Les quatre conseillers, basés à Maurice et Madagascar, représentant la communauté des Français de la région, participent ce dimanche aux élections sénatoriales en France pour renouveler la moitié des mandats de cette deuxième chambre. Ce vote indirect – qui passe par de « grands électeurs » – permet de choisir six des sénateurs représentant les Français établis hors de l’Hexagone. Mais la grande nouveauté dans le système bicaméral français va amener les Français de l’étranger à voter, au suffrage universel, et donc directement pour un député les représentant à l’assemblée législative…
Des deux assemblées françaises, le sénat était jusqu’alors la seule à compter des sénateurs ou sénatrices représentant les Français établis hors de France. L’une d’entre eux, Monique Cerisier ben Guiga, est d’ailleurs venue à Maurice il y a dix jours pour fêter les 30 ans de l’ex-Association des Français de l’Étranger (ADFE), qui s’intitule maintenant ADFE/Français du Monde. Cette organisation, proche du parti socialiste, vient en complément de l’Union des Français de l’étranger (proche, elle, de la majorité gouvernementale), dont une des conseillères, Michèle Malivel, est basée à Maurice. L’ADFE est quant à elle représentée dans la région par Jean Daniel Chaoui, qui vit à Madagascar.
Les sénateurs des Français de l’étranger ne représentent pas une zone géographique précise, mais leur mandat électif leur permet de prendre en compte la situation des Français de l’étranger au moment des débats et des votes de cette deuxième chambre. La situation est différente à l’assemblée législative française, qui ne compte pas de députés représentant ces Français de l’étranger. Les conseillers – tels que Michèle Malivel ou Jean Daniel Chaoui – exercent en effet un rôle consultatif à travers des réunions en commission qui se tiennent deux fois par an pendant une semaine. Les recommandations de ces commissions sont ensuite transmises au ministère des Affaires étrangères, qui les adressent aux instances concernées. La faiblesse de ce système est qu’il amène parfois ces conseillers à débattre après coup de décisions qui ont été prises à l’Assemblée et qui peuvent avoir un impact sur la situation des Français établis hors de France.
Cette situation devrait changer à partir de l’année prochaine à l’occasion des législatives, qui se tiendront dans la foulée des présidentielles. Onze députés des Français de l’Étranger seront ainsi élus au suffrage universel, la communauté des Français établis à l’Étranger ayant été répartie en 11 grandes « circonscriptions », qui couvrent un nombre plus ou moins important de pays… Le principe de base vise à ce qu’un député représente environ 120 000 électeurs, moyenne très approximative dans la mesure où l’importance de la communauté française varie considérablement d’un pays à un autre.
La circonscription dont Maurice fait partie s’étend du Cap au Caire, avec une partie de l’Afrique centrale, les îles de l’océan Indien et la péninsule arabique. La communauté française la plus importante de cette immense région se situe au Liban, où l’on compte environ 30 000 ressortissants. Madagascar, elle, arrive en deuxième position. Maurice occupe la 4e place avec plus de 9 000 personnes enregistrées à l’ambassade de France, et compte environ 6 300 électeurs inscrits à ce jour. Des chiffres qui peuvent varier d’ici le 31 décembre, quand les inscriptions sur les listes électorales seront closes.