De nombreux représentants des mouvements syndicaux ont assisté jeudi à un séminaire placé sous le thème de « The ecological dimensions of the global crisis affecting 21st Century Industrial civilization : Ecology from a Labour and Social Movement Perspective ». L’atelier qui a duré toute une journée, au Gold Leaf Hotel à Port-Louis, vise à créer un changement de paradigme dans la société.
Outre la participation des syndicalistes très en vue sur la scène locale, dont Ashok Subron et Veena Dholah, l’on note aussi la présence des pêcheurs, petits planteurs et les jeunes à ce séminaire organisé conjointement par le Centre for Alternative Research and Studies (CARES), MRU2025 et le IELS et tenu en langue créole. Cinq heures ont suffi pour voir émerger des sujets, dont « Multi-dimensional Global Crises », « Ecology and Responses », « Environment and Ecology from a social, labour and small producers perspective », et une « critical appraisal of MID », « Food and Energy Security and lessons from innovative experience of Cochabamba ».
L’objectif principal du séminaire était de réunir les acteurs des mouvements sociaux à Maurice pour discuter de l’écologie à partir d’un point de vue contribuant à un changement de paradigme dans la société, tant en termes de changement politique que de modèle de vie des Mauriciens.
L’atelier a vu l’intervention de Shakti Mareachaly (MRU 2025), Eric Mungar (Mouvement Pour L’autosuffisance alimentaire), Judex Ramphul (Syndicat des Pêcheurs), Clency Bibi (GWF/CSG-Solidarité), Reepaloo Shungoon (Small Planters Association), Karim Jaufeerally (IELS) et Kashmira Banee (CARES) entre autres.
Le syndicaliste et activiste politique de Rezistans ek Alternativ Ashok Subron s’est, lui, appesanti sur cinq courants philosophiques et politiques dans l’écologie : « Individual change approach », « Malthussian approach », « Techno-green », « Green capitalism » et « Ecosocialism ». Le syndicaliste a aussi présenté aux participants une pensée éco-socialiste, selon laquelle, « les dégradations environnementales que nous observons aujourd’hui ne sont en rien comparables à celles qui ont pu se produire à d’autres périodes historiques. Les différences sont non seulement quantitatives mais aussi, et surtout, qualitatives : alors que toutes les crises environnementales du passé découlaient des tendances sociales à la sous-production chronique, donc de la crainte de la pénurie, les problèmes actuels trouvent au contraire leur origine dans la tendance inverse à la surproduction et à la surconsommation, qui est spécifique à la production généralisée de marchandises ». Et de poursuivre : « Ce n’est pas la nature qui est en crise, mais la relation historiquement déterminée entre l’humanité et son environnement. Cette crise n’est pas due aux caractéristiques intrinsèques de l’espèce humaine mais au mode de production devenu dominant il y a deux siècles environ – le capitalisme – et aux modes de consommation et de mobilité qui en découlent. » Selon cette pensée, les atteintes graves aux écosystèmes (changements climatiques, pollution chimique, déclin rapide de la biodiversité, dégradation des sols, destruction de la forêt tropicale, etc.) constituent une dimension de la crise systémique globale et ensemble, elles expriment l’incompatibilité entre le capitalisme et le respect des limites naturelles.