Le Summer School Programme, une des mesures phares du Budget concernant le secteur éducatif, et dont l’objectif affiché est de combattre l’échec scolaire au primaire, sera opérationnel le 24 novembre. Si toutes les conditions sont réunies, les élèves de quatrième et de cinquième devant bénéficier de ce projet retourneront à l’école à partir de cette date.
Les vacances d’été seront de courte durée pour certains élèves, plus précisément pour ceux qui participeront au Summer School Programme pendant tout le mois de décembre. Cependant, à ce jour, toutes les conditions sont loin d’être réunies pour donner le ton à cette nouvelle initiative. Même si, a priori, les enseignants du mainstream ne seront pas embarqués dans ce programme, ils se posent des questions sur son curriculum.
Flou.
“Le Summer School Programme est le talk of the town ! Avec les enseignants, nous ne parlons que de cela. C’est un programme flou ! Hormis ce qui a été rapporté dans la presse, nous ne connaissons rien de ce projet”, déclare d’emblée Junganaden Sunnassee, président de l’association des maîtres d’école.
C’est pourquoi Vinod Seegum, le président de la Government Teachers’ Union, a envoyé une lettre au ministère de l’Éducation. Dans ce courrier, le syndicat demande une rencontre avec les techniciens du ministère afin de pouvoir donner son avis et participer à la mise en place de ce projet. “C’est un programme qui a pour objectif de renforcer la capacité d’apprentissage des enfants. C’est pour cette raison que nous sommes en faveur de son application. Mais le ministère de l’Éducation veut encore une fois agir dans la précipitation et mettre la charrue devant les boeufs”, dit Vinod Seegum.
“Tout projet qui vise à améliorer le sort des enfants est accueilli positivement”, ajoute de son côté Alain Doolub, du département primaire du Bureau de l’Éducation Catholique. Mais ce dernier se pose une autre question : “Dans le fond, qu’est-ce que ce programme apportera comme changement dans un cadre où le système éducatif reste compétitif ?”
Questions.
Par ailleurs, les objectifs du Summer School Programme viennent s’aligner sur ceux des autres programmes (tel que la Zone of Inclusive and Integrated Strategy) initiés sous le concept de la Zone d’Éducation Prioritaire, ou encore l’Enhancement Programme, mis en place en 2010. Même si le Summer School Programme ne peut être considéré comme des cours de rattrapage, le fait demeure que la nécessité de mettre en pratique un tel projet ramène à une évidence : tant que le système éducatif est basé sur la compétition, de nombreux enfants ne sauront écrire leur nom qu’une fois arrivés en Std IV seulement ! D’autre part, hormis d’avoir découragé l’absentéisme, quel a été le véritable impact académique de la ZEP ? Jusqu’à quand le ministère de l’Éducation greffera-t-il des programmes au primaire ?
Douze écoles, réparties dans les quatre zones, ont été sélectionnées pour participer au Summer School Programme. Elles sont : St Antoine RCA, Elsir Presle GS, Xavier Christian Barbe GS, Emmanuel Anquetil GS, Aimé Césaire GS, Barkly GS, Souillac RCA, Henri-Espitalier Noël GS, Bambous ‘A’ GS, Black River GS, Nukcheddy GS et Quatre-Cocos GS. Des organisations non gouvernementales spécialisées dans l’éducation collaboreront avec le ministère pour concrétiser ce projet pilote.
Pédagogie.
Ces ONG auront pour tâche de définir une pédagogie dont la finalité est de consolider les acquis en écriture, lecture et calcul. Ce curriculum devra être approuvé par le Mauritius Institute of Education (MIE), avant sa mise en application le 24 novembre. Ce seront probablement des ONG qui auront également pour responsabilité la préparation des repas chauds des enfants. Toutefois, il est fort probable que des enseignants du mainstream soient sollicités pour animer les classes de Summer School. Aucune modalité n’a été définie à ce stade. Quant aux petits bénéficiaires, leurs parents seront invités, dans les jours à venir, à les inscrire à ce programme par le biais d’un communiqué.