Des jeunes étudiants du département des Beaux-Arts du Mahatma Gandhi Institute (MGI) sont initiés à la philosophie de Tagore en apprenant une danse, toute simple, disent-ils, sur une des poésies de Gitanjali chantée du poète. Cette danse aux cymbales, originaire du Gujarat leur est enseignée par Sharmila Roy, une spécialiste de Rabindranath Tagore, à Maurice actuellement dans le cadre de la commémoration des 150 ans du philosophe et des activités organisées par la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC) pendant ce mois d’octobre.
« Nous avons décidé de former un groupe d’élèves de l’école des Beaux-Arts à la danse afin de célébrer le grand poète en mettant l’accent sur le brassage culturel, le croisement culturel initié et développé par Tagore à travers la mise en musique de ses écrits et l’exécution des pas de danses sur ces musiques », fait ressortir Sharmila Roy quelques minutes avant de rejoindre une dizaine de jeunes qui l’attendent dans la salle d’exposition des Beaux-Arts du MGI. La plupart d’entre eux n’ont jamais dansé et ne connaissent Tagore que de nom. « Ils sont en train de le découvrir », soutient Mme Roy.
Grandes écharpes de toutes les couleurs nouées autour des reins, les élèves s’apprêtent à répéter les quelques pas qu’ils ont appris, il y a deux jours (NdlR : lundi dernier). Entre temps, ils pratiquent entre eux ; trois autres se sont installés dans un coin de la salle, crayon en mains, s’apprêtant à esquisser quelques croquis. « Je vais leur apprendre l’entrée en scène aujourd’hui », souligne Mme Roy. Malheureusement, à cette veille de la fête de Divali, tout le monde est parti plus tôt de l’institution. Résultat : point de cymbales pour la répétition. Sharmila Roy n’en démord pas… « Je leur demande d’abord de taper dans les mains pour sentir le rythme, ensuite, je leur montre les pas, et je chante », soutient la formatrice. Elle donne le ton, chante la poésie et entraîne les jeunes sur scène. Sharmila Roy précise que l’avantage avec la pédagogie de Tagore, « c’est qu’il n’y a pas de perfection. Je leur dis, il n’y a que la joie et si vous aimez le faire, cela se passera très bien ».
Les élèves éprouvent certainement du plaisir à découvrir cette personnalité, à participer à une activité en son honneur et à diversifier leur connaissance artistique. « En travaillant sur ce projet, on nous explique qui est Tagore, c’est très intéressant », fait ressortir Sonam Bissessur, en 3e année des Beaux-Arts. Pour Sandeep Keenoo qui fait du kathak dans le privé, ce projet s’avère d’autant plus intéressant qu’il a l’opportunité de se produire pour une émission de télévision. « Ce n’est pas de la danse classique. Les pas sont plus simples », soutient-il. À Sonam de poursuivre que cela favorise aussi la découverte de la culture de l’autre et la joie de vivre.
Varuna Rampare quant à elle, allie l’art et la danse. « Il y a un lien direct dans la description des mouvements et les costumes souvent très colorés, éléments essentiels de toute danse ».
Sharmila Roy note que cette émission voit la participation de plusieurs générations de Mauriciens dont Bharati Ramyeead, danseuse mauricienne à la retraite. « Les étudiants apprennent la danse d’origine auprès d’elle », souligne notre interlocutrice.
Sharmila Roy raconte que cette danse aux cymbales a été introduite à l’école Shantiniketan après une visite de Tagore dans l’État du Gujarat : « Tagore a visité un village de Gujarat et a assisté à un récital de chants et danses avec des cymbales ou mandira. Il a été tellement fasciné par cela qu’il a invité cette famille de paysanne à venir enseigner cette danse aux enfants du Shantiniketan. Il s’en est inspiré et a écrit une chanson. »