La rentrée politique 2012 devra se faire sous le signe de l’offensive que ce soit à Maurice ou à Rodrigues, où les principales formations se concentrent déjà sur les derniers préparatifs avant le premier week-end de vérité avec la présentation des candidats pour les élections régionales du 5 février. Entre-temps, à Maurice, la fin de la semaine sera marquée par le premier conseil des ministres de l’année présidé par le Premier ministre Navin Ramgoolam et la réunion du bureau politique du MMM aussi bien que le premier point de presse hebdomadaire de cette formation politique, suivi par les délibérations du comité central.
Avec la réunion du conseil des ministres de demain, il faut s’attendre à voir le chef du gouvernement préciser l’esquisse de son agenda et des enjeux politiques pour le début de l’année. Sans nul doute, il pourrait être tenté de faire état de ses intentions au sujet du rapport Carcassonne sur la réforme électorale et les modalités des consultations tous azimuts, qu’il a appelées de tous ses voeux à la nation pour le Nouvel An.
Un autre rendez-vous qui devra retenir l’attention du chef du gouvernement devrait être les prochaines élections municipales où l’enjeu reste le contrôle des cinq villes, avec le MMM déterminé à livrer une rude bataille au Parti travailliste pour un come-back après six ans d’absence. D’aucuns affirment qu’il ne faut pas s’attendre à voir Navin Ramgoolam aussi volubile sur cette question qu’au sujet de la réforme électorale. Le dossier des élections municipales devrait être abordé plus en profondeur des comités du Labour et de son partenaire au sein du gouvernement, le PMSD.
Toutefois, les ministres doivent s’attendre à  voir Navin Ramgoolam s’étendre longuement sur la nécessité d’éviter d’être mêlés de près ou de loin à des risques de délits de trafic d’influence, de conflit d’intérêt, de fraude et de corruption. « Ce sera tout à fait normal de voir le Premier ministre aborder ce dossier lors de ce premier conseil des ministres dans la mesure où dans son discours du 1er janvier, il a lui-même placé la barre très haut en évoquant la possibilité de renforcer la loi contre des politiciens trouvés coupables de corruption », laisse-t-on entendre dans les milieux proches de son entourage en ce début d’année.
Vigilance
Dans le camp du MMM, le mot d’ordre politique pour 2012 est déjà donné : « Pas de cadeau à Navin Ramgoolam. » C’est ce que soutient le secrétaire général Rajesh Bhagwan en prévision de la première réunion du bureau politique des Mauves, convoquée pour demain. Il précise que « le MMM est déjà sur le terrain en cette année politique, qui s’annonce cruciale ». Les principaux sujets à l’ordre du jour des discussions des membres du Politburo mauve seront le rapport Carcassonne, la teneur du message du Premier ministre pour le Nouvel An et les prochaines élections municipales.
« Nous allons procéder à une analyse en profondeur des propositions du rapport Carcassonne et disséquer les intentions annoncées de Navin Ramgoolam à ce sujet. Nous allons poursuivre le travail initié par rapport aux prochaines élections municipales, soit les répercussions des nouvelles délimitations des arrondissements urbains pour dénoncer les cas de magouilles aussi bien qu’établir le programme », avance Rajesh Bhagwan, qui regrette que dans son discours le Premier ministre se soit abstenu de dire « kan pou éna eleksyon minisipal ? Ki période ? Ek si li pou Free and Fair ».
À ce stade, le MMM a tenu à mettre en garde contre la tentation d’usage abusif des ressources financières des municipalités en prévision des prochaines consultations populaires dans les cinq villes du pays. « Nous allons surveiller de près les agissements de la Local Government Service Commission, notamment au niveau des recrutements dans les municipalités sous forme de bribe électoral. La vigilance est de mise à ce sujet », lance-t-il.
« D’un point de vue général, Navin Ramgoolam est passé à côté des préoccupations du moment des Mauriciens d’autant plus qu’en ce qui concerne le rapport Carcassonne, il n’a rien proposé de nouveau car le leader du MMM avait déjà fait état des dispositions du rapport Banwell sur la déclaration ethnique des candidats lors des élections générales. Il n’a pas mentionné le cadeau empoisonné de la hausse de 35 % des tarifs d’eau et d’eaux usées en ce début d’année. La pénurie d’eau bat son plein avec son lot de difficultés pour les ménages. Il a préféré rester silencieux au sujet de la lutte contre le gaspillage des fonds publics, contre la politique des petits copains ou encore contre la médiocrité au sein du gouvernement », s’est appesanti le secrétaire général du MMM.