En mai dernier, Philippe Burckel réalisait un parcours sans-faute sur les quatre tours du World Jumping Challenge, qui se tenait au Club d’équitation du Nord. Une performance difficile, puisque les chevaux sont deux fois plus sollicités. Mais cette fois, les sacrifices ont payé puisque le Mauricien, deuxième avec ses quatre sans-fautes et le deuxième meilleur chrono de la zone 7, ira se frotter aux meilleurs mondiaux dans les World Jumping Finals.
Comme quoi, le Père Noël a été généreux pour Philippe Burckel. « Mais je m’y attendais un peu », explique le cavalier. Car déjà l’année dernière, il était passé assez près d’une qualification pour la finale mondiale. « Mais j’avais fait le troisième chrono. Cette année, je savais que si je faisais mes quatre sans-fautes, je pourrai aller chercher ma qualification », soutient Philippe Burckel.
Seulement devancé par la Zimbabwéenne Charley Crockart, le Mauricien a su tirer profit de son expérience pour se hisser sur la deuxième marche du podium. Derrière lui, les chronos sont nettement meilleurs, mais aucun autre participant n’a réalisé de sans-fautes pendant les deux jours de compétition, en mai dernier.
Et ça fait quoi de représenter Maurice à un événement d’une telle ampleur ? « Je suis très content. C’est d’un autre niveau, presque d’un autre monde. » Et Philippe Burckel se plaît à rêver. « Je n’irai pas pour faire de la figuration. Je vais y aller pour apprendre et profiter au maximum de l’expérience que je vais vivre là-bas. »
Par contre, en terre vénézuélienne, il ne pourra compter sur sa fidèle monture, Silver Fox. « Là, il n’y a pas vraiment de préparation. Tout ce que j’aurai, ce sera mon expérience. Le reste, il faudra se fier à l’instinct », explique le jeune homme.
Et Maurice a fait mieux que survivre à cette compétition qui se déroulait en même temps et dans les mêmes conditions dans les pays de la Zone 7. Si Maurice, grâce à la performance de Philippe Burckel, se retrouve derrière le Zimbabwe en Catégorie “A”, en Catégorie “B”, les Mauriciens se retrouvent sur la troisième marche du podium, grâce à Julie Cautres et Adrien Jouana René.
Julie Cautres, récemment couronnée championne de Maurice de catégorie “B”, est 10e, avec 8 points de pénalité. Adrien Jouana René, pour sa part, prend la 14e place, avec 12 points de pénalité et un chrono total de 2’09” 49. Dans cette catégorie, c’est la Namibienne Sophie von Korff qui a dominé les débats avec ses quatre sans-fautes.
En catégorie “C”, Maurice échoue à la quatrième place. Rien de bien grave, si l’on considère que les sept premiers de ce classement, tous pays confondus, se retrouvent avec des sans-fautes. C’est donc au temps que Maurice se classe si près du podium. La meilleure classée ici est Isabelle Labat, première lors de l’épreuve mauricienne, avec ses 1’09” 74. Puis, on retrouve Marine de Spéville (17e) et Julia Espitalier Noël (18e) dans le top 20 du classement final.
Cette performance apporte donc une satisfaction toute logique à la Fédération mauricienne de sports équestres (FMSE). « On est très satisfaits de voir qu’on remonte, surtout que cette compétition est ouverte aux pays qui essaient de développer l’équitation. Deuxième, troisième et quatrième, c’est déjà une bonne chose pour les cavaliers. J’espère seulement qu’ils seront encore meilleurs l’année prochaine », laissait entendre la présidente de la FMSE, Clothilde Jauffret.
D’ailleurs, la qualification de Philippe Burckel pour la finale mondiale est vue d’un très bon oeil. « J’espère que cela va motiver les cavaliers à s’entraîner encore plus dur », conclut-elle.