes pas encore en présence de la teneur de la demande pour un nouvel exercice de redécoupage des arrondissements des villes en prévision des élections municipales. Nous attendons la correspondance de la présidence de la République pour décider de la marche à suivre. Pour l’instant, nous continuerons à faire notre travail », a fait comprendre au Mauricien le commissaire électoral Irfan Rahman à la mi-journée.
Dans un premier temps, il faut s’attendre à voir sir Anerood Jugnauth prendre connaissance des raisons mises en avant par le leader du MSM Pravind Jugnauth et ses principaux collaborateurs pour justifier cette demande pour un nouveau redécoupage. Il pourrait également rechercher des avis d’ordre légal auprès des instances compétentes avant d’agir sous l’article 9 de la nouvelle Local Government Act, 2011.
Cette clause stipule que « the president may, after consultation with the Electoral Commissioner, the authority concerned and such other person as he thinks fit, by proclamation alter the boundaries of a local authority or an electoral ward ». Dans cette perspective, il faudra attendre jusqu’à la fin de la semaine pour prendre connaissance des premiers développements dans cette démarche du MSM contestant les délimitations des wards urbains faisant partie du texte de loi adopté par l’Assemblée nationale à la fin de l’année dernière.
Si la requête du MSM est entretenue par la State House, l’Electoral Boundaries Commission, présidée par Me Yousouf Aboobaker, sera mise en présence des objections en vue d’apporter les corrections nécessaires. Selon des indications, le redécoupage des arrondissements des villes et des villages, faisant partie de la nouvelle Local Government Act, avait été contrôlé et contre-vérifié par l’Electoral Boundaries Commission avant d’être transmis au ministère des Administrations régionales.
Avec l’éventuel gel des nouveaux registres d’électeurs pour les municipales à partir du 1er mars, le fait incontournable est que la date des élections dans les cinq villes sera de nouveau renvoyée. Les observateurs avertis soulignent que dans la conjoncture, il faudra prévoir au moins douze mois pour que le nouvel exercice de redécoupage et la compilation des nouveaux registres d’électeurs soient prêts.
De son côté, le MSM affirme avec force que « nou dénonce prosédé ki fine adopté ; fine fer ène travay politik ek pli grave ankor fine introdwir letnizasion de lelektora urbain par le backdoor ».
Au sein du MMM, l’on préfère prendre connaissance de la teneur des objections du MSM pour réclamer un redécoupage électoral dans les villes avant de se prononcer. Le principal souci du MMM est qu’il ne faut pas donner le moindre prétexte au gouvernement pour justifier un troisième renvoi de ces consultations populaires dans les villes.