Le problème de l’endettement, que ce soit au niveau des ménages ou sur le plan national, constitue un véritable casse-tête dans la conjoncture économique. C’est ce qui découle de la septième édition du Financial Stability Report publié par la Banque de Maurice au cours de la semaine écoulée. Par rapport à la situation prévalant au sein des ménages, la banque centrale préconise un close watch, même si elle se garde de tirer la sonnette d’alarme, alors que par rapport à la dette publique, le benchmark des 60% du PIB sera crevé à partir de la fin de cette année suite à des emprunts contractés principalement de l’étranger par le gouvernement. Sur le plan général, la Banque Maurice met en garde contre les downsize risks à la croissance avec la crise au sein des économies de l’Euro Zone.
Ce dernier rapport de la banque centrale décortique de manière approfondie la situation de l’endettement des ménages en relevant des signes de vulnérabilité. « There are some elements that point to the necessity of maintaining a close watch on development in this sector », peut-on lire à la page 15 du document officiel. Le premier facteur inquiétant n’est autre que la hausse des dépenses pour le repaiement des dettes des ménages.
« While the increase on debt repayment as a percentage of household income and expenditure may not constitute an immediate source of concern, it does nevertheless suggest that some form of vulnerability may be budding », souligne la Banque de Maurice. Les dernières analyses des données compilées par le Bureau central des statistiques sous le Continuous Multi-Purpose Household Survey confirment cette tendance à la hausse de la part du remboursement de la dette dans les budgets des familles.
Cette étude confirme qu’un ménage sur deux est endetté soit envers les institutions bancaires ou des agences non-bancaires. La tendance à contracter des dettes est plus prononcée dans des ménages avec des salaires élevés comparativement à ceux se trouvant au bas de l’échelle. Ainsi, en moyenne, huit familles sur dix avec des revenus mensuels de plus de Rs 30 000 se retrouvent pris dans la spirale de la dette avec un pourcentage légèrement inférieur pour ceux avec des revenus de plus de Rs 50 000 par mois.
Cette situation contraste avec les ménages au bas de l’échelle où deux familles sur cinq (42%) dans la fourchette salariale de moins de Rs 30 000 par mois ont contracté des emprunts. Le taux est de moins d’un ménage sur cinq (autour de 20%) pour ceux avec des revenus mensuels de moins de Rs 10 000. Évidemment, les banques et autres institutions non-bancaires évitent de consentir des emprunts à cette catégorie de ménages, même s’ils sont davantage dans le besoin, en raison de l’élément du risque élevé de non-remboursement.
D’une année à l’autre, le servicing de la dette des ménages pèse de plus en plus lourd dans le budget. L’année dernière, le repaiement de la dette représentait 18,5% des revenus ou encore 21% des dépenses des familles endettées contre 17,1% et 19,3% respectivement en 2009. Cette détérioration devrait se poursuivre en 2011 avec le dernier rajustement des taux d’intérêts pratiqués et le spectre d’une nouvelle révision à la hausse du Repo Rate avec la réunion du Monetary Policy Committee de la Banque de Maurice du 12 courant.