Les solutions classiques pour lutter contre l’érosion des plages ayant démontré leurs limites, la compagnie Ecoplage propose le drainage, une méthode « douche » pour les soigner. Le procédé consiste à poser des drains reliés à une station de pompage à deux mètres sous la plage, parallèle à la côte. Le directeur de la compagnie, Jean-Yves Audrain, a présenté son système hier matin à l’InterContinental Mauritius Resort à Balaclava.
Jean-Yves Audrain explique d’emblée que l’érosion côtière est un processus progressif de destruction du sol par la mer. « Il y a érosion dès que la quantité de sable emportée par le reflux est plus importante que celle déposée par le flux des vagues », élabore le directeur d’Ecoplage. « De plus, on constate que l’érosion s’accompagne souvent d’un phénomène de saturation de la plage en eau : le sable très humide à marée basse limite l’espace disponible pour les activités ludo-touristiques. »
Le directeur d’Ecoplage explique que le procédé proposé a été découvert de façon fortuite il y a 30 ans au Danemark par la société GEO. « Mandatés à produire de grandes quantités d’eau de mer filtrée, les ingénieurs de GEO ont eu l’idée de drainer la plage, utilisant ainsi les capacités filtrantes du sable. Le drainage a provoqué l’arrêt de l’érosion et permis une augmentation significative de la surface de cette plage. »
Jean-Yves Audrain affirme que le système est simple et naturel. « Il se compose d’un ensemble de drains installés dans la plage parallèlement au trait de la côte. L’eau drainée est acheminée par gravité vers une station de pompage puis évacuée pour être réutilisée ou à défaut rejetée dans la mer », explique-t-il.
Le système, poursuit le directeur d’Ecoplage, crée ainsi par son action une zone asséchée qui favorise l’infiltration des vagues, donc le dépôt des sédiments en suspension. Son action permet en même temps d’absorber une partie de l’énergie des vagues, atténuant les effets érosifs du reflux. « Le procédé Ecoplage permet ainsi d’atténuer considérablement le retrait du trait de côte, voire de le stopper, et de favoriser l’engraissement naturel de la plage. »
Selon Jean-Yves Audrain, la méthode Ecoplage est sans effet négatif sur l’environnement et est économique. En outre, le système est invisible et silencieux. « Il n’a donc aucun impact sur le paysage. »
Le directeur général d’Ecoplage affirme par ailleurs que le procédé crée un profil d’équilibre de plage stable, sans impact sur les zones littorales adjacentes. Il ne déplace pas le problème d’érosion, il le traite. De plus, il n’a aucune contrainte pour les activités humaines. « Il permet même une extension
des activités touristiques », indique-t-il.
Selon M. Audrain, le procédé n’a aussi aucune conséquence négative sur la faune ni la flore. « Il peut même contribuer à la protection des écosystèmes. À St Raphaël par exemple l’installation du système Ecoplage a contribué à la protection des Herbiers de Posidonie. Il s’agit donc d’une méthode “douce” s’inscrivant totalement dans une politique de développement durable », conclut-il.