Abraham Jouana René a frappé un grand coup en s’adjugeant le titre de meilleur cavalier à l’issue des deux jours qu’aura duré The Naïade Velogic International Show Jumping Competition, au Club Hippique de Maurice (CHM). Il aura été le seul à avoir réalisé un sans-faute vendredi et samedi.
Le premier jour, il avait rendu sa carte sans aucun point de pénalité. Et samedi, sa monture, Miss Oreo, répondait aux exigences du circuit. Au sortir de son concours, même s’il avait l’air un peu tendu, il savait que le plus dur avait été fait. Il ne restait qu’à espérer que les autres concurrents ne réalisent pas de sans-faute.
Finalement, samedi, c’est lui qui s’est vu remettre le prix du meilleur cavalier, un billet d’avion aller-retour pour l’Afrique du Sud. De plus, il réalise un excellent doublé, avec en prime la première place dans la catégorie moins de 15 ans. Il devance Tessa de Maroussem (CHM) sur Caprice et Laurence Mowat et Miss Berry (Af. du Sud).
Chez les juniors, la lutte a opposé trois cavaliers qui pouvaient faire la différence. Finalement, après le concours, c’est Emilie Hannelas et Stormy Front qui se sont imposés devant Marie Leclézio (Esto) et Adrien Jouana René, qui pilotait Music Master.
Les plus jeunes ont livré de belles batailles certes. Mais chez les seniors, c’était carrément l’empoignade. En témoigne l’ex aequo entre le Sud-Africain Barry Taylor et Nicolas Desvaux.
Déjà, la première place n’a souffert d’aucune contestation, puisque Jérôme Ferrat (Equipe mixte), monté sur Tickle My Cluster, a mis tout son monde d’accord et remporté le concours. Par contre, pour la deuxième place, Barry Taylor et Nicolas Desvaux (Équipe mixte) n’ont pu se départager.
Les organisateurs avaient également prévu un classement par équipes. À ce petit jeu, c’est le Club hippique La Louisa, fort de ses deux premières places avec Abraham Jouana René et Emilie Hannelas, qui a terminé en tête à l’issue de la journée. Au deuxième rang, on retrouve l’Afrique du Sud, avec la troisième place de Laurence Mowat et la médaille d’argent de Barry Taylor, alors que l’Équipe mixte a complété le podium avec une première place (Jérôme Ferrat), une deuxième place (Marie Lclézio) et une troisième place (Nicolas Desvaux).
Barry et Lorette Taylor, la passion par deux
Barry et Lorette Taylor, un couple de Sud-Africains, a pour passion commune l’équitation. S’ils avancent ensemble dans le même chemin, leur parcours est tout, sauf atypique. Déjà, madame a laissé tomber sa carrière pour aider son époux dans son travail. « C’était un très beau geste de sa part. Mais j’imagine que c’est ce qu’on fait quand on aime quelque chose », rigole Barry Taylor.
Leur histoire se ressemble un peu. Barry a commencé l’équitation alors qu’il n’avait que 10 ans, son épouse sept. Mais c’est la même passion qui les unit autour du cheval. « Il faut avoir la passion, la ressentir. Ce serait dur de pratiquer une discipline où notre partenaire n’est pas impliquée. Là, on sait qu’on est à côté l’un de l’autre. »
Et c’est ce qu’ils essaient d’inculquer à ceux qu’ils entraînent en Afrique du Sud. « Mais c’est avec les enfants qu’on voit la plus belle expression de la passion. Notre fille de six ans vient aussi de s’y mettre », sourit Barry Taylor.
D’un autre côté, il y a la vie de famille, qui passe souvent au second plan. Mais c’est un état de chose assez difficile à gérer, qui comporte des implications. « Des fois, quand on a prévu de sortir, il peut arriver qu’un cheval soit malade. Et hop, c’en est fini de la sortie », indique Lorette Taylor.
Mais l’idée est de faire comprendre que le cheval est une passion, mais aussi un moyen de gagner sa vie. « Par moment, c’est assez dur pour ma fille, mais à travers des mots simples, on arrive à lui faire comprendre que c’est notre job. »
Et le sport, il arrive qu’ils se croisent en tant qu’adversaires. « Là, c’est franchement marrant. S’il est mon coach, il va crier, moi aussi. Mais à la fin du jour, c’est sûr qu’il aura raison », sourit Lorette.
Et Barry dans tout ça ? Lui vit chaque compétition contre sa femme comme une nouvelle compétition. « Tant que la victoire reste dans la famille, ça va », sourit-il.