« Si nous avons le système nécessaire pour les études supérieures, pourquoi empêcher ceux ne répondant pas aux critères, en particulier celui des 3 A Levels, de s’inscrire à l’université ? » s’est demandé le ministre de l’Éducation tertiaire Rajesh Jeetah hier lors d’un point de presse à Ébène. Cette rencontre a été l’occasion de faire le point sur les enjeux de ce secteur et de présenter un bilan des projets majeurs enclenchés. 2012 promet ainsi d’être une année de réalisation avec, entre autres, la construction de sept campus universitaires pour démocratiser l’accès à l’éducation tertiaire.
« L’éducation n’est pas un sujet politique. Je trouve dommage que certaines personnes veulent empêcher le développement d’un secteur qui promet de changer l’avenir de notre pays », a souligné Rajesh Jeetah. Avec la professionnalisation dans plusieurs domaines, a ajouté le ministre de l’Éducation tertiaire, « nous ne pouvons nous empêcher de propulser l’industrie de la connaissance ». D’où la décision du ministère de lancer plusieurs projets pour démocratiser l’accès à l’enseignement supérieur.
« Si nous voulons donner la chance à tous de poursuivre des études tertiaires, nous devons investir dans les infrastructures », a estimé M. Jeetah. « Même s’il existe actuellement plusieurs institutions publiques et privées, ce n’est pas tout le monde qui a accès à l’enseignement supérieur. » Le ministre a ainsi fait état de la construction de sept campus universitaires. « Nous devons encourager la mobilité des étudiants, alors pourquoi devons-nous nous concentrer uniquement sur la construction de campus universitaires dans une seule région ? » s’est-il demandé.
Par ailleurs, les travaux de construction d’un bâtiment à Ébène pour accueillir la Business School de l’Université de Maurice (UoM) sont en cours. Le ministère procédera bientôt à l’acquisition des anciens locaux de la Mauritius Broadcasting Corporation pour y aménager l’Open University of Mauritius. L’Université de Technologie de Maurice occupera une partie des espaces et y dispensera des cours aux étudiants venant du Sud dès le début de l’année prochaine.
L’UoM, de son côté, a déjà identifié un ancien bâtiment de la DWC à Bel Air pour son école de médecine. Cet établissement formera des médecins avec la collaboration des Universités de Genève, dont une équipe sera à Maurice en novembre pour la signature d’un accord.
La construction du campus universitaire sur un terrain de 50 arpents à Montagne-Blanche et celle de trois autres à Pamplemousses, Piton et Rose-Belle démarreront en 2012. Autre projet : la fusion de l’Institut supérieur de technologie et le Swami Dayanand Institute en National University of Mauritius. Avec tous ces développements, le ministère compte amener d’ici cinq ans le taux d’inscription à l’université à 72 %. Ce taux est actuellement à 47 %.
Concernant la formation, le ministère, en collaboration avec la Tertiary Education Commission (TEC), envisage d’introduire de nouveaux programmes d’études dans les domaines suivants : aéronautique, marine engineering, health science et sustainable development. Rajesh Jeetah a aussi mis l’accent sur l’importance de faire de la place à tous ceux qui souhaitent poursuivre des études. Car « contrairement à ce que pensent certaines personnes, ce ne sont pas uniquement les jeunes ayant terminé leur HSC qui vont à l’université ».
Le taux d’inscription à l’UoM en 1976 était de 298 étudiants. Le pays compte aujourd’hui plus d’une soixantaine d’institutions supérieures. Il y a eu l’année dernière 18 126 admissions, dont 7 248 sont détenteurs du HSC. « Les 10 878 autres démontrent notre contribution dans ce secteur. Parmi ces étudiants, nous retrouvons ceux qui travaillent déjà et ceux qui ont uniquement deux A Levels et qui, grâce au Foundation Programme mis en place par la TEC, ont eu les compétences nécessaires pour continuer », a expliqué le ministre. Et d’ajouter : « Il y a aussi la Recognition of Prior Learning qui reconnaît l’expérience acquise dans le monde du travail et la valide par un certificat. »
Rajesh Jeetah a aussi indiqué qu’il n’y aura aucun compromis sur la qualité des formations dispensées par les institutions. D’ailleurs, a-t-il soutenu, la TEC procède régulièrement à un Quality Audit pour s’assurer que tous les établissements respectent les normes. « Je suis confiant que l’éducation tertiaire aura une nouvelle image dans les cinq prochaines années », a-t-il conclu.