L’ICTA a organisé aujourd’hui au The Link Ébène City Hotel un atelier de travail portant sur la transition de l’Internet Protocole version 4 (IPv4) vers l’Internet Protocole version 6 (IPv6).  Objectif : familiariser et sensibiliser les parties prenantes, partenaires, opérateurs et fournisseurs d’accès à Internet sur l’épuisement du stock d’adresses, compte tenu de la nécessité pour Maurice et des autres pays de prévoir la croissance de l’Internet.
Avec le nombre grandissant d’utilisateurs d’Internet, la demande se fait pressante afin d’allouer plus d’espace pour les adresses, ce qui n’est plus possible avec l’IPv4. C’est pour anticiper ce boom que l’Information and Communication Technologies Authority (ICTA) a démarré au début de l’année un exercice de consultations axé sur la transition de l’IPv4 vers l’IPv6. « Cette migration est inévitable vu que l’IPv4 est en voie d’épuisement et l’IPv6 peut contenir un nombre d’adresses Internet presque illimitées », a souligné Trilock Dwarka, chairman de l’ICTA lors de l’ouverture de l’atelier de travail au The Link Ébène City Hotel.
Lorsqu’un ordinateur est connecté à internet, il possède une adresse IP (Internet Protocol), une sorte d’adresse postale qui permet d’identifier l’ordinateur de manière unique sur le net. La version actuelle du protocole internet, IPv4, a été mise en place dans les années 1970 et permettait l’accès à un peu plus de 4 milliards d’adresses. Ce qui était largement suffisant à l’époque, mais avec la rapide expansion de l’Internet, l’IPv4 est aujourd’hui insuffisant pour fournir une adresse à chacun des habitants de la planète.
L’IPv6, son successeur, peut en revanche contrer cette pénurie de blocs d’adresses et permettra ainsi de maintenir la croissance de l’Internet. Il peut en effet contenir 340 nonillions d’adresses, contre 4 milliards pour l’IPv4.
L’objectif principal de l’atelier –  inauguré ce matin par le ministre des Technologies de l’information et de la Communication (TIC) Tassarajen Pillay Chedumbrum – est de communiquer les résultats de l’exercice de consultation publique qui a eu lieu en mars. L’exercice préconise notamment l’institution d’une National IPv6 Task Force en vue de soutenir la transition.
« En considérant la croissance explosive des appareils mobiles incluant les téléphones mobiles, les ordinateurs ‘notebook’ et les appareils de poche sans fil, et la population mondiale qui est déjà approximativement de 7 milliards, il y a un besoin additionnel de blocs d’adresses IP qui ne pourront pas être puisés du présent pool d’adresse IPv4 », fait ressortir l’ICTA. La Task Force, explique l’autorité régulatrice du secteur des TIC, devra établir un plan national qui définira une série de mesures pour promouvoir l’adoption graduelle du protocole IPv6 à Maurice, en simultané avec l’IPv4. Ces mesures, précise-t-on, seront primordiales pour garantir l’accès à Internet pour le futur.
Le remplacement total du IPv4 risque de prendre du temps, celui-ci étant le protocole Internet le plus largement utilisé. Cette transition est cependant inévitable, comme le souligne Tassarajen Pillay Chedumbrum dans son discours. L’État, a fait comprendre le ministre, souhaite accélérer les choses en ce qu’il s’agit de la transition vers l’IPv6. Il souhaite mobiliser les acteurs de l’Internet, particulièrement ceux du privé, et insiste grandement sur la nécessité d’accélérer la migration vers l’IPv6.
À l’issue du workshop, un plan de travail sur le fonctionnement de la National IPv6 Task Force devra être élaboré.