Réponse du berger à la bergère. Face à la presse hier, le ministre de l’Éducation a répliqué à Steven Obeegadoo, qui avait critiqué son « mauvais timing » pour sa stratégie de « phasing out ». Une méthode que Vasant Bunwaree juge indissociable de la « réussite des réformes ».
Quand un ancien ministre s’en prend à l’un de ses successeurs, on ne peut pas s’attendre à ce que ce dernier reste tranquille. C’est ce qui est arrivé entre Steven Obeegadoo et Vasant Bunwaree. Face à la presse pendant plus d’une heure hier à l’hôtel St-Georges (Port-Louis), ce dernier a répliqué au député mauve qui, lors de son intervention au parlement mardi, avait reproché au ministre de l’Éducation le « mauvais timing » de sa stratégie de phasing out, ironisant en ajoutant que celle-ci ne prendrait effet que « d’ici le siècle prochain ». Au ministre Bunwaree cette fois de rappeler que « la méthode phasée est ce qui constitue la réussite des réformes ».
L’intéressé insiste sur le fait qu’il faudra du temps et que 2020 n’est pas « derrière la porte ». Une année qui, rappelons-le, devrait voir l’aboutissement des « réformes Bunwaree » qu’englobe l’Education and Human Resources Strategic Plan instauré en 2008.
Dans son élocution de mardi, le député Obeegadoo avait par ailleurs évoqué la détermination du gouvernement « de faire voter un projet de loi à la va-vite (…) en catimini », l’illustration d’un « procédé antidémocratique ». Un point de vue auquel ne souscrit pas Vasant Bunwaree, qui soutient que « ce programme aura fait débat pendant 11 mois au cabinet ». Et d’ajouter : « Le débat a été ouvert (…) mes propres adversaires politiques ont félicité ma démarche. » Couverture de presse à l’appui, il cite notamment Paul Bérenger, qui aurait affirmé que « la réforme donnerait 100 % raison à Obeegadoo ».
Le ministre travailliste a également présenté son projet de réforme comme émanant d’une « illumination » (« enn illimination ki parfwa bann dimounn gagne »). Projet d’ailleurs qu’il « défendra jusqu’au bout », égratignant au passage ses détracteurs qu’il accuse de « double language ».
Néanmoins, les deux hommes se rejoignent en certains points. M. Bunwaree concède ainsi le fait qu’il « y aurait besoin d’un curriculum deloading au primaire » tout en émettant une réserve : « Il faut également qu’on adopte une approche phasée. » Et d’ajouter : « Fode pa ki program la vinn tro leze sa kout la. » Il soulignera finalement que l’écart salarial entre les professeurs d’écoles primaires et ceux du secondaire constituerait une « véritable anomalie ».